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La démocratie participative ne fait pas forcément bon ménage avec l’urbanisme à Fontenay-aux-Roses

La manière de gérer le projet de la rue Boucicaut semble très significative de la méthode de l’actuelle municipalité. D’un côté, son magazine mensuel fait sa une en février sur “Démocratie participative: favoriser l’expression citoyenne” ! De l’autre, il y a la gestion d’opérations importantes comme celle de la rue Boucicaut où la mairie propose un projet ficelé sur lequel on ne peut revenir que de manière anecdotique. Avec, certes, l’organisation d’une réunion de présentation et d’une exposition… Il y a donc d’un côté la com. Et de l’autre la réalité… Ne serait-il pas plus… démocratique d’essayer de construire un projet avec, bien sûr des professionnels, mais aussi les habitants, au lieu que ce soit une petite équipe, aussi compétents soient ses membres, qui décident pour 25.000 habitants ? Comme si ceux-ci n’avaient pas des idées sur leur cadre de vie, a fortiori sur la principale rue de la ville ! A Fontenay, on a parfois l’impression de revenir dans les années 1950 ou 1960, à une époque où les citoyens étaient souvent traités comme des mineurs…

Il en va de même pour le projet ADIM-Vinci d’un immeuble de 19,50 m de haut accolé à la ruelle de la Demi-Lune. Lequel va cacher la perspective du château Laboissière, beau bâtiment du XVIIe inscrit au Patrimoine, et transformer la ruelle en canyon. Là encore, il n’y a eu aucune concertation pour ce projet qui touche à l’un des symboles du patrimoine de notre ville.  Lors du conseil municipal du 7 mars, M. le Maire expliquait que la construction de cet immeuble d’habitations “est réclamé par de nombreux Fontenaisiens”. La question n’a jamais été franchement posée. Mais si elle l’était, il y aurait peut-être quelques surprises…

La “démocratie participative”, jusqu’à nouvel ordre, c’est accepter de discuter avec la population de projets importants sur le fond, accepter d’être contesté, remis en cause. Mais à Fontenay, on peut certes discuter sur l’urbanisme de manière courtoise avec des représentants de la municipalité. Mais leur interlocuteur se fait asséner en continu des éléments de langage (la com, toujours !) et des chiffres sortis d’on ne sait où. C’est aussi s’entendre dire que les règles imposées pour les projets immobiliers sont examinés de manière très attentive par la Ville, que tout est fait pour préserver le patrimoine historique et l’environnement etc… Bref, on tourne vite au dialogue de sourds et on échange en boucle. Il est donc impossible de discuter sur le fond.

Et dès que le citoyen manifeste son mécontentement de manière plus active, par exemple en déposant un recours gracieux contre tel ou tel projet immobilier, il est alors qualifié d’”opposant”. C’est un peu le fameux: “Qui n’est pas avec nous est contre nous” ! La seule possibilité pour se faire entendre reste alors de déposer un recours contentieux devant le tribunal administratif. Conclusion : la démocratie participative a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire à Fontenay-aux-Roses.

Dans un récent droit de réponse sur ce blog, le chef de cabinet de la mairie expliquait que la ville “se distingue de ses voisines par le très faible niveau de construction immobilière (à peine 10 immeubles collectifs livrés en dix ans…), en dessous des seuils minimaux de construction imposés par la loi”. A voir. Mais les projets en chantier actuellement sont, eux, très nombreux. Il n’y a qu’à se promener dans Fontenay pour le constater ! Avec des chantiers qui mordent allègrement sur les trottoirs, lesquels appartiennent au domaine public…

Une proposition : et si l’on engageait une vraie concertation avec les citoyens sur les opérations d’urbanisme à venir ? Par exemple sur celle envisagée autour du gymnase des Potiers, qui déclenche déjà des polémiques. Avant que la décision politique soit prise, pourquoi ne pas envisager un référendum d’initiative locale ? Apparemment, il n’y en jamais eu à Fontenay-aux-Roses. Ce serait là un bon moyen de “favoriser l’expression citoyenne”.

Laurent Ribadeau Dumas

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