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Etude sociologique sur Fontenay-aux-Roses : Le commerce à Fontenay, essai de proposition

Monsieur Candide : Poursuivons notre analyse du commerce à Fontenay : Les solutions actuellement développées sont-elles à la hauteur des problèmes ?

Comme nous allons le voir, les solutions actuellement développées ne sont pas à la hauteur du problème :

La « préemption » :

Disons deux mots de la « Préemption » des murs par la Ville : cette politique parait de faible impact : elle permet à la mairie de prendre le contrôle des murs des boutiques et d’imposer le type de commerce souhaité (s’il y a des candidats) mais, si le type d’activité souhaité ne peut survivre, il n’ y a aucun intérêt à préempter : la propriété des murs ne crée pas une opportunité économique et les locaux vides de la Place de la Cavée resteront vides quels que soient les propriétaires : qui aurait intérêt à  venir dans les circonstances actuelles ? telle est la question sérieuse !

En clair, la préemption n’a un impact que là où il y a demande commerciale.

Un marché de nuit :

Impact marginal (si positif) !

Monsieur Candide : quelles sont les solutions ?

Il y en a quatre, complémentaires :

  • Augmenter numériquement la population éminemment solvable de la ville pour compenser, sous l’aspect économique, la transformation des 1.400 logements Icade en logements sociaux (Erreur dramatique de l’équipe municipale de 2010). A ce titre, les réactions de certains Fontenaisiens à la construction de 1.500 ou 2.000 logements après une stagnation de la population pendant 25 ans, interrogent par le refus de prendre en compte l’ensemble des paramètres, dont les aspects économiques (+ garantie de non-fermeture de classe, + mixité sociale, + amélioration des ressources de la ville, …).
  • Réaménager l’axe « Avenue-Lombart / rue Marx-Dormoy » connaissant déjà un certain succès commercial (magasins en sortie du RER, trafic automobile) et le développer commercialement pour :
    – profiter du transit de véhicules entre Bagneux et Sceaux (flèches rouges sur carte ci-dessous) et prendre en compte que l’ouverture récente du métro à Bagneux va conduire à une augmentation du trafic sur cet axe par le transit (voitures, vélos, …) de gens venant de banlieues plus éloignées et allant prendre le métro urbain à Bagneux.
    –  prendre en compte la nouvelle clientèle des immeubles prévus localement (Nexity, Hauts-de-Seine-Habitat, Toit & Joie)
    – remonter sur la rue Marx Dormoy les commerces en pied d’immeuble à Scarron de manière à ce qu’ils vivent de quatre clientèles : les immeubles Scarron, les immeubles Sorrières, les nouveaux immeubles rue Marx Dormoy et le trafic de passage.
    L’immeuble à construire par Toit-et-Joie rue Marx Dormoy (en statut d’accession sociale à la propriété) inclura commerces et places de stationnement sur rue (par la Ville) pour permettre l’arrêt de la clientèle à travers le flux passant de voitures et vélos.

  • Développer une approche commerciale spécifique à la reconstruction des Blagis avec l’apport en termes de pouvoir d’achat de 600 logements privés ; notons que les habitants actuels sont obligés d’aller à Sceaux (quelques centaines de mètres) pour leurs achats puisque les commerçants Fontenaisiens les plus proches sont à Scarron ou au centre-ville, beaucoup trop éloignés.
  • Capter des clientèles extérieures à Fontenay : Mettre en place des moyens pour capter la clientèle des habitants des nouveaux immeubles du Panorama à Clamart, habitants clamartois mais situés géographiquement à une relative proximité des commerces fontenaisiens. En ce sens, le maintien voire le développement de parkings en centre-ville de Fontenay présentent toute sa logique pour compenser le dénivelé. (Flèche noire sur carte ci-dessous).

En synthèse, sauf à mettre en force un plan de redynamisation fort avec apport de nouvelles clientèles fontenaisiennes, complété par des apports en clients extérieurs ou en transit-voiture/vélo, avec les infrastructures nécessaires, le commerce à Fontenay continuera à stagner voire diminuera.

  • Revoir la rue Boucicaut :

Rendre cette rue piétonne serait, commercialement, illogique ; tous les commerçants rencontrés sont contre.

