Coronavirus : le point sur la fermeture du marché de Fontenay aux Roses et d’ailleurs

Historique

Le chef du gouvernement a annoncé le lundi 23 Mars la fermeture des marchés ouverts. Par contre, le décret qui a été publié le mardi 24 Mars, n’autorise pas l’ouverture des marchés même couverts.

Le décret permet aux maires de déroger à ces règles lorsque le marché est le seul moyen, pour les habitants d’un village par exemple, d’accéder à des produits frais ou le seul moyen pour des agriculteurs de vendre leurs produits.

Par contre, toutes les dérogations pour les marchés couverts ont été refusées par les préfets de chaque département.

La mairie de Fontenay a demandé une dérogation, pour le marché couvert de Fontenay, comme les maires d’Antony, Sceaux, mais cette dérogation n’a pas été acceptée par le préfet des Hauts de Seine qui n’entend pas déroger à la fermeture des marchés, même couverts. (Voir article précédent)

=> Le Conseil d’Etat aurait été saisi par des maires pour aller à l’encontre  de la décision du 24/03 matin de fermer aussi les marchés couverts 

Fonctionnement du marché de Fontenay

Compte-tenu du contrôle à l’entrée effectué par des vigiles payés par les commerçants, samedi dernier, le fonctionnement du marché s’était très bien passé.

En particulier, Il y a 2 producteurs de Saulx les Chartreux pour qui le marché de Fontenay est le seul moyen de vendre leurs produits.

 

Quelles sont les conséquences ?

Décision brutale pour les clients des marchés de Fontenay, comme ailleurs

Il n’y a pas d’équivalent pour certains commerces, (comme la poissonnerie, la boucherie et la charcuterie, les traiteurs… ) dans certains quartiers.

Des prix en hausse dans les commerces de bouche

Les clients n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les épiceries de quartier et les commerces de bouche, ce qui fait augmenter la note.

Pertes d’exploitation pour les commerçants et les producteurs locaux

Pour certains commerçants, leur seuls points de vente sont des marchés. Ils en font plusieurs dans la semaine dans des communes voisines.

Sans la vente directe, les producteurs locaux auront du mal à écouler leur produits et les stocks s’accumuleront. Ils ont également des pénuries de main-d’œuvre liée aux restrictions de mobilité

Un exemple de réaction que nous avons reçu:

Bonjour,

Nous vous contactons suite à l’annonce aujourd’hui du gouvernement, d’interdire les marchés sauf dérogations préfectorales.

Nous ne comprenons pas cette décision de la part de nos élus et dirigeants.

Les marchés, interdits, vont nous forcer à augmenter la fréquentation des supermarchés. C’est l’effet inverse de ce que le bon sens -et autres- préconise pour nous protéger du virus. Et complètement contradictoire avec la situation de confinement, de réduire nos interactions, de limiter nos déplacements : les supermarchés ne sont pas proches des domiciles.

Et puis, des supermarchés, supers marchés, hyper marchés, marchés géants. Marchés d’intérieur, ventilés mécaniquement, où l’interaction humaine est augmentée, concentrée. Les possibles surfaces de contacts entre personnes sont démultipliées dans un supermarché : portes des espaces réfrigérés, caddies, paniers, sacs, balances, produits en rayons, etc.

Toujours au niveau sanitaire, où est le bénéfice entre : 

– Un producteur et exploitant local, qui vend directement ces produits sur le marché en plein air. Il sera, lui et ces quelques employés s’il en a, les seuls en contact des produits avant leur vente.

– Avoir une industrie alimentaire puis de la grande distribution, avec une infinité de contacts sur les produits et entre employés, au fil de la chaîne de production et d’approvisionnement jusqu’à la vente en grande surface. On peut simplement énumérer : producteurs, transporteurs, ouvriers de l’agroalimentaire, ouvriers logistique, camionneurs, manutentionnaires, magasiniers, vendeurs, caissiers. 

– Tous ces employés vont manipuler les produits de base qu’on trouverait aussi en marché en plein air et se côtoyer au quotidien.

Enfin, que vont devenir les productions de nos exploitants locaux ?

Ceci favorise encore et toujours l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution. Au détriment de l’humain. Celui qui travaille la terre qui ne pourra en vivre. Celui qui travaille pour le complexe agroalimentaire et de la grande distribution qui ne peut pas rester confiné, forcé aux interactions. 

Celui qui achète et se retrouve avec tout le monde, au même endroit, en intérieur, loin de son domicile et des préconisations sanitaires.”