L’urbanisme est un sujet qui touche tous les Fontenaisiens car il s’agit de leur cadre de vie, qu’ils soient propriétaires ou locataires, qu’ils vivent dans des immeubles ou en maisons individuelles.
L’association CIVIFAR qui agit pour le développement d’une participation citoyenne à côté de nos élus sur les sujets d’intérêt général estime que la Charte de la Démocratie Participative adoptée officiellement par le conseil municipal en avril 2023 doit s’appliquer à l’urbanisme.
L’article 3 de cette charte indique :
« La Démocratie Participative s’appuie sur une information complète, rapide et objective des habitants, leur permettant d’accéder à la connaissance de ce qui se passe ou se prépare dans la cité.
Pour les projets significatifs de la Ville, la municipalité s’engage à :
- informer le plus tôt possible les habitants (affichage sur les panneaux municipaux, site Internet, Fontenay MAG, comités d’habitants, réunions de quartier, conseils de quartier, présentations publiques interactives des différents projets… etc.)
- mettre à disposition tout document légalement communicable.
- créer un espace de libre expression sur le site Internet de la Ville pour favoriser l’expression pluraliste des différents points de vue.
- faire connaître les différentes options éventuelles avant le choix final. »
Cette charte s’applique-t-elle à l’urbanisme de Fontenay ?
Force est de constater ce n’est pas le cas et que les Fontenaisiens sont peu ou pas informés, ni a fortiori consultés sur leurs souhaits en matière d’urbanisme, de constructions et d’espaces verts.
Absence de vision d’urbanisme sur le long terme définie avec le concours des habitants
Il n’existe pas de plan d’ensemble décrivant l’évolution souhaitable de la ville dans les prochaines années. On semble admettre que l’organisation actuelle de la ville est satisfaisante, et qu’on peut remplacer des immeubles et parfois des pavillons actuels par des immeubles plus hauts quand une occasion se présente.
Mais doit-on conserver l’organisation actuelle de la ville héritée du passé ? N’y a-t-il pas de meilleures solutions pour satisfaire les contraintes d’aujourd’hui ?
La plupart des communes voisines ont fait une étude globale d’urbanisme, du type schéma directeur de l’évolution de la Ville, qui définit la cible d’urbanisme à long terme, et sert de cadre à tous les projets de construction.
Cette vision d’ensemble permet de s’assurer que les constructions d’aujourd’hui ne bloqueront pas les aménagements de demain. C’est un principe de base pour une évolution cohérente vers le but poursuivi.
Pourquoi faire l’économie d’une étude globale pour Fontenay-aux-Roses en faisant connaître les différentes options éventuelles avant le choix final, comme le prévoit la charte.
Trop de libertés laissées aux promoteurs :
L’intérêt des promoteurs ne coïncide pas nécessairement avec l’évolution souhaitable de la ville. Pour chaque projet, ils chercheront plutôt à maximiser le nombre de m² habitables, ce qui les amène à proposer des constructions de grande emprise au sol, aussi hautes qu’il est possible,
L’harmonie générale des quartiers en pâtit.
Deux exemples récents :
- la Villa Fontana en cours de construction à la Cavée
Les 2 nouveaux immeubles écrasent complètement la place, alors que les immeubles construits jusqu’à présent la laissaient relativement aérée.
- L’immeuble Vinci projeté le long de la ruelle de la Demi-Lune
Il va masquer une partie du château La Boissière (notre plus beau bâtiment patrimonial) et transformer la ruelle en canyon. La façade nord de ce bâtiment dominera du haut de ses 19,50 m la ruelle qui jouxte le château. Une grande partie de la façade Sud s’arrête à seulement 3m des limites de parcelle des immeubles riverains.
Dans les deux cas :
- grande hauteur : 5 étages comme autorisé par le PLUi, mais 4, voire 3 étages, auraient été bien préférables pour respecter les constructions avoisinantes et le château La Boissière, et donc l’harmonie de ces 2 quartiers.
- trop grande emprise au sol : La surface de pleine terre est inexistante pour la Villa Fontana. Le PLUi ne le permet pas, mais personne n’a réagi.
- immeubles serrés les uns sur les autres, créant des conditions de vie désagréables pour les futurs habitants et ceux des immeubles voisins :
- manque de lumière et d’ensoleillement : l’immeuble de la ruelle de la Demi-Lune aura sur sa façade sud un appendice en excroissance de 13 m de haut avec un apport de lumière naturelle par des impostes, à 3 m seulement de la clôture de l’immeuble du 56 rue Boucicaut.
- trottoirs pas assez larges le long du rez-de-chaussée de la Villa Fontana, empêchant de cheminer à 2 de front et rendant difficile la circulation des poussettes et des fauteuils roulants.
- manque de prise en compte des répercussions sur l’environnement
- circulation automobile augmentée
- pollution augmentée
Résultats pour la ville :
- pas d’homogénéité architecturale et plus particulièrement à proximité du château La Boissière et autour de la place de la Cavée
- contexte dégradé pour les bâtiments environnants
- des changements irréversibles qui vont perdurer pendant des générations
- des actions en justice (recours contentieux) envers la mairie, couteuses en temps et en argent pour les riverains et les contribuables.
- une dégradation de la perception citoyenne de l’action municipale. La seule possibilité qu’ont les citoyens et les riverains pour se faire entendre en matière d’urbanisme, semble être d’aller devant les tribunaux.
Ce à quoi devrait s’attacher la prochaine majorité municipale :
Lancer en début de mandature une étude d’urbanisme pour définir un plan de développement global de la ville adapté aux prévisions d’évolutions sur le long terme. Elle devra couvrir tous les aspects :
- définition des différentes zones d’occupation et d’activités (commerciales, industrielles, sportives, récréatives, etc.)
- évolutions démographiques et prise en compte du changement climatique
- implantation et intégration dans l’existant des futures constructions
- évolution des équipements publics (écoles, crèches, équipements sportifs et culturels, espaces verts…)
- interactions entre les plans de circulation motorisée et ceux de mobilité douce stationnement, parkings …
Confier cette étude à un atelier d’urbanisme, avec implication des élus et d’habitants volontaires tout au long du processus d’élaboration.
Elaborer une charte architecturale de la ville, qui devra être respectée par toutes les nouvelles constructions
Réviser le PLUi en fonction des conclusions de ces études
Redéfinir le rôle et l’action de la CEMUA (Commission Extra-Municipale sur l’Urbanisme et l’Aménagement) qui devait être l’instance de concertation avec les habitants. Cette commission a été créée du temps de la première mandature, en 2015. Au début, elle se réunissait plusieurs fois par an, puis 1 ou 2 fois. Pendant la 2 ème mandature, elle s’est réunie 1 fois en 2022 et 1 fois en 2024. Il n’y avait jamais eu de compte-rendu avec les présentations. De plus elle n’a jamais été qu’un simple lieu d’information descendante sur des projets déjà décidés.
Informer les habitants au lancement de chaque projet pour leur permettre d’intervenir.
Conclusions
L’urbanisme consiste à organiser et aménager les espaces urbains avec le souci d’assurer le bien-être de l’homme, améliorer les rapports sociaux et préserver l’environnement.
C’est donc un sujet essentiel pour le développement de notre ville et pour la préparer aux enjeux sociétaux de demain. Il faut donc en parler collectivement. Nos choix d’aujourd’hui vont engager nos enfants et les générations futures.
Association CIVIFAR
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