Cependant, il faut modifier cette rue qui se veut commerçante : elle est coupée en deux, avec une partie côté église (au Nord) et une autre, côté mairie (au Sud), avec une rupture commerciale entre ces deux sous-parties accentuée par un carrefour important ; pour comparaison, on pensera à l’unicité de la rue Houdan à Sceaux ou de la rue Auguste Mounié à Antony ; A Fontenay, il n’y a pas de continuité et, en plein centre-ville, le square entre le carrefour Dolivet/Boucicaut et la mairie est sympathique sous l’aspect « verdure » mais crée une discontinuité commerciale grave accentuée par une rupture commerciale sur l’autre côté (Nord) avec agences immobilières, sorties d’immeubles, murs aveugles sur plusieurs dizaines de mètres, l’aspect boutiques sous arcades accentuant la non-visibilité.

Ce plan matérialise l’aspect « tronçonné »  de la rue Boucicaut :

Le Panorama à Clamart : Risque pour le commerce actuel à Fontenay :

Nous avons indiqué l’opportunité pour le commerce de Fontenay à aller chercher la clientèle du Panorama à Clamart mais nous devons souligner que Fontenay court le risque inverse, à savoir que les Fontenaisiens ne quittent les commerces de la rue Boucicaut pour monter au Panorama où, au centre des nouveaux immeubles, se sont construits de nouveaux commerces, commerces de détail et de qualité, avec déserte par parking. Leur publicité est indicative :

On voit ainsi les boutiques de la Place de la Cavée rester vides quand de nouveaux commerces se sont installés rapidement et avec succès à distance proche, à Clamart.

Le risque de perte de clientèles pour le commerce fontenaisien pourrait se matérialiser en quatre zones :

Monsieur Candide : cette approche que vous proposez pour Fontenay conduirait-elle à ne pas minimiser le rôle de la voiture ?

Pour faciliter la vie de la population, il faut effectivement permettre à chacun de se déplacer avec le moyen correspondant à ses besoins, son âge, sa condition physique, son lieu d’habitation, les charges à porter, …    Tout le monde n’a pas 30 ans en vivant en plein centre-ville.

Il faut que les Fontenaisiens âgés, connaissant des problèmes physiques liés à l’âge ou à la maladie, … puissent venir faire leurs courses avec le moyen qui leur parait le plus adapté.

De plus, il faut permettre à des habitants des villes voisines de venir enrichir le commerce fontenaisien (on note que deux commerces spécialisés en centre-ville ont réussi déjà en ce sens).

Il convient d’ouvrir les yeux, avec pragmatisme et sans idéologie, pour constater que toutes les grandes réussites commerciales dans les villes adjacentes sont bâties sur une complémentarité « piétons – voitures – vélos » :

  • Le marché du Plessis qui a su acquérir un impact régional en favorisant parallèlement l’approche pédestre et la circulation des voitures : parking immense sous le marché et sur une avenue avec quatre rangs de stationnement (deux dans chaque sens).

Que dit la publicité sur ce marché :

  • La rue Houdan de Sceaux qui connait deux parkings, un à chaque extrémité, plus un à proximité grosso-modo au milieu, sous la médiathèque.

  • La rue Auguste Mounié à Antony, maintenue non piétonne, avec un parking récent en milieu de rue sous une place pavée piétonne servant de lieu de rencontre (restaurants, commerces, …).

En conclusion, pour Fontenay, nous conseillons fortement de prévoir les infrastructures adéquates dont parkings.

Monsieur Candide : quid de la réaction des habitants ?

Nous avons noté que certaines personnes habitant le centre-ville et pouvant aller faire leurs courses à pied quasiment en pantoufles sur 50 mètres seront, par égoïsme, contre notre approche en préférant défendre leur cadre de vie plutôt que de prendre en compte l’intérêt collectif (psychologiquement et socialement, même approche que celle présentée rue des Potiers contre les constructions d’appartements venant en remplacement d’immeubles non aux normes … !).

Imageons nos propos : une enquête sur le réaménagement du centre-ville d’Antony (ci-dessous) montre l’écart entre les voeux énoncés par les gens interrogés et la réalité de leur choix quotidien ; on s’annonce « cycliste » mais on ne prend son vélo que dans 2 à 3% des cas, la voiture dans 40% et les transports en commun dans 42-44% des cas). Selon l’Insee, les situations sur Fontenay et Antony sont très comparables.

