LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES – Premiers résultats et Poèmes proposés par Rebecca

L’édition 2021 du Printemps des poètes, la 23ème du nom, est terminée ; enfin presque pour nous…

Nous vous avions donné jusqu’au 29 mars à minuit pour proposer vos poèmes. Nous en avons reçus 10, rédigés par 7 poètes. C’est modeste, mais encourageant. Nous ferons mieux l’an prochain, avec, je l’espère, une meilleure préparation et plus d’appuis institutionnels.

En parallèle, le jury travaille pour déterminer un ou deux lauréats, dont les noms devraient pouvoir être communiqués mi avril si tout se passe bien.

Je vous souhaite à tous de bonnes lectures et aux auteurs beaucoup d’inspiration pour continuer à écrire.

Michel Giraud

Poèmes proposés par Rebecca

 Prière du temps

 Balançant sa perche, Voici le génie des dons :

Balançant sa perche,
Voici le génie des dons :
– Ah, donne-moi encore …
– Quoi, des amis, de l’argent ?
– Non, j’ai l’amour des enfants,
le gîte et le couvert.
– Alors le pouvoir ou la gloire ?
– Non, j’ai l’âme secrète,
le vacarme trouble la pensée.
S’il te plaît, bon magicien :

Donne-moi, donne-moi
encore un peu de temps
pour l’odeur des roses
les bourgeons du printemps,
pour les pluies douces
et les merveilles du monde.
Ainsi fut donné l’envoi
et les bulles d’illusion
s’envolèrent, les étoiles
se firent souvenirs
et les souvenirs paroles.
Car déjà le souffleur divin
riait de nos désirs
riait de nos regrets
en montrant d’un geste
Le grand ciel infini.

Rouge

Hier le ciel en flamme
jouait avec la Seine
son grand show du weekend
dans ses guises de torero.
Le couchant si intense
arrachait à l’oubli
des milliers de cris :
Où était-ce ?
Agrigente, Dubrovnik
ou quelque citée perdue
sous l’aurore boréale ?
Tel un amant attendu
qui lasse les plus fidèles
il était revenu,
tout embrasé de désir
avec sa palette magique
que nul ne peut figer.
Et pourtant !
Des milliers d’écrans
brandis comme des trophées
partageaient l’instant.
Regarde, bouge,
Sois ivre !
C’est l’annonce du voyage,
L’irruption de la danse,
Les souliers rouges
Ensorcelés.

Intimité

Certains mots sont maudits
Et les poètes descendent vers eux
Par soubresauts et glissades
Il est des viols innocents
Et des fous pleins de tact
Etrangement les mêmes rimes
Eludent le petit crime
Certains désirs de nuit
Sonnent le glas,
Lent, monotone,
La mort obscène
Rode, convoite, fouille
L’hyène –
Avec un sourire navré
On s’excuse
Doit-on tout brûler ?
Qu’importe
Si l’hospitalité est possible