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Jeunes Dans La Cité (JDLC) : depuis 50 ans avec les jeunes de Fontenay-aux-Roses

Si vous êtes Fontenaisien, et si vous lisez régulièrement les « Nouvelles de Fontenay », le nom de Jeunes Dans La Cité – souvent abrégé JDLC – vous dit forcément quelque chose. Nous vous proposons aujourd’hui un rapide tour d’horizon de l’activité de notre association, ce qu’elle apporte à notre ville, et comment vous pouvez nous aider à aider les jeunes.

JDLC, association de Prévention Spécialisée auprès des 11-25 ans

La prévention spécialisée est une mission de service public, qui vise à accompagner des jeunes en situation de fragilité et de rupture dans leur environnement social et familial. C’est un maillon de l’Aide Sociale à l’Enfance, donc une compétence de niveau départemental. Souvent, les départements confient cette mission à des associations locales, les « clubs de préventions », pour favoriser la proximité et la confidentialité de leur action.

Ainsi, dans les Hauts-de-Seine, JDLC et une douzaine d’associations similaires sont financées par le département, via une habilitation officielle, dans un cadre structuré, et sur un territoire précis (souvent une ou deux villes).

Pour JDLC, il s’agit d’une habilitation jusqu’en 2031, couvrant les territoires de Fontenay-Aux-Roses et Sceaux.

Notre action est portée par une douzaine de professionnels, salariés de l’association, dont la directrice Lynda ELAKREDAR épaulée par 2 chefs de service. Elle est supervisée par un Conseil d’Administration de 10 bénévoles, présidé par Yves-André GAGNARD.

Photo d’une partie de l’équipe de JDLC : de g. à dr. Yves-A GAGNARD (président), Lynda ELAKREDAR (directrice), Deborah KAMINSKI (cheffe de service)

La priorité : la dimension éducative

Notre mode d’action s’appuie sur nos éducateurs, éducateurs de rue et éducateurs techniques : En janvier 2024, ce sont Damien, Elbekkai, Guillaume, Kada, Sarah, Rachid, Robert, Yoly, Younes.

Les éducateurs de rue sont là pour aller au-devant des jeunes, et les soutenir lorsqu’ils font face à des difficultés. Concrètement, un éducateur de rue passe deux ou trois heures dans la rue chaque jour, généralement en fin d’après-midi, en binôme. Il passe régulièrement pour « faire partie du quartier ». Au départ, l’objectif est de se présenter aux jeunes sans insister, mais en repérant les prénoms, en s’intéressant aux jeunes. Quand la relation de confiance est créée avec un jeune en besoin, le rôle de l’éducateur est de l’aider à réfléchir à son avenir, à monter des projets ou à résoudre avec lui des difficultés.

A l’accompagnement individuel s’ajoute la proposition d’actions collectives : des chantiers éducatifs, des séjours. Exemple récent, le séjour de 5 jeunes de 16-18 ans à Rocamadour. Réaliser un tel séjour c’est d’abord pour les jeunes répondre à de nombreuses questions : comment chercher un hébergement, comment s’adresser aux gens par mail ou téléphone, comment construire un budget, comment financer le voyage, comment préparer les menus… Dans ce cas, les jeunes ont financé en partie leur voyage en travaillant dans le jardin partagé.

Les éducateurs travaillent aussi avec les parents. Le rôle des parents est essentiel, car les difficultés d’un jeune ont toujours un écho dans sa famille. Par exemple, en organisant une sortie pour des jeunes mineurs, les éducateurs rencontrent les parents pour avoir leur autorisation et c’est une occasion de les impliquer. Parfois les parents demandent de l’aide, et c’est par eux que la relation avec le jeune commence.

Les éducateurs savent aussi mobiliser d’autres moyens et d’autres dispositifs sociaux pour des situations difficiles. A Fontenay nous travaillons en réseau avec les services sociaux départementaux (les SST et surtout les équipes mobiles), avec les services municipaux (CCAS, Club Pré-Ado, Maison de Quartier), avec les autres associations intervenant auprès des jeunes (aide, soutien scolaire, sport, insertion professionnelle), et avec les établissements scolaires (au premier chef le collège des Ormeaux).

