La surdensification programmée du quartier des Blagis : une ZAC pour atteindre plus de 39 000 habitants/km² en fin de réalisation. Au bénéfice de qui, habitants ou promoteurs ?

Source : http://www.pourfontenay.fr/blog/la-surdensification-programmee-du-quartier-des-blagis-une-zac-pour-atteindre-plus-de-39-000

Le quartier des Blagis et la nécessaire rénovation des immeubles sociaux.

Le quartier des Blagis d’une surface de 8 hectares (0,08 km²) est un quartier comportant 833 logements sociaux, la plupart étant dans des immeubles de 4 étages, un seul en comportant 8. Avec ses 1800 habitants*, soit une densité de plus de 22 000 habitants/ km², c’est un quartier très dense. Il a cependant de grands espaces verts, qui, quand ils sont bien entretenus, offrent un cadre de vie agréable et permettent aux habitants de pouvoir sortir aisément.

Construits, comme les autres cités de la Ville, entre la fin des années 50 et jusqu’au début des années 90, ces immeubles avaient besoin d’une grande rénovation pour les mettre aux normes de confort actuelles, en particulier l’isolation phonique et thermique et l’installation d’ascenseurs.

Peut-on rénover sans détruire ?

Pour une rénovation de ce type à Bordeaux, le Prix d’architecture Pritzker 2021, considéré comme le Nobel de l’architecture, a été attribué à Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, deux architectes français spécialistes du logement urbainCe prix international, créé en 1979 et décerné chaque année à des architectes vivants pour une réalisation significative, est la plus haute distinction de la profession. **

« Non seulement Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal ont défini une approche architecturale qui renouvelle l’héritage du modernisme, mais ils ont également proposé une nouvelle définition de la profession même de l’architecte ». C’est en ces termes que le jury du prix Pritzker motive son choix, avant de préciser que « leur travail répond aux urgences climatiques et écologiques de notre temps, ainsi qu’aux urgences sociales, en particulier dans le domaine du logement urbain ».

Oui, on peut rénover sans démolir.

Cette approche de la rénovation permet de garder le cadre de vie des habitants, leurs liens entre eux, et n’entraine pas de sur-densification.

Ce type de rénovation est de plus en phase avec les enjeux de la transition énergétique : elle consomme beaucoup moins d’énergie et de matériaux. C’est le type de rénovation à privilégier dans le monde d’aujourd’hui, pour préparer le monde de demain.

Pourquoi Le Maire, le Territoire et le Département ont-ils décidé de raser tous les immeubles sociaux ?

Pour rénover ce quartier, les élus locaux, très « ancien monde », ont décidé de raser un par un tous les immeubles sociaux, en créant une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté).

Ils utilisent la nécessaire rénovation des logements sociaux, pour réaliser une opération de sur-densification. Ils rajoutent aux 833 logements sociaux qui doivent être reconstruits, 600 logements concédés à la promotion immobilière privée. En tout 1433 logements.

Ainsi quand la ZAC sera terminée il y aura, plus de 3150* habitants aux Blagis soit une densité de plus de 39 000 habitants/km² !! Près de 4 fois plus que la densité moyenne de Fontenay qui est de 10 200 habitants/km².

Des conséquences de cette surdensification

Le béton arrive en force, les espaces verts publics sont fortement réduits, l’opération de préfiguration aux Potiers donne un avant-goût de ce qui va se passer : même des arbres protégés d’un Espace Boisé Classé ont été abattus et le terrain entièrement rasé avant le début des travaux, sans attendre les décisions de justice prévues moins d’une semaine après***.

