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Histoire de quelques reconstructions à Fontenay ou la résidence Saint-Prix vue de la rue des Potiers

Monsieur Candide : certains de nos lecteurs sont surpris de l’opposition à la construction des 38 logements sociaux construits rue des Potiers.

Regardons la situation en 2015 : 14 studios dont l’apparence, sur la rue des Potiers, se rapprochait plus d’une prison que d’appartements pour familles et enfants :

Comme toujours, de grands progressistes préférèrent se battre pour la défense des arbres du lieu plutôt que pour le relogement des familles dans des conditions humaines acceptables.

La police dut intervenir pour faire évacuer des gens qui préféraient l’opposition physique aux arguments :

Le but de cette destruction de 14 studios pour la construction de 38 logements était de :

  • Reloger des gens dans des conditions acceptables
  • Classer ces logements, reconstruits, dans le cadre juridique classique des logements sociaux
  • Supprimer des taudis passoires thermiques

La mauvaise foi de certains sur cette reconstruction, évidente, se concrétisera, également, dans un autre dossier : Saint-Prix, avenue de Verdun.

Ilot Saint-Prix

Que lisons-nous, sous la plume de certains ?  « Le projet de démolition/reconstruction de Saint-Prix … prévoit bien la reconstruction des logements sociaux avec ajout de logements privés supplémentaires. Les plans montrent bien que ces constructions sont prévues sur l’actuel espace boisé classé. La résidence Saint-Prix est donc promise à la destruction après avoir fait l‘objet d’une rénovation énergétique majeure il y a seulement 8 ans : une aberration !  C’est un abandon du patrimoine public aux promoteurs privés, éloignés de l’intérêt général. »

Source : Article : Notre reponse au Maire Laurent Vastel à son article du 18 decembre 2023 sur le site « Les Nouvelles de Fontenay »

Les mots « locataires », « résidents » ne sont pas mentionnés.

Cette triste réalité, sur l’autre façade, avenue de Verdun, est ainsi occultée.

Aujourd’hui, en 2024, les habitants de cette « merveilleuse résidence » n’ont pas totalement la même perception que les « laudateurs » ci-dessus : un témoignage de locataires :

« J’habite la résidence Saint-Prix depuis 2014, en rez-de-chaussée. Depuis plusieurs années, les cafards ont envahi mon appartement alors que je jette mes poubelles tous les jours et que j’entretiens mon logement. Ils sont partout, dans les toilettes, les armoires, sur mon lit et dans celui de ma fille. Les cafards continuent malgré les interventions du bailleur. Le nid est certainement caché dans les anciennes colonnes de vide-ordure et donc inaccessible. L’application de gels anti-cafards et les fumigations dans l’appartement nous offrent un peu de répit … J’ai hâte de pouvoir m’installer ailleurs… »  Nathalia habitante rue de Verdun.

Monsieur Candide : d’où vient la situation de cette résidence ?

Cette résidence a été construite à la va-vite dans les années 1959-1961 sur les « jardins à la française » du parc du château de La Boissière.  Le constructeur était la SCIC, filiale de la Caisse-des-Dépôts-et Consignations dite CDC.

Cet immeuble fut ensuite intégré dans un autre « parc », le parc immobilier d’Icade, nouveau nom de la SCIC, toujours avec un statut de « logements privés ».

  • 1991- Cet ensemble, rapidement, connait des problèmes et il est envisagé de le démolir ; des appartements sont murés mais ce projet sera sans suite.
  • 2010 : revente de cette résidence à la société d’HLM Coopération-et-Familles avec la complicité de la municipalité fontenaisienne de l’époque.

Dans cette vente, les seules préoccupations de l’équipe municipale de Fontenay, en 2010, seront :

  • Augmenter le taux de logements sociaux de la Ville pour sauver sa situation politique (elle sera cependant battue en 2014).
  • Toucher, rapidement, les droits de mutation pour améliorer la situation de trésorerie de la Ville (de l’ordre d’un million d’Euros)
  • … Aider à choisir la peinture pour repeindre les extérieurs.

Que cette opération financière, avec d’autres à Fontenay, pour un total de 1.400 logements, ait fait perdre à la Ville environ 1 millions de taxe foncière annuelle, sur 15 ans, soit au total 15 millions d’€, n’avait, selon ces gens, aucune importance

Monsieur Candide : oui mais cette opération permettait de laisser les immeubles dans le « public » :

C’est l’inverse !  Cette municipalité de l’époque, en 2010, a favorisé la vente au « privé » (groupe AXA aujourd’hui) alors que le propriétaire précédent, la Caisse-des-Dépôts, était 100% publique :

La phrase vue ci-dessus, « C’est un abandon du patrimoine public aux promoteurs privés, éloignés de l’intérêt général » » aurait dû être prise en compte en 2010 …. Jésuitisme ?? Dialectique ?

