A Fontenay aux Roses, comme ailleurs en région parisienne, la pression immobilière rase les pavillons : comment résister ?

A Fontenay aux Roses

Extrait de l’article du blog Citoyen Pour Fontenay du 23 Novembre 2020 Danger. 69 rue Boris Vildé, 24 rue Pasteur, demande d’un permis pour construire un immeuble en pleine zone pavillonnaire. Auteurs :Suzanne Bourdet , Michel Faye 

“17 novembre 2020 : affichage en mairie d’une demande de permis de construire, pour un immeuble de 15 logements, à 3 niveaux, à l’angle des rue Boris Vildé et Pasteur, soit au 69 rue Boris Vildé et au 24 rue Pasteur, en pleine zone pavillonnaire UE.

Le demandeur est la société « SCCV Fontenay Vildé », sise 63 boulevard Maréchal Joffre 92340 Bourg-la-Reine

La référence de cette demande de permis de construire est 092 032 20 020

Cette demande concerne un immeuble qui serait construit en pleine zone pavillonnaire UE du PLU

Or la zone UE est « une zone d’habitat à dominante résidentielle sous forme majoritairement individuel, de type pavillonnaire ». C’est la définition donnée par le PLU.

Il est aussi précisé, article 4.1. Caractéristiques architecturales et paysagère : « Les bâtiments et ouvrages à édifier ou à modifier ne devront pas porter atteinte au caractère des lieux avoisinants »

Cette demande de permis de construire va à l’encontre de la définition de la zone pavillonnaire UE : un immeuble de 15 logements n’est pas un habitat individuel et c’est encore moins un bâtiment de type pavillonnaire.

De plus situé en pleine zone pavillonnaire il porterait atteinte au caractère des lieux avoisinants.

En conséquence serait-t-il vraiment judicieux d’accorder le permis de construire pour cet immeuble ?

Un refus de cette demande de permis de construire serait logique.

Accorder ce permis de construire créerait un dangereux précédent.

Nul doute que si ce permis de construire était accordé, les propriétaires de pavillons en zone pavillonnaire UE seraient assaillis par les promoteurs. La zone pavillonnaire UE représente près du tiers de la superficie de la Ville”

La pression immobilière des promoteurs pour racheter les pavillons en Ile-de-France

Source : Le Parisien du 21 Novembre 2020 : les prix fous des promoteurs pour racheter les pavillons en Ile-de-France

Source : Le Parisien du 21 Novembre 2020 : En Ile-de-France, la pression immobilière rase les pavillons

Ce sont des montants sur lesquels les vendeurs et promoteurs ne s’épanchent que très peu. Combien vend-on un pavillon à un promoteur qui va le détruire puis reconstruire dessus plusieurs logements?

Par exemple à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne)

Au numéro 79 de l’avenue Foch, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), repose un long immeuble de trois étages. Mais il y a encore quelques années, on y trouvait trois maisons. Toutes ont été rasées après avoir été rachetées en mars 2018. La plus grande – 195 m2 sur 470 m2 de terrain – a été vendue 1,45 million d’euros. Une deuxième – 97 m2 sur 721 m2 – a été vendue un million d’euros. La dernière – 113 m2 sur 714 m2 – s’est négociée à 770 000 euros. Des prix démentiels – de 6800 euros à 10 300 euros le m2 de surface habitable – pour une commune où, selon le site Meilleursagents.com, le m2 se négociait à cette époque autour de 5700 euros.

« Le promoteur achète un droit à construire, pas des m2 », rappelle Alexis Thomasson. C’est-à-dire qu’il se projette : s’il prévoit de construire 30 logements sur telle parcelle, il n’achètera pas cette parcelle au même prix s’il peut finalement n’en construire que 20. « On profite d’un effet d’aubaine car on achète au vendeur son bien bien au-delà du prix du marché classique », avoue un promoteur. Chez Neoparcel, on estime à au moins 25% la somme gagnée quand on vend à un promoteur plutôt qu’à un acquéreur classique.

Qu’est-ce qui pourrait être fait par la ville pour mettre un coup d’arrêt à la spéculation immobilière ? Exemple d’Antony

Source Le Parisien du 20 Octobre :  Antony veut préserver ses 10 000 jardins privés

A Antony, il y a actuellement une révision du PLU qui a été soumis à une enquête publique du 21 septembre au 21 octobre 2020

Les documents de cette enquête publique sont disponibles.

Traversée par des coulées vertes et située à l’orée du parc de Sceaux, la ville limitrophe avec la grande couronne bénéficie surtout d’îlots de fraîcheur grâce aux 10 000 jardins privés des pavillons qui couvrent pas moins des deux tiers de la commune. Ce sont donc ces précieux écrins de verdure que la ville souhaite préserver par la modification de son plan local d’urbanisme (PLU), soumis à enquête publique.

« Si vous prenez une vue satellite d’Antony, il n’y a que des espaces verts avec des pointillés rouges pour les toits. Le problème, c’est que nous nous sommes aperçus que ces espaces verts disparaissaient progressivement et à une vitesse accélérée en raison de la multiplication des projets de division de parcelles, devenus une pratique courante à Antony comme ailleurs », remarque le maire (LR), Jean-Yves Sénant. Et ce dernier de citer les villes de Sceaux, Clamart et Bourg-la-Reine qui ont fait évoluer leur PLU de la même manière.

Pour mettre un coup d’arrêt à la spéculation immobilière, la commune entend donc, par cette modification du PLU, interdire notamment toute construction à plus de 20 mètres des trottoirs dans la zone pavillonnaire. En cas de division de terrain, l’emprise au sol sera limitée à 20 %.

Dans son avis disponible dans le dossier d’enquête publique, le préfet des Hauts-de-Seine s’est montré toutefois inquiet face à ces mesures visant à réduire la constructibilité de plus de la moitié des espaces urbanisés. « Elles risquent de compromettre les obligations de la ville en matière de densification et de production de logements : avec une densité des espaces d’habitat de 52,6 logements par hectare en 2013, la ville est en effet soumise aux objectifs d’intensification fixés par le schéma directeur de la région Ile-de-France de 10 à 15 % des tissus urbains », écrit le préfet Laurent Hottiaux.

« Ce ne sont pas les quelques logements en zone pavillonnaire, qui ne pourront pas être construits, qui vont nous empêcher d’atteindre notre objectif de 29 800 logements en 2030 », balaye Jean-Yves Sénant. En 2013, la ville comptait 25 900 logements, elle en dispose aujourd’hui de 27 500.