Lettre au Député : PMA n°4 – la technologie

Monsieur notre Député,

Les recherches scientifiques et médicales nous ont apporté un grand nombre de bénéfices de tous ordres. Pour les femmes en particulier, et pour l’humanité en général, elles ont permis un progrès considérable : le contrôle de la conception.

Pour les hommes, la recherche récente a aussi apporté une avancée majeure : la quasi-certitude de la paternité. Historiquement la place de l’homme a toujours été fragile. Quand un enfant naît, on sait de façon sûre qui est la mère. Pour le père cela a toujours été beaucoup plus compliqué. Les romains faisaient simple : le père était le mari de la femme. Mais depuis toujours la question a taraudé les mâles, au point que ceux-ci ont inventé au cours de l’histoire un certain nombre de dispositifs plutôt horribles pour tenter d’obtenir des garanties sur ce point. On peut citer la place faite aux femmes dans certaines religions, les mutilations sexuelles en Afrique…

Aujourd’hui on sait ! L’analyse du génome apporte une quasi-certitude sur l’identité du concepteur. Bien que cela soit interdit par la loi française, et pour quelques dizaines de dollars, on peut maintenant obtenir cet examen en quelques jours (Les Echos – 2 juillet). On peut aussi connaître des éléments assez substantiels sur son hérédité, puisque des sociétés constituent  – légalement ou pas – des bases de données qui fournissent, moyennant finance, l’identité du ‘donneur’ de sperme. Bientôt, les enfants, dès qu’ils auront atteint l’âge d’utiliser un ordinateur, seront capables d’obtenir l’identité de leur géniteur.

François Bayrou dans son intervention sur LCI le 7 juillet a bien noté ce point. Il parle de « mutation profonde » pour la société, qui met à mal le principe de ‘donneur’ « anonyme » sur lequel repose la PMA.

Mais, tout le monde sait cela, en particulier nos parlementaires. Alors pourquoi s’échinent-ils à inventer tous ces dispositifs bizarres pour permettre peut-être – et sous certaines conditions étranges – d’établir le  lien de filiation entre l’enfant et son ‘donneur’ ?

Toute cette agitation n’est-elle que rideau de fumée pour, encore une fois, distraire le citoyen du fond de l’affaire : PMA pour toutes OUI ou NON ?

Respectueusement.

Michel Bayet.
Membre du Modem