Le changement climatique la transition énergétique et notre mode de vie. Partie 2 : la transition énergétique et le pic pétrolier

Petit rappel sur le changement climatique

J’ai dit dans mon premier article que notre économie était un système thermodynamique qui produisait nécessairement des déchets, du CO2 résultant de la combustion de charbon, pétrole ou gaz. Les grandes cheminées d’usine par exemple sont faites pour évacuer leur fumée dans l’atmosphère. Nous aussi, simples automobiliste, trouvons normal de libérer nos gaz d’échappement dans la nature. Regardez autour de vous la quantité de cheminées et pots d’échappement qu’il y a partout.

Il se trouve qu’à force de rejeter du CO2, son taux dans l’atmosphère a augmenté. Comme c’est un gaz à effet de serre, il empêche une fraction plus grande de la chaleur reçue du soleil, de repartir dans l’espace. La Terre se réchauffe peu à peu et si nous ne faisons rien ce réchauffement pourrait devenir catastrophique avant la fin du siècle. C’est ce que nous disent les experts du GIEC. Je renvoie les personnes qui doutent du réchauffement climatique ou de la responsabilité de l’humanité dans celui-ci, au site du GIEC (ipcc.ch) ou de Météo-France.

L’impérative protection du climat nous oblige donc à renoncer aux énergies carbonées. On ne peut pas le faire d’un coup. Il faut organiser notre transition énergétique.

Le pic pétrolier

Vous trouverez sur le site stuartmcmillen.com une BD expliquant ce qu’est le pic pétrolier. C’est le meilleur exposé qu’on puisse trouver sur le sujet….

 L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a annoncé dans son rapport annuel de fin 2018, que la production mondiale de pétrole conventionnel (hors pétrole de schiste américain) avait atteint son pic en 2008, le fameux pic pétrolier. Nombre d’experts en énergie qualifient cette annonce d’alerte rouge pour l’Union Européenne.

 Cette annonce signifie que la production mondiale de pétrole conventionnel a atteint son maximum. Elle n’augmentera plus. Elle peut rester quasi constante un « certain temps », avant de décroitre inéluctablement. En fait la décrue a déjà démarré car on n’observe un pic de production qu’après coup. Il faut s’assurer que le niveau reste durablement (ici 10 ans) sous ce qui semble être le pic. C’est bien le cas.

La figure 1 ci-dessous montre que la production totale de pétrole (schiste inclus) est la somme de ce que donnent les gisements successifs ouverts chaque année. On voit que les nouveaux compensent à peine l’épuisement rapide des anciens. C’est un phénomène de tapis roulant sur lequel il faut courir pour rester sur place…………………Ça ne durera pas !

Figure 1 : Production annuelle de pétrole par année de mise en production (source Rystad Energy)

La bonne nouvelle, c’est qu’il reste encore beaucoup de pétrole, autant que tout ce qu’on a extrait jusque là, mais la moitié restante sera plus dure à extraire. On ne pourra pas tout sortir du sol, trop compliqué, trop cher.

La mauvaise nouvelle c’est que dans un monde en croissance, la quantité de pétrole par tête va diminuer. Allons-nous nous battre pour avoir notre part ?

Nous vivons dans un monde fini. Sur Terre les mêmes cycles universels s’imposent : naissance, croissance, pic, décroissance, mort, y compris aux stocks d’énergie fossile…

Dura lex sed lex

Quelle est la priorité, changement climatique ou pic pétrolier ?

Dans les deux cas, la solution est presque la même renoncer au charbon, au pétrole, au gaz. Vaste programme ! La France ne réglera pas toute seule le problème du changement climatique. Seule une action coordonnée de tous les pays y parviendra.

En revanche la déplétion des énergies carbonées (après le pic pétrolier il y aura le pic gazier), nous touchera de plein fouet dans les toutes prochaines années si nous ne faisons rien. Il faut diminuer notre dépendance au pétrole. Cela demande les efforts de tous.

Pour rendre les efforts demandés acceptables, les experts de l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil and Gas) recommandent d’informer tout le monde sur le pic pétrolier (ce que je tente de faire) : écoliers, citoyens, journalistes, dirigeants politiques. Les chercheurs disent que ces derniers, souvent sans formation scientifique, ne sont pas conscients ni de la décroissance inéluctable du pétrole, ni de ses conséquences. En France le dernier président disposant d’une formation scientifique solide est Giscard d’Estaing, il y a plus de 40 ans. Depuis, la culture scientifique a déserté les sphères politique et journalistique. Ça commence à se voir….

En conclusion on retiendra qu’il faut laisser les énergies carbonées sous terre :

  • pour combattre le changement climatique
  • et aussi parce qu’elles vont devenir

Cette dernière raison est peut-être encore plus urgente que la première. Souvenez-vous (cf. mon premier article), moins d’énergie c’est moins de PIB, c’est la décroissance. C’est une situation à laquelle nous ne sommes pas préparés comme le montre la pandémie de COVID. Mais cette pandémie disparaitra un jour, pas l’épuisement des ressources naturelles.

Dans le prochain article je parlerai de la transition énergétique appliquée au chauffage de nos logements.

Daniel Beaucourt