Le point de vue d’un délégué de parents d’élèves sur la mise en place des nouveaux rythmes scolaires : une concertation manquée

Ayant participé à un certain nombre de réunions concernant la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, je considère qu’elles n’étaient qu’un cache misère, pour une concertation qui n’a pas vraiment eu lieu. Le comité de pilotage qui est censé travailler sur cette réforme regroupe le maire, qui préside les séances, les représentants des personnels de la ville chargés de l’enfance, les élus concernés, des représentants des animateurs municipaux, les directeurs d’école, l’inspectrice de l’éducation nationale, les représentants du CCJL, de l’ASF et du conservatoire, ainsi que des représentants des parents d’élèves des fédérations élues sur la ville. Le comité s’est réuni pour la première fois fin Juin 2013, et les réunions qui ont eu lieu, à raison d’une tous les deux ou trois mois, n’ont en tout et pour tout pour le moment, qu’abouti à une seule et unique décision le 13 Janvier dernier : le choix du mercredi matin comme demie journée supplémentaire d’école. Or il faut tout de même dire que cette décision de choisir le mercredi matin était depuis plus d’un an une évidence pour tout le monde puisque :
1. c’est ce que les textes du ministère demandent, sauf dérogation justifiée
2. que la demie journée supplémentaire doit être la même pour toutes les communes du bassin éducatif, et que les communes alentour avaient déjà choisi le mercredi
3. Que l’on n’avait pas besoin d’une enquête pour savoir que les parents étaient en très grande majorité pour le Mercredi matin.
Autant dire qu’il ne se passe quasiment rien dans ce comité de pilotage, à tel point qu’à la dernière réunion, ni le CCJL, ni l’ASF n’avaient pris la peine de venir. On peut les comprendre. En fait, le maire, qui dirige le comité laisse la parole bien volontiers à qui veut la prendre, et les points de vue s’expriment donc librement. Mais aucun compte rendu de ces réunions n’est élaboré, et rien de concret n’en sort. Aucun document de travail ne circule, aucune élaboration de scénario n’est en vue, aucune proposition concrète n’émerge. On espère que de leur côté, les équipes municipales travaillent et avancent. Mais dans quelle optique, et avec quelle feuille de route ? On voit bien comment la pauvreté de ce type de dispositif de concertation ouvre la porte à toutes les spéculations et à toutes les suspicions. Nous sommes donc début Février, à six mois de la prochaine rentrée et rien ou presque, à notre connaissance, n’est décidé. La prochaine réunion du comité de pilotage a été fixée au 8 Avril.
La ville avait fait le choix de ne pas mettre en place la réforme des rythmes scolaires dès Septembre 2012 afin de se laisser le temps de la concertation. L’intention était louable, mais on a bien du mal à se satisfaire du peu qui a eu lieu, lorsque l’on connaît la complexité technique de la mise en place d’une telle réforme. Chaque école ayant ses spécificités, ses contraintes propres de locaux, d’éloignement des équipements municipaux, etc, on ne peut s’empêcher d’imaginer les risques de couacs qu’une mise en œuvre rapide, pour ne pas dire précipitée risque d’entraîner.

Il convient cependant de dire que lors de la dernière réunion du comité de pilotage, il a été décidé de mettre en place une commission restreinte afin de parler enfin des contenus de ces Temps d’Activité Périscolaires (TAP). Jusque-là, seuls les grands principes : horaires, modes d’articulation entre les temps scolaires et périscolaires avaient été évoqués lors des comités de pilotage. Une première réunion de cette nouvelle instance a eu lieu le 4 Février. On allait enfin entrer dans le vif du sujet. Il a pourtant fallu menacer de quitter la séance et de faire savoir publiquement que la concertation n’était qu’un affichage, pour qu’enfin, des choses commencent, très modestement à se dire. Dans la mesure où je n’étais pas présent à cette réunion, je n’en rendrai pas compte ici. La prochaine est fixée au 14 Février. Cette fois, le CCJL, le conservatoire et l’ASF devraient être présents. Peut-être les choses sérieuses vont-elles commencer ?
Il serait en effet grand temps de parler de contenus, et pas uniquement d’organisation et de planning. Modifier les rythmes scolaires pourquoi pas, mais pour quoi faire ? Là dessus, la ville n’a pas lancé de vrai débat, alors que c’est l’occasion de repenser en profondeur les parcours de vie collective de nos enfants. On en est d’autant plus surpris que la même ville, avec le même maire à sa tête, avait mené il y a une bonne dizaine d’années une vraie réflexion sur ces questions, qui avait notamment abouti à la mise en place du CEL (Contrat Educatif Local), grâce auquel des activités étaient proposées aux enfants, notamment durant la pose de midi, dite « pose méridienne ». Depuis, les désengagements financiers successifs de l’état ont largement contribué au déclin de ce dispositif.

En tant que parents d’élèves, nos craintes sont que ces TAP, mis en place en quelques mois, ne soient que du bricolage, alors qu’ils peuvent être l’occasion d’élargir la possibilité de proposer des activités péri-scolaire de grande qualité à tous les enfants :
– Développer le projet “musique à l’école” est intéressant,
– Faire bénéficier à un maximum d’enfants des compétences des intervenants du CCJL serait une belle idée,
– créer du lien intergénérationnel entre les enfants et des personnes retraitées pourrait être un riche projet.
– Profiter des compétences : de la médiathèque, de la ludothèque, de diverses associations (accompagnement scolaire, jardinage, etc…) serait évidemment bienvenu.
Mais rien de tout cela n’a encore été évoqué à ce jour. On ne désespère pas encore, mais que de temps perdu.
Le risque réel, étant donné le peu de temps qui reste pour mettre les choses en place, est que ces temps de TAP deviennent des temps de garderie fort peu enrichissant pour les enfants, et qu’ils contribuent à les fatiguer d’avantage.

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