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L’Italie se dépeuple et s’appauvrit l’Europe suit le même chemin or l’Europe c’est nous…

Ces derniers temps, les journaux ont beaucoup parlé de l’Italie où des élections importantes se sont déroulées. Mais cet article ne parle pas de politique, il parle de démographie. Elle est très basse en Italie où elle est enfin ressentie comme un problème très sérieux, ayant des conséquences sur l’économie (stagnante) et vraisemblablement aussi sur les choix politiques du pays. En réalité la démographie est très basse partout, en Europe et dans le monde entier à l’exception de quelques régions du monde bien précises. Cette situation devrait nous inquiéter. Elle nous concerne tous, nous habitants de Fontenay-aux-Roses, comme nos enfants et petits-enfants.

La démographie inquiétante de l’Italie

Quelques extraits d’un article des Echos publié le 24 septembre 2022, veille des élections italiennes :

 M. Draghi dès son discours d’investiture plaçait l’effondrement de la natalité au rang du plus grave problème du pays en urgence absolue.

 Chaque année un nouveau record négatif de natalité est battu avec 385.000 naissances attendues en 2022, contre 399.000 l’an dernier. Depuis 2015, l’Italie perd chaque année entre 100.000 et 175.000 habitants. En 2020, les décès (746.000) ont représenté le double des naissances. 45 % des femmes entre 18 et 49 ans n’ont pas d’enfants.

 Le président de l’institut statistique italien, Gian Carlo Blangiardo, fustige : une classe politique qui n’a aucunement réalisé la gravité des enjeux.”

 Depuis 2008, plus de deux millions de jeunes, dans leur grande majorité diplômés, se sont exilés. Les forces vives d’une nation qui s’appauvrit également du point de vue économique.

 Le piège démographique est en effet en train de se refermer sur l’Italie avec l’accélération du déclin de la productivité déjà stagnante se doublant d’une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée

 “Si rien n’est fait, le PIB s’effondrera et notre système d’Etat providence et de retraites sera insoutenable. Nous deviendrons un pays pauvre », s’est alarmé Gigi De Palo, président de la Fondation pour la natalité.

On le comprend : sur le plan démographique l’Italie va très mal. Mais on n’en parle que parce qu’il y a eu des élections en Italie. En réalité les autres pays d’Europe ne vont guère mieux.

La fécondité européenne ne diffère guère de celle de l’Italie

Voici les taux de fécondité (nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer) donnés par Wikipédia :

Nous voyons que :

  • aucun pays n’atteint le niveau de 2,1 nécessaire à la reproduction des générations
  • Le taux le plus élevé, mais encore insuffisant est celui de la France (2,0)
  • Le taux le plus bas 1,3 est atteint par plusieurs grands pays, Espagne, Pologne, Portugal, Grèce
  • Le taux moyen de l’UE est de 1,6 loin du taux de 2,1

L’Europe vieillit et sans immigration elle se serait déjà dépeuplée. Nos gouvernants sous estiment le problème ou bien ne veulent pas le voir. Recourir à l’immigration massive pour combler la baisse de population n’est pas acceptable sur le plan politique, ni la concurrence entre pays de l’UE qui rivalisent entre eux pour attirer les jeunes diplômés du pays d’à côté… Belle solidarité européenne !

Si l’Europe suit l’Italie, elle subira le même sort, elle deviendra un continent pauvre, d’autant plus que l’envol du prix de l’énergie, dont elle est en partie responsable, est en train de provoquer une nouvelle vague de désindustrialisation, dont on n’a vraiment pas besoin. L’Europe semble régulièrement animée d’une tendance suicidaire, c’est inquiétant.

Or l’Europe, c’est nous, c’est vous et si vous en avez, vos enfants et petits enfants…

En France, la démographie pourrait expliquer les difficultés d’embauche actuelles

Le baby-boom est cette vague de forte natalité qui s’est produite après la deuxième guerre mondiale entre 1945 et 1960. Cette vague s’est propagée vers le futur. Les baby-boomers arrivés sur le marché du travail 20 ans plus tard, ont fait fortement grossir la population active. 40 ans après, on assiste au mouvement inverse. Depuis 2005, les boomers peu à peu quittent le monde du travail. En 2020 ils sont presque tous partis à la retraite.

 Tous ces bataillons de départs en retraite ne font-ils pas plus de sortants que d’entrants dans le monde du travail, donc moins de travailleurs disponibles pour les employeurs ? Déficit encore amplifié par le choc de l’après confinement. On constate brutalement qu’on manque de personnel dans tous les métiers, des chauffeurs de bus aux médecins.

