La Démocratie Participative (DP) à Fontenay aux roses: Un apprentissage bien difficile

Lundi 15 octobre, nous avons assisté, salle Daniel Mayer, à une réunion très illustrative de la conception de la Démocratie Participative par certains élus de notre ville.

Des habitants, des Associations, le Comité d’habitant du quartier Blagis/Gare, se sont plaints, par des voies diverses, de constater qu’un projet de réutilisation du terrain du 22 avenue Lombart avait été décidé et voté en conseil municipal en juin 2012, sans un minimum de concertation (il semble aussi que certains conseillers municipaux aient été irrités de découvrir le dossier quelques jours seulement avant le vote du conseil municipal).
Jean Francois Dumas, élu du groupe EELV, adjoint au Maire chargé de l’environnement et du développement durable et auteur du projet, a (en conséquence ?) organisé une réunion publique pour présenter le projet « Le jardin des saveurs ».

Il n’est pas dans mon intention de faire ici un résumé de la réunion, ni de lancer aucune polémique ou attaque personnelle, ni de critiquer sur le fond ce projet qui semble intéressant, même s’il est bien loin d’une maturité suffisante (comme d’ailleurs les très pertinentes remarques des participants l’on montré, ce qui prouve d’ailleurs à l’évidence l’intérêt de faire participer les habitants).
Il s’agit de faire part de ma déception, partagée par beaucoup de ceux qui ont participé à l’écriture de la charte de la Démocratie Participative, localement à Fontenay aux Roses, quant à la perception et la pratique de la DP par certains élus et d’en tirer quelques enseignements.

J’illustre ici ma déception par 4 points:

1/ Avant même de présenter le projet, Mr Dumas, considérant certainement que la meilleure défense était l’attaque, a tenu à expliquer que l’aménagement de cette zone était une question ancienne et que donc depuis le temps, beaucoup de personnes avaient été impliqués. En conséquence il ne comprenait donc pas que certains puissent dire qu’ils n’étaient pas au courant. Pour étayer son propos, il a tenu à citer le nom de quelques élus de l’actuelle mandature et même de la précédente avec qui il avait échangé sur le sujet.

En parallèle, s’étonnant lui même de l’ assistance beaucoup plus nombreuse à cette réunion que ce qu’il avait imaginé, il ne s’est pas rendu compte qu’il n’avait cité que des élus, dont c’est le rôle, et c’est bien parce qu’il n’y a eu aucune consultation des habitants que ceux ci sont venus si nombreux à cette réunion.
Or la Démocratie Participative, c’est bien de consulter les habitants et pas seulement de discuter uniquement entre élus.

2/ Pour se justifier, Mr Dumas a mentionné que ce projet avait été décidé avant que la municipalité s’engage dans la DP.
Malheureusement la chronologie des faits lui donne tort.
En effet il faut rappeler que:
– la journée des Assises de la DP s’est tenue le 26 novembre 2011 (si plusieurs élus étaient présents à cette journée, Mr Dumas n’y assistait pas)
– la charte de la DP a été votée au conseil municipal du 16 février 2012
– le projet du 22 lombart a été voté au conseil municipal du 27 juin 2012.
Il était donc facile de consulter les habitants du quartier, directement ou via le comité d’habitants qui même s’il ne n’avait pas encore tenu sa 1 ère réunion était déjà constitué, avant d’entériner le projet en conseil municipal.

3/ A la question d’un habitant s’inquiétant de savoir qui assurerait l’entretien de cet espace vert, la réponse édifiante de Mr Dumas a été «  eh bien la démocratie locale fonctionnera, ce sont les habitants qui l’entretiendront »!
En d’autres termes, « nous décidons, vous vous débrouillerez ».
Une conception bien réductrice de la Démocratie Participative.

4/ Enfin pour soutenir Mr Dumas, Jean Jacques Fredouille, adjoint au Maire chargé de l’urbanisme et du patrimoine communal a tenu à rappeler le rôle de la Démocratie Représentative en relisant un point du programme sur lequel la majorité municipale a été élue, et qui indique que le 22 avenue Lombart était destiné à rester un espace vert.
Mais comme aucun habitant n’a contesté cela au moins au cours de la réunion, on ne peut que voir dans cette intervention une tentative d’opposer Démocratie Participative et Représentative.
Dire aux habitants, en substance, “votez pour moi et pendant 5 ans ne vous occupez plus de rien, je décide de tout ” est bien décevant car bien éloigné de la DP qui a été voté dans notre ville.
Il suffit de relire la charte pour comprendre que la Démocratie Participative c’est informer (avant) les habitants, c’est les impliquer (pendant). Ce n’est pas leur demander de dormir tranquille pendant 5 ans.