Le permis de construire**** pour la première tranche de travaux a été déposé : ce sont des immeubles de 30 m de haut ( Rez de Chaussée + 9 étages) « des immeubles de taille moyenne » indique la plaquette de présentation en papier glacé de la ZAC…

La livraison de cette première tranche est annoncée pour 2024. Il y a 7 tranches…

La durée prévue de réalisation de cette ZAC est passée de 10 à 16 ans, soit fin des travaux en 2037. Un quartier qui va vivre pendant 16 ans, voire plus dans un chantier permanent avec bruits, pollutions et norias de camions sera-t-il attractif ?​

Pratiquement pour ce quartier de plus de 3000 habitants aucun équipement public nouveau n’est prévu, à part une salle de boxe. Ni école, ni bureau de poste : on ferme même celui des Blagis situé à 100 m à Sceaux.

Les terrains de sports actuels, terrain de basket et terrain de football vont disparaitre dès que la 1ère tranche sera lancée. Les nouveaux terrains de sports ne sont pas prévus avant 2025. Où vont aller tous ceux qui les utilisent quotidiennement ?

La ZAC des Blagis ira-t-elle jusqu’au bout de sa réalisation ?  

Cette opération immobilière de longue durée, 16 à 20 ans, va avoir de lourdes conséquences sur la vie du quartier. Elle va entrainer probablement un fort renouvellement des habitants. Est-ce un des buts de cette opération ?

Cette opération immobilière ira–t-elle au bout ? Des 2 grandes opérations immobilières qui ont été lancées à Fontenay, l’une en 1935 s’est arrêtée après la réalisation d’un immeuble (celui de la librairie, place de Gaulle); l’autre dans les années 1960 s’est arrêtée après 5 immeubles autour du mail Boucicaut , les derniers immeubles et la tour de 22 étages prévue à l’emplacement de la mairie n’ont  jamais été réalisés.

La ZAC paradis pour les promoteurs ?

Cette opération immobilière est une ZAC paradis pour les promoteurs : celui de la première tranche a appelé son ensemble immobilier à 9 étages « Le jardin d’Eden »

Un pavillon «  la maison du projet » a été inauguré samedi 22 mai par le maire, vice –président du Territoire, Conseiller Départemental sortant. Jeudi 27 après-midi, aux heures d’ouverture ce pavillon était apparemment fermé. En fait, ce n’est ni un agent de la ville, ni un agent du territoire, ni un agent du département, mais un promoteur qui a son bureau de vente à côté qui s’occupe de ce pavillon

Suzanne Bourdet   Michel Faye

* A Fontenay, le nombre moyen d’habitants par logement est de 2,2. Donc 833 logements correspondent à 833×2,2 soit 1832 habitants.

De même 1433 logements correspondent à 1433x 2,2 soit 3152 habitants

** http://www.pourfontenay.fr/blog/renover-plutot-que-casser-cest-possible-pourquoi-comment

*** http://www.pourfontenay.fr/blog/30-mars-2021-abattage-de-4-grands-arbres-proteges-au-square-des-potiers-sur-un-ordre-dun-maire

*** http://www.pourfontenay.fr/blog/abattage-darbres-proteges-square-des-pot…

**** http://www.pourfontenay.fr/blog/surdensification-aux-blagis-demande-de-permis-de-construire-des-immeubles-pour-154-logements-au

Sécheresse de l’été 2020. Etat de catastrophe naturelle non reconnu à Fontenay, à la différence de toutes les communes voisines dont Chatillon : Microclimat particulier à Fontenay, ou négligence et inefficacité du Maire ?

Le journal officiel du 7 mai 2021 a publié un arrêté   ministériel* en date du 20 avril 2021.

Cet arrêté porte reconnaissance, pour un certain nombre de communes, de l’état de catastrophe naturelle suite aux dommages causés par des mouvements différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols en 2020, principalement entre le 1 juillet et le 30 septembre.

Deux listes sont annexées à cet arrêté* :

– Une liste des communes faisant l’objet d’une constatation de l’état de catastrophe naturelle pour ce risque et aux périodes indiquées.
– Une seconde liste de communes dont les demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont été rejetées pour ce risque.