Les anciens ont libéré plus de postes de travail qu’il y a de jeunes (et de moins jeunes) en recherche d’emploi. Les jeunes diplômés (mais pas seulement) peuvent choisir et négocier leurs conditions de travail. C’est aussi le cas des salariés tentés de changer d’employeur. Les emplois les moins attractifs trouvent difficilement preneur ou n’en trouvent plus…

Il n’y a pas de grande démission… Il y a une vague démographique qui reflue. Une nouvelle réforme du code du travail affaiblissant un peu plus le droit des travailleurs me parait mal venue.

Le monde est divisé en deux suivant le taux de fécondité <2 ou >5 (Jean Lahérère)

C’est ce que disent les courbes ci-dessous, tirées d’un document de  J. Lahérère, fondateur de l’ASPO. (https://aspofrance.files.wordpress.com/2020/12/jean-laherrere-nice2020-cor6dec-presentation.pdf)

Pourcentage de la population mondiale en fonction du taux de fécondité (source J. Lahérère, site ASPO et ONU)

Attention, les courbes représentent le pourcentage de femmes ayant n enfants ou moins

En 2020, 45% de la population mondiale sous le taux de 2,1 enfants par femme va vers l’extinction, 35% futur incertain et 20% en croissance, pour devenir 100%

Le pourcentage de la population mondiale sous le taux de fécondité de 2,1 ne cesse d’augmenter :

  • 3 % en 1950
  • 20% en 1975
  • 46 % en 2000
  • 68 % en 2021 (information récente non représentée sur la figure)

Les êtres humains auraient-ils perdu l’envie de se reproduire ?

Les courbes ci-dessus ne désignent que des pourcentages de population, sans les caractériser davantage. La corrélation entre niveau d’éducation et fécondité permet, selon Lahérère, de mieux les identifier. Une population éduquée a en général une faible fécondité (<2). Inversement une population non éduquée a une fécondité élevée.

Je reprends les mots de J. Lahérère :

La population éduquée, l’Europe va vers l’extinction.

La population africaine non éduquée est celle qui restera.

 Lahérère l’affirme clairement même si c’est politiquement incorrect (la parole se libère à 90 ans !) :l’Afrique est obligée d’envahir l’Europe, ce sera un nouveau out of Africa”…

Cette invasion annoncée semble alimenter le complot du grand remplacement mais il n’y a pas de complot, il y a des faits : des taux de fécondité et des niveaux de richesse très inégaux selon les régions du monde, qui créent d’importants flux de population potentiels entre ces régions.

 Le journal Les Echos a justement publié un article le 24/08/2022 intitulé La population mondiale risque de diminuer de moitié d’ici 2100, mais reconnait que ce ne sera pas le cas de la population africaine. Le Courrier International publie de son côté, le 15 octobre 2022 un article intitulé, Basculement. La démographie africaine, une révolution mondiale qui va façonner le XXIe siècle.

 Mais ce ne sont là que des prévisions, elles ne se réalisent pas toujours…

 Daniel Beaucourt Octobre 2022

2 Commentaires

  1. Bardier Bardier 19 octobre 2022

    Quelques approximations sur un vrai sujet
    Vrai sujet, celui de l’Italie, où le nombre de naissances avait été supérieur à 1,2 millions au début des années 60, avec la pyramide des âges qu’on peut voir ici :
    https://population.un.org/wpp/Graphs/DemographicProfiles/Pyramid/380
    L’Italie va avoir de très gros problèmes de financement des retraites dans 15/20 ans

    Approximations sur les taux de fécondité en Europe, en particulier sur celui de la France qui est plus autour de 1,7/1,8 que de 2
    Le mieux est de voir l’INED : https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/chiffres/europe-pays-developpes/indicateurs-fecondite/

    Sur la population mondiale, l’article des échos cité est sur une hypothèse extrême

    Pour l’évolution de la population mondiale, voir l’article très récent de la Gazette de Sceaux : https://sceaux-lagazette.fr/index.php/2022/10/12/la-population-mondiale-augmente-encore/

    Il y a aussi un dossier récent de l’ONU https://www.un.org/development/desa/pd/sites/www.un.org.development.desa.pd/files/wpp2022_summary_of_results.pdf

    • Beaucourt Beaucourt 22 octobre 2022

      Merci pour ces remarques.
      Mon propos était d’exprimer mon inquiétude sur la faible fécondité de l’Europe qui aura des conséquences tôt ou tard. Pour ça un ordre de grandeur des taux de fécondité me suffit, Wikipedia me les a fournis.
      Le taux de 1,7 que vous citez renforce mon inquiétude y compris pour la France. Je trouve étrange qu’aucun politique ne s’en soucie.
      Sur la population mondiale je n’ai pas écrit qu’elle diminuait mais qu’elle comprenait de gros écarts de fécondité. Les quelques pays à très forte fécondité suffisent pour l’instant à compenser la faible fécondité des autres. Là aussi cette situation aura des conséquences

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