 

Alors quels enseignements?

En synthèse, il aurait été bien plus simple et plus positif de reconnaitre un loupé dans la pratique de la DP. Ce qui aurait été facilement compris, et aurait donné un signal positif aux habitants sur la volonté de tous les élus de s’engager dans cette démarche. Sauf bien sûr si c’est fondamentalement la conception de la DP de certains.
Ce que à ce stade on ne peut malheureusement pas écarter totalement .

La DP  à été lancée fin d’année dernière par le Maire et certains élus, citons par exemple Mme Lours-Gatabin, qui a montré une forte dynamique sur ce point en appuyant l’élaboration de la charte, la création des comités d’habitants, l’animation des 1 ères réunions.

Mais la DP n’est manifestement pas encore rentrée dans les habitudes de tous les élus (tout espoir n’est pas perdu) voire mal ou pas acceptée par certains (ce qui serait plus grave).
Pourquoi ces réticences? Qu’ont ils a perdre?
Certes un peu de temps.
Pour certains un sentiment de perdre le pouvoir de la décision? Qu’ils se rassurent en relisant la charte: à la fin c’est la mairie qui décide. Et d’ailleurs il ne peut pas en être autrement.
En revanche, ils ont tout à y gagner: une adhésion des habitants, leur implication dans  l’élaboration des projets, leur appropriation, et assurément une amélioration du projet car à plusieurs on est toujours plus intelligent que seul.
Mais aussi, peut être, une amélioration de la relation entre la mairie (quelle que soit sa tendance) et les habitants, voire une détente de certaines tensions.

Alors pourquoi  le Maire ne recadrerait il pas ceux de ses adjoints qui n’ont pas compris ou adhéré à la Démocratie Participative à Fontenay aux Roses?
Il semble que ce soit à la mode dans le monde politique.
Qu’il en profite, car nous avons devant nous à Fontenay aux Roses, plusieurs chantiers importants ( PLU, place de la Mairie, terrain du carrefour des Mouille Boeufs, Conservatoire Soubise,…) qui auront tout à gagner d’être traités dans dans le cadre de la Démocratie Participative en soutien à la Démocratie Représentative.

3 réflexions sur « La Démocratie Participative (DP) à Fontenay aux roses: Un apprentissage bien difficile »

  1. Monsieur Marteau ne veut entendre que ce qui l’arrange.
    1°) Les associatifs que j’ai cités comme étant au courant du projet et avec lesquels il avait été discuté ne sont pas tous, loin s’en faut, des élus et/ou d’anciens élus. Il avait notamment été évoqué lors de l’AG de l’association Lombart Potiers, etc .
    2°) J’ai dit que j’étais agréablement surpris parce que je craignais qu’il y ait peu de monde compte tenu du fait que nous n’avions pas pu bien communiquer sur la tenue ce dette réunion. Sinon, je savais que l’aménagement de cette parcelle était un sujet important pour les gens du quartier. Je le sais depuis quinze ans… D’ailleurs, Monsieur Marteau ne s’intéressait guère au sort de ce quartier à l’époque. Et jusqu’à récemment d’ailleurs.
    3°) Le projet de jardin était prêt et a été présenté au Cabinet Asconit qui a réalisé le diagnostic sur la Biodiversité de Sud de Seine en 2010 – 2011, diagnostic dont le contenu a été discuté en réunion de concertation dans le cadre du PTDD en Juin 2011. Restait en attente le sort de la maison.
    4°) Je n’ai jamais dit que l’entretien de l’espace serait laissé aux habitants. J’ai même dit l’inverse expressément. Ce que j’ai dit, que ce jardin devait être aussi le centre d’animations, animations à définir avec les habitants. Ce qui n’est pas la même chose ! Et ceci n’est pas une conception réductrice de la démocratie participative.
    Enfin, je n’ai jamais réalisé un aménagement d’un espace vert contre l’avis des habitants, Le square des anciens combattants a fait l’objet d’une réunion de présentation aux habitants et en amont de concertation avec les associations concernées.
    Cette mise au point sera la dernière. Je ne me fais pas d’illusion sur son efficacité : il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