Monsieur Candide : Poursuivons cette histoire de Saint-Prix :

  • En 2013-2014, on améliore la chaufferie et des travaux d’isolation thermique par l’extérieur sont menés avec peinture de quelques parties communes … En clair, on gère les apparences sans changer le fondamental : ces immeubles, construits à la va-vite, ne peuvent pas être remis structurellement à niveau, principalement celui qui donne sur l’avenue de Verdun, plein Ouest, surélevé à 10 étages, attaqué par la pluie et rongé d’humidité.
  • En 2010, ces immeubles de 1960 ont déjà 50 ans et vont être refinancés sur une durée de 30-50 ans.

  • 2015 : les locataires portent plainte, les Services d’Hygiène interviennent et demandent au bailleur d’intervenir.
  • 2017 : le projet de réaménagement de la place du marché prévoit la destruction d’une ou deux cages d’escalier de l’immeuble sur l’avenue de Verdun… mais tout sera arrêté.
  • 2018 : fusion de Coopération-et-Familles avec deux autres sociétés HLM pour créer « 1001 Vies », filiale du groupe AXA
  • Les propriétaires se sont ainsi succédés : SCIC > Icade > Coopération et Familles > 1.001 Vies > AXA…. Et demain ???
  • 2019 : Le Président du Directoire de 1.001-Vies reconnait la « vétusté» de la résidence et propose une opération de renouvellement total : en clair, destruction et reconstruction.

Monsieur Candide : ce projet de démolition-reconstruction, c’est parfait pour les locataires qui vont être relogés dans des conditions normales et au vu de l’état actuel de la résidence :

Quel est l’état de cette résidence ? Habitat indigne ?  logements indécents ? logements insalubres ?  Pour qualifier, le Code Civil, associe dégradation du bâti, insuffisance du confort minimum, présence de nuisibles, problèmes d’étanchéité, …

Certains responsables fontenaisiens se moquent de ces problèmes en  reprenant leurs propos déjà connus pour les logements sociaux aujourd’hui construits rue des Potiers, … ils ont déjà jugé :

« … La résidence Saint-Prix est donc promise à la destruction après avoir fait l‘objet d’une rénovation énergétique majeure il y a seulement 8 ans : une aberration ! On peut comprendre l’inquiétude de leurs habitants. Ce projet implique aussi la disparition du très bel espace boisé qui comporte de grands arbres remarquables. »

Source : Notre lettre d’info –Automne 2023 EELV Fontenay 

Aucune remarque sur l’état des appartements, sur les plaintes déposées par les locataires …

Monsieur Candide : mais pourquoi ne pas démolir et reconstruire en relogeant les gens et en développant, à terme, la mixité sociale ?

Parce que les « grands-stratèges-financiers » au pouvoir à la mairie de Fontenay en 2009-2010 ont laissé faire toutes ces opérations de vente-rachat avec, répétons-le, des financements sur 30-50 ans pour lesquels la Ville, généralement, s’est portée caution.

Revenons à l’important, aux locataires ; aujourd’hui, en 2024, ces immeubles Saint-Prix sont devenus quasi- insalubres ; construits en toute rapidité pour loger les gens durant les Trente-Glorieuses, ces bâtiments, aux normes de l’époque, ayant changé (X + Y)² fois de propriétaires, … devraient aujourd’hui être démolis mais les emprunts mis en place en 2010 courent toujours: ils ne sont pas encore remboursés ; le capital restant dû reste important, de l’ordre de 50 % du montant initial de 2010, et le bailleur 1001-Vies-Habitat a besoin de sécuriser son endettement, pas d’accélérer ses remboursements.

Données financières sur ce bailleur : les dettes représentent 65% des ressources (maximum autorisé):

et augmentent de 4.8% en un an :

Le compte de résultat évolue à la baisse :

(Les comptes 2022 ne sont pas en ligne)

De plus, l’augmentation actuelle des taux d’emprunts ne saurait être favorable à ce bailleur social.

Dit autrement, demander à « 1.001-Vies » de détruire cette résidence, c’est lui demander de rembourser « cash », par anticipation, l’emprunt en cours sur l’immeuble, ce qui semble impossible, comptablement et financièrement.

La démolition des immeubles non aux normes fait partie de l’activité des bailleurs sociaux et concernent 10.000 logements/an :

Beaucoup de beaux parleurs ne parlent que des arbres, ne se préoccupent pas des locataires. Ils n’y habitent pas et, pour certains, directement à titre personnel ou à travers leur parti politique en mairie en 2010, sont responsables de cet imbroglio.

Dans 20 ans ou 30 ans, en 2050, quand les emprunts des années 2010 seront (éventuellement) remboursés, que restera-t-il de ces immeubles ? que faudra-t-il faire ? Certains le savent déjà !

L’espoir, une des rares choses que l’on entretienne à peu de frais – souvent même pour rien.”     Pierre Daninos

Jean-Michel Durand

Maire-adjoint aux Finances  et Logements-Sociaux 2014-2020

Jean-michel.durand50@orange.fr

 

 

 

 

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