7 des 11 communes de notre territoire sont concernées, voir carte ci-avant, dont toutes les communes entourant Fontenay, soit Chatillon, Bagneux, Bourg La Reine, Sceaux, Antony, Chatenay-Malabry et le Plessis-Robinson.

Les habitants de ces communes ont jusqu’au 17 mai 2021 inclus, pour contacter à ce sujet leur assurance.

La sécheresse a-t-elle miraculeusement épargné Fontenay qui est pourtant fortement concernée par ce risque (voir carte** des risques annexée   au PLU) ?

La réponse est donnée par la seconde liste de communes : La ville de Fontenay n’a pas demandé cette reconnaissance !

Négligence du Maire, dû à son désintérêt pour Fontenay et/ou conséquence du cumul des mandats ? Le maire est en effet aussi conseiller départemental, Vice-président du Territoire, Conseiller Métropolitain du Grand Paris. Cette boulimie de mandats montre son inefficacité !

En tout cas les habitants des maisons affectées par ce risque lors de l’été dernier, ne pourront pas se retourner vers leurs assurances.

Les propriétaires fontenaisiens vont subir l’augmentation de 18% de la part communale de la taxe foncière, qui compense le refus d’imposer au promoteurs une taxe d’aménagement au taux maximal ( 5% ou 9% au lieu de 20% comme à Bagneux ou à Clamart). Ils payeront en plus les travaux de consolidation de leur maison.

Suzanne Bourdet    Michel Faye

https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=GBvgUKHKeeZs1ZeR0qI6hGtNZ…

** https://www.fontenay-aux-roses.fr/fileadmin/fontenay/MEDIA/environnement…

Vois aussi : Sécheresse : catastrophe naturelle reconnue pour 13 communes des Hauts-de-Seine

Quartier des Blagis : Un jeune tué dans une rixe le 6 avril*, un jeune entre la vie et la mort dans une nouvelle bagarre fin avril.

Nous présentons nos condoléances les plus sincères aux familles, et nous affirmons notre solidarité avec les habitants du quartier.

Certains en tirent argument pour leur « chapelle », pour justifier de casser et construire en neuf. En neuf, donc plus cher, trop cher pour ces jeunes abandonnés depuis longtemps. Un désespoir accru par la pandémie, une absence de perspective, un avenir plombé. Des politiques d’arrière-garde.

Pour ces jeunes écrasés avant d’avoir pu construire un futur, pour leurs familles, pour les plus jeunes comme pour les plus âgés, rénover sans casser les logements, préserver le terrain de basket des Blagis et l’utiliser pour développer le tissu social, proposer des formations ouvrant immédiatement sur un emploi stable, c’est possible, nous en avons souvent parlé dans ce blog.

Et pour un futur apaisé, agir très tôt. Le groupe scolaire de la Roue, enseignants, psychologue scolaire et ses collègues du Rased, médecin scolaire, personnel municipal,  font un travail remarquable, dans des conditions parfois difficiles. Mais après l’école ? Mais le mercredi et les week-ends ? Mais pendant les pauses méridiennes (heures de cantine) ? La Ville (crèches, écoles maternelles, écoles élémentaires), puis le Département quand il s’agit du collège (Collège des Ormeaux) ont un rôle capital, pour assurer la prévention indispensable à certaines familles, en s’appuyant quand c’est nécessaire sur la police municipale et la police nationale. Et en renforçant les équipes éducatives du périscolaire, du Club pré-ados, avec des objectifs de réussite éducative.

Ne pas chasser ni laisser pourrir, ne pas sur-densifier, mais éduquer, dialoguer, construire des avenirs pour ces jeunes.  C’est un engagement  humain, citoyen, solidaire, c’est lent, c’est long, c’est autre chose que les effets de manche ou les déplacements de population, ce sont nos futurs.

Suzanne Bourdet   Michel Faye

http://www.pourfontenay.fr/blog/les-paradis-meritent-mieux