Le métier d’éducateur, construit sur la confiance

L’éducateur n’est pas là pour faire la morale. Mais il a un rôle d’alerte sur les risques. Il cherche à s’assurer que les jeunes ont bien conscience de ce qu’ils font et des conséquences de leurs actes. Il travaille par le dialogue sur la responsabilisation des jeunes. Par exemple, sur un sujet comme la drogue cela peut passer par des discussions sur les effets de certaines substances et les risques encourus tant sur la santé que sur le versant pénal.

Créer la confiance prend du temps. Le jeune doit pouvoir ressentir qu’il y a un adulte professionnel en capacité de l’écouter sans le juger. Caractéristique importante, l’éducateur n’est pas un adjoint des forces de police. Le contenu de ses échanges est garanti par l’anonymat et le secret professionnel qui s’applique aux éducateurs et à l’association.

C’est donc un métier où les relations personnelles, la générosité, sont essentielles. Les parcours personnels qui y mènent sont variés. Il arrive que des éducateurs aient connus eux-mêmes des périodes difficiles dans leur jeunesse, qu’ils aient eux-mêmes bénéficié de l’aide d’une personne qui les a marqués, et cette expérience leur a donné une empathie, une envie de rendre comme ils ont reçus. D’autres éducateurs ont fait des études supérieures sur des domaines comme la philosophie, la psychologie, les sciences de l’éducation, et apportent d’emblée un cadre structuré.

JDLC s’efforce de cultiver cette variété des profils. Nous recrutons des éducateurs diplômés (le diplôme de référence est le DEES), mais aussi des personnes dont la personnalité et les qualités nous semblent adéquates, en leur offrant la possibilité en quelques années d’obtenir le diplôme avec nous par validation des acquis de l’expérience (VAE).

Au final, l’éducateur de rue a un métier proche mais différent et complémentaire de celui de l’animateur ou du médiateur. Comme l’animateur, il assure une présence et organise des évènements, comme le médiateur, il va au contact des jeunes dans la rue. Mais il axe son travail d’abord et avant tout sur la dimension éducative.

Si vous-même ou quelqu’un que vous connaissez s’intéresse à cette carrière, n’hésitez pas à nous contacter. Notez que la pratique recommande d’éviter autant que possible que les professionnels interviennent sur le même territoire où ils habitent ; nous évitons donc de recruter des fontenaisiens ou des scéens. Mais il y a de toute façon beaucoup d’offres pour le métier d’éducateur spécialisé, et beaucoup de structures en demande autour de Fontenay et ailleurs en région parisienne.

Qui sont les jeunes ?

Bien que le mode d’intervention consistant à rencontrer des jeunes dans la rue semble fortuit, les éducateurs appliquent des méthodes professionnelles précises et ordonnées. Elles impliquent notamment de prendre note et suivre les interactions avec ces jeunes, et, dans le respect de l’anonymat, à rendre compte de ces relations.

D’abord, nous recensons les jeunes « connus » – plusieurs centaines. C’est ceux dont on connait au moins quelques informations personnelles, qui ont déjà échangé avec un binôme d’éducateurs, et de qui nous souhaitons être connus, construire le lien de confiance, qu’ils sachent qu’ils peuvent nous parler quand ils en auront besoin.

Ensuite, parmi ces jeunes connus, il y a les jeunes « accompagnés » – à tout moment, environ une cinquantaine. Les éducateurs les rencontrent régulièrement, travaillent avec eux pour les aider à dénouer ensemble leurs difficultés (scolaires, familiales, judiciaires, d’insertion socio-professionnelle), pour mettre en place un projet –comme un voyage, l’obtention du permis de conduire, ou l’organisation d’un tournoi de foot. Cela les aide à se projeter, à penser l’avenir. Selon la nature des difficultés, cet accompagnement peut se limiter à quelques mois, ou durer bien plus longtemps.

Certains des jeunes sont en échec scolaire, voire déscolarisés. C’est pourquoi les liens avec les établissements scolaires ou les associations fréquentées par les jeunes sont si importants, et JDLC va continuer à les développer sur Fontenay : ASAP, ASF, etc..