En synthèse, les gens savent s’adapter à la réalité et doivent pouvoir choisir selon leurs besoins. Proposons que les « élites » suivent cette approche.

Analyse de l’Insee à Antony :

Résumons notre approche :

Jean-Michel Durand

Ancien maire adjoint aux Finances et  aux Logements Sociaux   2014-2020

4 Commentaires

  1. boulestreau marie-hélène boulestreau marie-hélène 16 mars 2022

    Comme souvent , commentaire très orienté et très peu impartial .”
    Qui veut noyer son chien , l ‘ accuse de la rage ” .
    .Fontenay est devenu une ville de transit depuis l ‘ élargissement de la rue Antoine Petit , et une ville – dortoir , depuis la construction de ces énormes tours .. La partie boutique sous les arcades a été ratée , sombre , boutiques peu visibles, et peu attrayantes . Et le bouquet : le Mail , sinistre ,exposé au vent , et une patinoire les jours de pluie , même invisibilité depuis la rue, pour ses commerces. Difficile de rattraper toutes ces erreurs accumulées , dès l ‘ après guerre.
    Ce ” trou ” du square, seul espace de respiration au milieu de la ville serait une calamité , et que penser de la place de la Mairie et de l ‘ Eglise,maintenant presque totalement minéralisées , alors ?
    La critique est aisée , mais il faudrait trouver des architectes, des urbanistes de génie pour repenser l ‘ ensemble et proposer des places de stationnement ,et une meilleure implantation et attractivité des commerces, et un plan d ‘ ensemble cohérent, car Fontenay est très étendu , très pentu , pas de solutions pour le stationnement , et il n ‘ y a que des jeunes sportifs qui puissent envisager d’ aller se ravitailler en vélo..
    Tout cela semble essayer de résoudre la quadrature du cercle, et ce n’ est pas en densifiant à outrance, en démolissant les pavillons anciens qui font encore,( et de moins en moins), le charme de la ville qu ‘ on y parviendra .
    Bon courage à ceux qui vont oser s ‘ attaquer à ce chantier titanesque.. mais considérant le devenir de la rue des Potiers , entre autres , on peut s ‘ attendre au pire !

  2. Daniel Beaucourt Daniel Beaucourt 16 mars 2022

    Bonjour, Je lis régulièrement vos articles toujours très argumentés et souvent pertinents. Concernant la rue Lombard, nous avons perdu ces dernières années trois magasins : le festin de Babette, le magasin marchait bien les propriétaires sont partis en retraite. Locaux récupérés par la pharmacie, (sans avantage pour les riverains) , le fleuriste, la boucherie (local récupéré par l’épicerie). A une époque un jeune boucher s’y était installé, il vendait une excellente viande. A son départ un autre boucher l’a remplacé. Il n’a pas compris qu’il devait se distinguer des supermarchés. La concurrence l’a ruiné… Globalement les riverains de la rue Lombard y ont perdu. J’avais proposé que le PLU prévoit de rénover le haut de la rue Lombard (aspect anarchique, proximité RER). Apparemment rien de tel n’est prévu. Concurrence non souhaitée avec le centre ville ?

  3. FRANCOISE MAITREHENRY FRANCOISE MAITREHENRY 16 mars 2022

    Article très pertinent. Agée, habitant dans le bas de Fontenay (près de la station RER), ayant énormément de mal à monter la rue Antoine Petit à pied, il m’arrive de prendre le 128 (rue Houdan) ou le RER (Robinson) pour aller faire mes courses à Sceaux. Pensons aux personnes âgées qui ne peuvent circuler en vélo ou qui ont du mal à monter les pentes à pied. Que ceux qui ont la chance de vivre en centre ville pensent un peu aux autres.

  4. Vitalis Vitalis 16 mars 2022

    Bonjour je trouve vos articles pertinents en revanche l’allusion faite aux habitants de la rue des Potiers est très réductrice et ne reflète aucunement le fond du problème posé. Les habitants n’étaient en rien contre de nouveaux bâtiments aux normes mais contre le fait que ces immeubles dénature le paysage, supprime des places de parking etc alors qu’il était possible de préserver l’environnement visuel et les arbres qui étaient classés.

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