Le CARRRO (Collectif des Associations Riveraines du RER B Robinson) a écrit aux candidats des communes limitrophes dont Fontenay aux Roses

CARRRO (collectif des associations riveraines du RER B Robinson) carrrob@free.fr 8 bis rue Mordillat 92260 Fontenay-aux-roses
Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat aux prochaines élections municipales de la ville de Fontenay-aux-roses.

Au nom du CARRRO, nous souhaitons obtenir des précisions sur votre programme concernant un  sujet majeur pour la vie des habitants : la fiabilité du RER B, 2e réseau d’Europe en trafic voyageurs.

Est-il besoin de vous décrire la galère quotidienne des voyageurs du RER B ?

  • Retards et suppressions des trains dès la gare de départ de Robinson,
  • Arrêts prolongés des trains vers Paris à la gare de Bourg-la-Reine, Incidents techniques et difficultés d’exploitation chroniques occasionnant des retards,
  • Information voyageur particulièrement défaillante en situation perturbée,
  • Grèves surprises.

Fortes de ce constat, un certain nombre d’associations se sont regroupées dans le CARRRO afin d’agir pour la promotion et la fiabilité des transports en commun et tout particulièrement du RER B, réseau structurant de nos communes.

Le STIF a effectué, ces dernières années, un programme d’améliorations reposant sur des investissements et des changements d’exploitation.

Mais, la situation est toujours catastrophique puisque selon les propres chiffres du STIF, de janvier à décembre 2013, la ponctualité[1] globale du RER B est de 83,2% et celle de la branche Robinson[2] de 68,7% avec une dégradation par rapport à l’année précédente.

Sur la branche Robinson, nous sommes les champions de l’irrégularité. Elle se concentre aux heures de pointe, perturbant gravement ceux qui doivent l’emprunter pour aller  travailler et en revenir. Ceux qui ont un horaire à respecter impérativement prennent donc leur voiture. La transition énergétique en matière de mobilité est donc caricaturale.

Les solutions apportées par le STIF et les transporteurs (RATP, SNCF), qui, à les entendre, devaient assurer un fonctionnement correct du RER B, se sont donc révélées décevantes. La maintenance des infrastructures (caténaires, rails, énergie de traction) n’est pas même assurée. Notre crédulité a maintenant atteint ses limites.

Le STIF a approuvé, le 10 juillet 2013, un schéma directeur du RER B Sud ; mais ce dernier est très décevant : aucune augmentation de la capacité voyageurs n’est prévue, l’amélioration de la ponctualité ne l’est qu’à la marge. En effet, le doublement du tunnel Châtelet-gare du Nord, emprunté à la fois par les RER B et D, évoqué en 2010, semble abandonné. Ce tunnel est pourtant le plus chargé d’Europe : en heure de pointe, 32 trains par heure et par sens le parcourent, soit 20 trains pour le premier et 12 pour le deuxième. Si l’on veut garder une marge d’exploitation minimale, il ne faudrait pas dépasser 20 trains, un toutes les trois minutes ! Il est donc indispensable de découpler les deux RER en doublant ce tunnel, d’une façon ou d’une autre.

Notre seule satisfaction est la réalisation d’un palliatif obtenu grâce à l’action du conseil général des Hauts de Seine : il s’agit du retournement des trains à Denfert-Rochereau qui permettra, à partir de la fin de l’année 2014, de diminuer un peu la gêne en cas d’incident[3].

Le T6 n’offrira à la fin de l’année qu’une capacité voyageurs réduite, sans aucune réserve .  Il ne sera donc pas une  solution alternative au RER B.

Le métro  express du Grand Paris, présenté comme la solution ultime, ne résoudra  pas notre galère : les usagers du RER B Sud auront toujours le même besoin de ce RER pour atteindre le métro  express ; et il est expressément prévu une augmentation des voyageurs sur les « branches » (Robinson, Massy, vallée de Chevreuse). Enfin, les correspondances avec ce métro exprès seront mal commodes.

Les usagers, vos mandants, sont donc excédés par l’irrégularité  catastrophique du RER ; c’est une atteinte grave et continuelle à leur vie et ils se sentent sacrifiés puisque aucune solution crédible n’est programmée. Aussi, nous vous interrogeons en leur nom :

  1.    Quelles actions concrètes comptez-vous mener durant votre mandature, avec l’association des » villes du RER B Sud », pour qu’il soit enfin décidé et mis en œuvre un programme de mise à niveau sérieux du RER ? Sera-ce une priorité de votre mandature ?
  2.  Organiserez-vous, par exemple, des conférences de presse ?des manifestations ?
  3. Quelles solutions alternatives de court terme comptez-vous mettre en place, par exemple des aménagements pour les bus (gare routière à Robinson, couloirs) pour que les habitants de votre commune puissent continuer leurs activités (en particulier le travail et les études) ?
  4. Outre des infrastructures vieillies, les difficultés du RER B proviennent d’un accroissement de 35% de voyageurs en 10 ans. Quelles conséquences en matière d’urbanisme en tirez-vous ? Considérez-vous comme de votre devoir de résister à la vague de densification tant que les infrastructures de transport indispensables pour les nouveaux habitants ne sont pas réalisées ?

Soyez assurés de notre mobilisation à vos côtés dans toutes les actions pour l’amélioration du RER.

Une réponse avant le 10 mars nous conviendrait car cela nous permettrait de la communiquer aux habitants avant les élections. Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.

Marcelle Vernet, Présidente du CARRRO 


[1] La « ponctualité voyageurs » représente le pourcentage de voyageurs arrivant avec un retard de moins de 5 minutes à leur gare de destination.

[2] Qui sert de variable d’ajustement.

[3] Incidents qui seront, malheureusement, toujours aussi fréquents comme on vient de le voir.

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