Regardons la réalité des cas vécus.
Square des Potiers.
2014 : dramatique ! 14 logements sans aucune fenêtre en façade ! les photos en témoignent : aération plus que problématique !
Le nouveau maire-adjoint que je suis, rentre dans l’« appartement » d’un couple de jeunes avec deux enfants dont un bébé.
Un taudis ! Le papa me montre ses factures d’achats de peinture ou fournitures de bricolage …. mais les murs sont toujours ruisselants (conséquence principale du manque d’air …). Pareil pour la quinzaine de logements au statut hors logements sociaux.
Ce couple me supplie d’essayer de les reloger (ce qu’une Commission d’Attribution accepta rapidement tant la situation était dramatique et insalubre).
La Ville et Hauts-de-Seine-Habitat décident alors de rénover par démolition et de construire 38 logements neufs, bien isolés, … à statut de logements sociaux.
Aujourd’hui des gens y vivent heureux. L’un d’entre eux m’a dit : « aujourd’hui, je peux à nouveau inviter chez moi ».
L’isolation est (presque) parfaite quand les habitants des Blagis voisins ont 38-40 degrés chez eux :
Le rédacteur prie le lecteur de bien vouloir excuser cette approche très terre-à-terre, ni intellectuelle ni scientifique, seulement humaine. Ledit rédacteur sera assez modeste… pour reconnaître qu’il a encore beaucoup à apprendre des gens qui savent déjà tout.
Je suis fier d’avoir participé à cette opération de la rue des Potiers mais J’ai eu honte !!! Honte pour partie de ces voisins qui, sous couvert d’écologie, ne voulaient pas de logements sociaux devant chez eux et, à défaut, les plus reculés possible. Une de ces voisines m’a traumatisé. Selon elle, il aurait fallu reculer « ce bâtiment » quitte à diviser par deux le nombre de logements et de gens pouvant venir s’y loger. « Un retrait de 15 mètres serait mieux pour la vue depuis mon salon ! » (Authentique !).
Une de ses harangues : « … je défends mon droit de vivre agréablement dans une ville, un quartier, une rue que j’ai choisie il y a plus de 40 ans et tente de faire entendre ma voix… ». Résumons : les autres, le m’en f… !
Le privilège, c’est quand on pense que son expérience est la norme… et qu’on appelle ça l’objectivité.
Dans les affirmations correspondantes, on rajoutera un peu de technique, on parlera surtout des arbres, … et on ne mentionnera jamais le moindre intérêt personnel ! Ceci étant, cette dame est exceptionnelle : elle reconnait viser son intérêt. Bravo Madame ! Cas rare à Fontenay !
Les Blagis :
2014 : 833 logements sociaux dont environ 750 en R+4 sans ascenseur, sans volet, isolation nulle, …
« Monsieur le maire-adjoint, il n’y a plus de Français dans ma cage d’escalier, ils s’en vont tant c’est dramatique ! il n’y a plus de commerçants, … ».
La Ville a pris la décision de reconstruire les logements sociaux et des logements privés pour développer la mixité sociale. J’en suis fier !
Beaucoup parlent d’arbres mais peu parlent de la qualité de vie des résidents et de la mixité sociale.
J’oubliais : selon certains, « il faut réhabiliter ! Faire du neuf avec du vieux » même quand les gens âgés du quatrième étage sans possibilités d’ascenseur ne peuvent plus descendre.
Quelques questions sur les Blagis :
– quel architecte a été chargé de ces travaux ? Un architecte réac de droite ? NON ! Raoul Castro ! PSU, PCF ! … Partisan de François Mitterrand en 1981, … il crée une structure d’intervention sur les banlieues à l’origine de la mission Banlieues 89. Il publie « la conspiration des egos ». Il avait tout compris ! il aurait pu écrire « la conjuration des inégaux par le haut ».
– comment certains osent-ils parler des « perspectives visuelles » alors que ce site des Blagis était plus ceinturé qu’une cité médiévale fortifiée ? Pour y entrer, on passait sous des passages assez semblables aux entrées de château-fort.
Pour info, la première collaboratrice de l’architecte Castro arpenta, à pied, longuement, la cité (ou citadelle) et les rues environnantes. … A la fin, elle connaissait le quartier parfaitement, rue par rue (mieux que les Fontenaisiens qui n’y vont jamais sauf pour se montrer) et elle dessina deux « calques »: un totalement vert, l’autre bleu. Les dimensions « arbres » et « eau ».
Le vert qu’elle avait souhaité est nettement plus développé que sur la carte de l’ancienne citée. L’air peut y circuler sans devoir franchir des murailles périphériques.
Cette collaboratrice de Castro définit le plan général à partir de ces deux documents vert-bleu, avec l’implantation de voies (dont une en sens Ouest-Est, le sens des vents dominants) permettant à tous de traverser et d’intégrer ce quartier à la Ville. Pour elle, le mot « intégration » avait un sens, c’était même un objectif.
Autres idées évidemment contestées :
Dans ce cadre, quelqu’un a-t-il noté que deux immeubles privés, récents (2014-2020), de Fontenay, incluent une trentaine de logements sociaux ? A part un grand « progressiste » plus théoricien que réel, personne ne s’en plaint.
Un immeuble neuf est, pour moitié, affecté à des locations privées, créneau de logements qui manquent pour les Fontenaisiens de niveau intermédiaire, ceux qui ne peuvent ni acheter ni avoir accès aux logements sociaux. « Un scandale » diront certains ! Résumons : tout le monde est d’accord pour construire des logements… à condition que ce soit ailleurs.
Grâce à certains, on construit des dossiers de recours à intérêt personnel plus vite que des logements ; On appelle ça un « parcours résidentiel » bien que l’on ait surtout l’impression de faire un marathon juridico-administratif. Les demandeurs, eux, attendent surtout qu’une porte s’ouvre.
Pourquoi le mot « mixité sociale » est-il devenu un « gros » mot ? Nous le payerons par la montée aux deux extrêmes.
Jean Michel DURAND
Ancien Maire adjoint des Finances et du logement social
En savoir plus sur Les Nouvelles de Fontenay-aux-Roses
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







Soyez le premier a laisser un commentaire