    JF DUMAS

  2. Monsieur Dumas a un certain talent pour déformer les faits et interpréter le texte de Daniel Marteau, pour avoir raison à tout prix:
    – M. Dumas prétend que le projet de jardin a été discuté avec des « associatifs ». Mais sur ce sujet, il a été bien en peine de mentionner autre chose que sa participation à l’Assemblée Générale de l’Association RER-Lombart-Potiers, qui s’est tenue le 31 janvier 2011 et à laquelle je participais.
    • Malheureusement pour M. Dumas, cette AG a d’abord traité de l’avenir de la Maison du 22 avenue Lombard, que l’association souhaitait conserver, ou au moins conforter en attendant de définir son utilisation. M. Fredouille s’est donc engagé à faire chiffrer par un expert, avant la décision définitive, le coût du confortement de la Maison, ce qui a été fait début 2012 (126 178 euros). Mais M. Dumas prévenait déjà que ce coût serait prohibitif, façon de dire qu’il n’avait pas l’intention de tenir compte de ce chiffrage.
    • Concernant le terrain, les projets de la Mairie se limitaient à l’agrandissement du Square des Anciens Combattants, sans exclure la possibilité de l’implantation de Jardin Familiaux. Jean-François Dumas précisait qu’était budgété en 2011 la démolition de la maison et un aménagement à minima du jardin. Mais il n’avait pas voulu dire le montant budgété.
    Il n’avait pas du tout été question dans cette réunion d’un projet de «Jardin des Saveurs » avec verger conservatoire dont M. Dumas nous dit aujourd’hui qu’il était prêt en 2010 – 2011 et avait été présenté au Cabinet Asconit.

    – Au Conseil de Quartier Blagis Gare du 3 février 2011, où M. Dumas n’était pas présent, ont été reprises les mêmes discussions, sans que ne soit mentionné par les représentants de la Mairie un projet précis d’aménagement du terrain. Il était question d’en faire un espace vert traditionnel, ou un jardin partagé ou des jardins familiaux.
    – M. Dumas mentionne aussi une réunion de concertation dans le cadre du PTTD, sur le diagnostic de Biodiversité de Sud de Seine réalisé par le Cabinet Asconit. Les quelques participants citoyens au Conseil de Développement Durable ont rapidement été découragés par leur peu d’influence au sein de ce Conseil, dans lequel les élus ont beaucoup de poids. De plus, les réunions du Conseil de Développement Durable ne sont pas accessibles au public et ses recommandations ne sont pas diffusées. Aucune information sur l’aménagement du Jardin des Saveurs ne pouvait donc parvenir aux citoyens.
    – M. Dumas dit savoir depuis 15 ans que l’aménagement de cette parcelle est un sujet important pour les habitants du quartier. Mais il ne présente pas son projet lors des Conseils de Quartier, et il a fallu une demande du Comité d’Habitants pour qu’il se décide à organiser une réunion d’information !
    – M. Dumas fait semblant de croire que les habitants vont accourir pour participer à des animations organisées par la Mairie dans un jardin municipal. L’un des avantages de la Démocratie Participative est qu’elle mobilise les citoyens pour les projets auxquels ils ont contribué. Ils apprécient peu de devoir « s’approprier » des réalisations décidées sans eux et qui ne correspondent pas à leurs attentes.
    – M. Dumas reproche à D. Marteau de ne s’être intéressé à l’avenir de ce terrain que tout récemment. Mais la contribution de D. Marteau ne concerne que la façon dont la Démocratie Participative est mise en pratique à Fontenay.

    Au vu de ce qui vient d’être rappelé, il parait abusif de conclure que l’extension « du Square des Anciens Combattants a fait l’objet (….) en amont de concertation avec les associations concernées ». Il serait plus simple que M. Dumas reconnaisse qu’il ne croit pas à la Démocratie Participative, et que, pour lui, les citoyens sont incapables de faire des propositions d’aménagement intéressantes.

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