Parmi les évolutions en cours, il est nécessaire de s’adresser à des jeunes de plus en plus tôt, parfois avant 11 ans. En conséquence, nous envisageons aussi des actions vers certaines écoles primaires. Parmi les jeunes à aider, nous rencontrons beaucoup de garçons, mais aussi des filles. Or les problématiques des filles sont différentes, et la manière de les aborder plus complexe – en particulier, il est préférable de les aborder avec des éducatrices ou au moins des binômes mixtes. Enfin, l’effet des intelliphones et des réseaux sociaux est notable : les jeunes sont moins dans la rue qu’il y a 10 ou 20 ans, et nous développons d’autres façons d’interagir avec eux, notamment notre initiative « la rue numérique ».

Photo d’un atelier « jardinage » lors de la journée des associations de Fontenay : Luc PICHOT (chef de service) et Rachid BELLAJROU (éducateur technique espaces verts)

JDLC : quand des responsables politiques de tous bords travaillent ensemble pour le bien commun

L’association a été créée en mars 1972. JDLC s’est d’abord installée à Sceaux, dans le CSCB qu’on appelait encore « centre ALFA », et s’est ensuite développée. Elle était présente sur six communes au tournant des années 2000, avant de se focaliser sur Fontenay-Aux-Roses et Sceaux depuis une dizaine d’années. Son siège se trouve au cœur du quartier intercommunal des Blagis, au 9 rue des Paradis.

Il y a 50 ans, le concept de prévention spécialisée émergeait à peine : le texte fondateur de ce mode d’action est un arrêté du 4 juillet 1972. Il ne s’agissait pas de cibler des délinquants, mais de «prévenir »  l’inadaptation sociale», dans une perspective éducative et de libre adhésion. Suite à un grave fait divers au Blagis, où un jeune de 18 ans avait failli perdre la vie, des notables et politiques de Fontenay-Aux-Roses, Sceaux et Bourg-La-Reine, soucieux de la protection de l’enfance, ont voulu tenter quelque chose de nouveau et ont fondé JDLC.

A ce titre, JDLC est un excellent exemple de ce que peuvent créer des responsables politiques de tous bords quand ils savent travailler ensemble pour le bien commun : le premier président, Claude VITRE, important adjoint du maire de Fontenay Maurice JOLIVET (donc une équipe municipale de droite) a su passer la main à la seconde présidente, Denise BLANCHE, qui était aussi la responsable locale du parti communiste, donc son opposante directe. Ainsi, pendant longtemps, la couleur politique de la présidence de JDLC a alterné entre tendance de gauche et tendance de droite (notamment avec Annie LIMAGNE, bien connue des fontenaisiens et toujours aussi active dans l’engagement associatif local), avec un conseil d’administration ‘pluriel’.

JDLC est par la suite devenue apolitique : les statuts ont changé en 2005 et les élus ne peuvent plus jouer un rôle opérationnel dans le conseil d’administration. Néanmoins, ils restent des interlocuteurs privilégiés de l’association : à Fontenay, non seulement les professionnels de JDLC travaillent quotidiennement avec les équipes municipales, mais au niveau politique le président et la directrice de JDLC rencontrent au moins une fois par trimestre M. le Maire ou les Maires-Adjoints en charge (Mmes BULLET et RADAOARISOA, MM. LAFON et HOUCINI).

JDLC est aussi un des membres du Comité Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD) de Fontenay depuis sa création.

Ce lien de partenariat avec la Mairie se fait sous l’égide du département des Hauts-de-Seine. Le département délègue, finance, soutient et contrôle. JDLC rend compte plusieurs fois par mois aux services du département tant sur le fonctionnement global, avec la conseillère technique, que sur des questions de budget et de recrutement, avec le service de contrôle. Parmi les étapes clefs chaque année, les réunions budgétaires, les rapports (finances, activités, statistiques), la validation des comptes ; et tous les 5 ans l’évaluation obligatoire, dite « évaluation unique ». Cette évaluation suit le référentiel national qui a été mis à jour en 2022 pour les 40 000 établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) français. Le résultat des futures évaluations conditionnera le renouvellement de l’habilitation de JDLC en 2031.

