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Les données géographiques et sociologiques de la rue des Potiers face au projet de construction

Monsieur Candide : avez-vous une connaissance de l’histoire de la rue des Potiers ?

Partons de la géologie : la rue des Potiers se situe en pleine zone de marnes, mélanges sédimentaires de calcite et d’argile dans des proportions à peu près équivalentes variant de 35 % à 65 %.

La présence de l’argile a dû conduire à l’installation d’artisans potiers, origine vraisemblable du nom de la rue qui nous occupe ici.

Sur cette carte de 1870, ci-dessous, on voit que Fontenay et autres villages se sont cantonnés au haut des buttes, le fond des vallées n’étant pas construit du fait des argiles et de l’humidité.

Vers les années 1900, la ligne dite « ligne de Sceaux », en provenance de Denfer-Rochereau connait des problèmes techniques dans la montée vers Sceaux, du fait de nombreuses courbes que les boogies n’apprécient pas.

Le voie est reconstruite en une grande courbe passant par Fontenay et la carte ci-dessous montre l’absence totale de maisons là où passe le « train » en territoire fontenaisien.

Le futur RER « B » est né et va couper la rue des Potiers.

Années 1950 : la rue des Potiers est toujours peu habitée et l’herbe pousse encore sur la rue pour en témoigner :

Les Trente-Glorieuses :

La population de Fontenay augmente de 8.626 habitants en 1954 à 20.237 en 1962 et la Ville se construit là où, historiquement, il n’y avait quasiment pas d’habitants.

Adieu pacages pour les animaux, vignes, fruits rouges, champs de pommiers ou poiriers, … La rue des Paradis, en clair des pommiers de plant dit « paradis », en gardera le souvenir dans son nom au sein de la résidence des Blagis.

Ces années des « Trente-Glorieuses » vont permettre la construction d’immeubles, rue des Potiers, pour y loger des gens nouvellement arrivés à Fontenay mais le quartier reste également pavillonnaire :

La Ville construit un gymnase inauguré en 1977 et, aujourd’hui, passoire thermique à reconstruire :

Ceci étant, tout ce quartier n’est pas aux normes de l’acceptable et il existe encore en 2014 des taudis et, en l’occurrence, 14 studios à statut juridique non certain et inacceptables.

Le rédacteur de la présente note les a visités (2014-15) et se rappelle les appels d’un couple avec deux enfants très jeunes vivant dans une totale humidité malgré les travaux de peinture entrepris par le jeune père pour essayer de cacher l’inacceptable : d’où décision de reconstruction sous forme de logements sociaux.

Evidemment, les réactions face à la construction d’immeubles sociaux ne tardent pas à poindre : Le texte ci-dessous en témoigne :

«  … personne ne se préoccupe des conséquences d’une telle densification : problèmes de stationnement, dégradations (tags qui fleurissent déjà), maisons fissurées, etc… qui ne manquerons malheureusement pas de surgir ! ».

Le besoin de loger des gens, de démolir des taudis qui s’avèrent être des passoires thermiques, de supprimer des immeubles sans ascenseur, … n’a absolument aucune importance ! Seuls comptent les problèmes de stationnement, les tags, … et les fissures issues de constructions sur argile mais imputées aux nouvelles constructions.

Monsieur Candide : revenons au projet ; le bâti existant a peut-être un charme ?

Le style actuel des bâtiments ne devrait pas laisser un souvenir impérissable

Le projet conduira, en sa grande majorité, à la destruction de cet ensemble immobilier et du gymnase.

Chacun pourra comparer avec le projet :

Monsieur Candide : Impact de la législation en matière d’urbanisme près du métro ?

L’objectif réglementaire en matière d’urbanisme est d’encourager la densification autour des gares, (train, métro, tramway, …) de façon à optimiser l’accessibilité aux transports collectifs.

Comme nous l’avons dit, nous sommes ici à 50 mètres du RER et la réglementation, avec logique, demande la construction d’un habitat collectif.

Monsieur Candide : ce quartier n’est-il que pavillonnaire ?

Les photos ci-dessous et le plan de l’avenue Lombart montrent qu’il y a, au-dessous (vers Sceaux), des deux côtés de l’avenue et en face du projet, 7 à 8 immeubles de 4-5-6 étages.

Monsieur Candide : Quelle est l’origine de cette approche visant à bloquer toute construction à Fontenay ?

Comme nous l’avons constaté, certains focalisent toute leur action politique sur la défense de leur groupe identitaire et développent l’ « entre-nous socialo-culturel ».

C’est dans ce cadre que l’on voit ces gens prendre le pouvoir dans les villes-centres de certaines métropoles (Paris, Bordeaux, Grenoble, …), ne plus s’occuper des classes populaires et laisser tomber des problèmes concrets comme le logement : A Fontenay, le pouvoir municipal, dans la mandature 2008-2014, préférera ainsi laisser reconvertir une usine de la Société Laden en locaux d’habitation, sans autoriser la moindre modification du bâti,  plutôt que de reconstruire,  en tout ou partie, ces locaux qui, à l’origine et dans leur structure, n’avaient pas vocation à loger des gens:

Monsieur Candide : vous avez d’autres exemples objectifs à Fontenay ?

Absolument : la politique de ces grands progressistes a fait que, selon l’INSEE, entre 2009 et 2016 :

  • Le nombre de résidences principales a baissé de 10.313 à 10.125 logements (baisse de quasiment 200 soit 1.8% et, en conséquence,
  • Le taux de suroccupation des logements a augmenté, passant de 9.3% à 9.9%

Aucun des élus de l’époque n’a démissionné pour contester cette évolution !

La baisse du parc relevait, évidemment, d’un niveau de construction insuffisant mais les quelques réalisations, à hauteur de 80%, ne concernaient que des immeubles :

 

581 logements construits en 11 ans (2006-2017), à peine 53 par an dont 80% en immeubles !

La destruction naturelle (obsolescence, fusion d’appartements, constats d’insalubrité, … ) étant d’environ 0.50 %/an,  soit environ 50-60 logements par an, niveau à majorer du développement des résidences secondaires, augmentation de la vacance, … on comprend la baisse du parc des résidences principales.

Dans le cadre de cette politique, on ne construit plus, on défend « l’acquis immobilier de certains », on vitupère l’ombre d’une nouvelle construction dans son jardin, …

En conséquence, les prix de l’immobilier augmentent pour de multiples raisons dont l’écart entre offre et demande, les logements sociaux sont saturés et personne ne peut plus en sortir, les locations « privées » disparaissent, … les classes populaires ne peuvent plus se loger, partent en banlieue lointaine, accentuent le problème du transport (et sa pollution) … et votent malheureusement à l’extrême droite.

Mais, aux yeux de certains, tout cela n’est pas grave, l’important, c’est le vélo ! la rue piétonne ! Tout cela n’est qu’un même sujet !

C’est dans cette évolution que se situe une grande part de l’opposition au projet actuel prévu rue des Potiers, à l’angle de l’avenue Lombart.

Amicalement à tous.

Jean-Michel Durand

Maire-adjoint aux Finances et Logements-Sociaux 2014-2020

Jean-michel.durand50@orange.fr

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