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Fontenay-aux-Roses, la santé publique et les rats

Dans son article intitulé « Hauts-de-Seine Habitat : le point sur les réparations, les dépôts d’ordures et les rats », mis en ligne le 23 mai, Astrid Brobecker a bien raison de rappeler que “La lutte contre la prolifération des rats est un enjeu majeur en terme de santé publique”. Elle précise: “La ville et le territoire sont sollicités par ailleurs mais ne semblent pas se saisir du problème.”

Il est bon de se souvenir que le 8 novembre dernier, en conseil de quartier des Blagis, le maire de Fontenay-aux-Roses, Laurent Vastel, avait été interrogé sur l’importante prolifération des rats dans ce quartier. Selon le compte-rendu d’Astrid Brobecker et Jean-Yves Sommier, il avait répondu: « Il y a des rats partout ; la dératisation ne sert à rien, et cela ne pose pas de problème de maladie. C’est plutôt l’homme qui lui en transmet ». Surprenant, c’est le moins que l’on puisse dire, de la part d’un professeur de médecine. Un peu plus tard, j’avais eu personnellement l’occasion de l’interpeller sur ces propos. Il consentait juste à reconnaître que les rats sont “une nuisance”.

Ces propos rappellent ceux tenus par une élue parisienne, que l’Académie nationale de médecine cite dans un communiqué publié le 15 juillet 2022 et intitulé « Entre le bien-être du rat d’égout et la santé publique, faut-il choisir ? » (https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2022/07/22.7.15-Communique-PCRA-30-Rats-degout.pdf). Ladite élue avait demandé de « légitimer la place des rats dans la ville », de reconnaître leur utilité comme « auxiliaires dans la gestion des déchets en ville », de les nommer « surmulots pour éviter de les stigmatiser », et de renoncer à les éliminer au nom du « bien-être animal ». Des propos ingénus « qui bénéficient parfois d’une écoute favorable », dixit l’Académie…

Laurent Vastel ferait mieux de prendre connaissance de ce que disent ses pairs sur les risques représentés par le rongeur. “Le rat reste une menace pour la santé humaine en raison des nombreuses zoonoses transmissibles par ses exoparasites, ses déjections, ses morsures ou ses griffures”, écrit notamment l’Académie. Son communiqué rappelle que « c’est par la puce du rat, Xenopsylla cheopis, que se transmet la peste bubonique ». Il précise aussi que les urines du rongeur « peuvent contaminer l’environnement par des leptospires ; il est le principal réservoir mondial de la leptospirose, maladie redoutable”, notamment pour les personnes exposées professionnellement comme les égoutiers ou les propriétaires de rats domestiques, poursuit l’Académie nationale de médecine. Autre risque : « La morsure du rat peut inoculer une bactérie présente dans sa salive, Streptobacillus moniliformis, qui peut provoquer une septicémie rapidement mortelle en l’absence d’une antibiothérapie précoce ». N’en jetez plus !

La bestiole n’est donc pas forcément très sympathique. Il ne s’agit évidemment pas de paniquer : nous ne sommes pas confrontés à la situation décrite par Albert Camus dans son célèbre roman La Peste. Pour autant, il faut regarder la réalité en face et accepter d’écouter les scientifiques. Autrement dit, il y a des impératifs de santé publique que les élus devraient prendre en compte au nom de l’intérêt général.

Laurent Ribadeau Dumas

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