Sceaux va instaurer des conseils de quartier. Le projet présenté par la ville n’est malheureusement pas surprenant. Des conseils a minima, entre les mains du maire.
Voilà six ans que le collectif citoyen de Sceaux réclamait la création de conseils de quartier. Le maire va les instaurer puisque la ville ayant passé le seuil des 20 000 habitants.
Le premier conseil municipal de la mandature, le 29 mars dernier, a instauré les conseils de quartiers, en l’absence de toute concertation préalable sur le nombre ou le périmètre des quartiers, sur leur composition ou sur leurs compétences. L’appel à candidater a été néanmoins lancé dans la foulée, à travers une information qui ne touchera que ceux qui lisent attentivement le bulletin municipal ou font partie des abonnés aux communications digitales de la ville. Or pour assurer la représentativité des quartiers, il aurait été nécessaire d’informer au plus près des habitants et d’aller véritablement porter l’information au sein des quartiers pour inciter les Scéens à candidater.
François Dronne, conseiller municipal « Sceaux agir en commun » est intervenu pour constater que « beaucoup reste encore à définir sur le fonctionnement, les participants, les prérogatives de ces conseils pour en faire un outil réellement efficace. Nous ne pouvons pas décevoir les habitants ». Et pourtant, Sceaux est en voie de se doter de conseils de quartier a minima.
Les habitants souhaitant participer à un conseil de quartier doivent candidater avant le 7 juin.
Ils doivent compléter un formulaire de candidature et joindre une attestation de domicile.
Dans l’éventualité d’un nombre de candidatures « trop important », supérieur à 10-12, un tirage au sort sera réalisé par un huissier, dans le respect de la parité femmes/hommes.
- Chaque conseil de quartier sera composé de 10 à 12 habitants seulement, tirés au sort parmi les candidats déclarés. Le maire nommera, à sa convenance, le même nombre de personnes qualifiées, partenaires de la ville. Les associations n’ont donc aucune certitude d’y être représentées.
- Les conseils de quartier serviront essentiellement à émettre des avis sur saisine du maire ou à faire des propositions sur l’animation ou la solidarité de voisinage. « L’objectif est d’inviter les habitants à donner leur avis sur les projets en cours » insiste la présentation qui est en faite.
- Un collège d’élus viendra compléter la composition du conseil sans que l’on sache combien des 26 élus de la majorité y siégeront en regard des 9 élus des minorités.
Un système de tirage au sort.
Il y aurait de quoi hésiter à participer à de telles instances car la crainte est forte de voir leurs prérogatives restreintes au maximum ou servir surtout la communication du maire.
Le système de candidature puis le tirage au sort d’une petite dizaine d’habitants ne garantit absolument pas la représentativité de la population du quartier. Les sympathisants du maire, appelés à s’inscrire en masse, seront sans doute nombreux. Et les Scéennes et Scéens, moins au fait des stratégies politiques du maire, mais néanmoins intéressés à participer à la vie de leur quartier, risquent de se sentir délégitimés par rapport aux élus et personnes nommées par le maire.
Les Scéennes et Scéens le savent, la démocratie de proximité n’est pas dans l’ADN de la majorité municipale, ni dans celui du maire. Après 25 années d’une même majorité, l’équipe municipale est persuadée qu’’elle sait faire sans les habitants et sans leurs associations. Puisque la loi impose à Sceaux de créer des conseils de quartier, il faut le faire mais, semble-t-il, a minima. Pourtant, les élections municipales ont démontré la nécessité d’une prise en compte des attentes des habitants et ont révélé une volonté de participation.
Les instances participatives devraient avoir pour objectif de permettre aux Scéennes et Scéens d’influencer directement les décisions qui touchent à leur cadre de vie ou aux services publics et d’améliorer la gestion locale. Elles sont de nature, également, à redonner confiance dans les institutions et dans la démocratie. Les conseils de quartiers, tels qu’ils se lancent à Sceaux, paraissent hélas déjà loin de ces objectifs.
Pour plus de détails sur les mécanismes de concertation mis en place à Sceaux : Concertation
Le collectif citoyen Sceaux en commun
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