Bien sûr, dans nos discussions budgétaires avec le département, JDLC souhaiterait toujours obtenir plus de postes et de moyens, devant l’immensité des besoins. Mais il s’agit aussi de faire bon usage des deniers publics, dans un domaine où il est difficile de mesurer le résultat de son travail, où l’on ne sait pas avec certitude si on a su prévenir des problèmes plus graves.

Rejoindre JDLC en tant qu’adhérent ou membre du Conseil d’Administration

La forme associative nous permet de mobiliser des gens du territoire comme bénévoles au Conseil d’Administration : nos administrateurs sont proches du terrain, connaissent leurs quartiers, les acteurs locaux, les attentes locales.

Administrateur est un rôle clef. Par exemple, en 2021, sous l’impulsion et avec le soutien de Georges SIFFREDI, président du Conseil Départemental des Hauts-de-Seine, et de ses services, le Conseil d’Administration a lancé une nouvelle dynamique de l’association. C’est le CA qui a institué un fort renouvellement en son sein, c’est le CA qui a piloté la réflexion stratégique pour recentrer l’association sur les missions de prévention spécialisée, c’est le CA qui a donné son avis dans le recrutement de la directrice et dans les projets d’amélioration des modes d’action.

Pour cela, les administrateurs se réunissent environ 5 fois par an, et revoient les comptes-rendus, les rapports, les finances. Ils ont droit de regard sur l’ensemble des activités et dépenses de l’association. En octobre, ils valident le budget proposé au département pour l’année qui suit, soit environ 1,2M€ par an. Tout au long de l’année, ils ont collectivement une responsabilité de gouvernance pour garantir que l’association soit efficace et éthique dans son action et son utilisation des subventions publiques et des dons.

Parmi les administrateurs, ceux qui ont un rôle exécutif (Vice-Président, Trésorier, Secrétaire) ont des délégations du Président pour la conduite de l’Association, superviser le directeur de l’association et contribuer à la direction de l’Association. Ils y consacrent plusieurs heures chaque mois, en fonction des besoins.

Au 1er janvier 2024, les 10 membres du conseil d’administration sont:

  • Président Yves-André GAGNARD (fontenaisien), Vice-Présidente Brigitte SENNE (robinsonnaise), Secrétaire Elisabeth GAILLARDE (viroflaysienne), Trésorier André GABIRON (antonien) et Trésorier adjoint Patricia GUYON (fontenaisienne)
  • Autres administrateurs : Geneviève AMIOT (fontenaisienne), Thibault BAZOT (fontenaisien), Anne BEAUCHAMP (scéenne), Mac Khoi PHAM (scéen), Jérôme RAVET (réginaburgien)

Le Conseil d’Administration recherche en permanence à se renouveler, et à attirer des personnes qualifiées. Nous sommes attentifs à constituer une équipe variée : en activité ou en retraite, spécialiste du social ou issu du privé, avec ou sans engagement associatif préalable. Le profil souhaité pour un administrateur est bien sûr d’abord la motivation pour aider les jeunes, pour soutenir des familles moins favorisées. S’y ajoute l’expérience – gestion d’équipes, de budget, connaissance du secteur social –, indispensable pour l’approche professionnelle que nous nous efforçons d’appliquer dans l’ensemble de notre association, y compris pour le Conseil d’Administration bénévole.

Pourquoi pas vous ? Devenir administrateur permet de mieux comprendre et contribuer au volet protection de l’enfance, prévention, et jeunesse de notre commune. Pour des cadres en activité, il donne l’expérience d’une position dans un conseil d’administration. C’est surtout une façon d’aider notre communauté d’une façon relativement moins connue : le bénévolat de compétence. La mission d’administrateur de JDLC est à ce titre validée par la plateforme gouvernementale du bénévolat JeVeuxAider.gouv.fr

Si vous-même ou d’autres personnes que vous connaissez sont intéressés, n’hésitez pas à nous contacter.

Contacts :

Président : Yves-André GAGNARD (Courriel :  yag@jdlc92.fr )

Directrice : Lynda ELAKREDAR (Courriel : direction@jdlc92.fr )

(Précision : une partie de texte est basée sur l’article de G. BARDIER pour la Gazette de Sceaux du 7/12/2023)

Fin de l’article

 

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