Grand rassemblement des Fontenaisiens pour l’appel au recueillement du samedi 10 janvier

A la suite des événements tragiques survenus à la rédaction de Charlie Hebdo mercredi 7 janvier 2015, et compte tenu du deuil national décrété par le Gouvernement, tous les Fontenaisiens ont été appelé à se recueillir sur le parvis de l’Hôtel de Ville samedi 10 janvier à 11h30.

Des citoyens de tous bords se sont retrouvés sur le parvis de la Mairie pour ce moment de recueillement. La cérémonie a été présidée par Mr le Maire de Fontenay, Laurent Vastel. A ses côtés, il y avait l’ancien Maire, Pascal Buchet, Maire Honoraire et Conseiller Général, Jean Marc Germain, député de la circonscription, et le conseil municipal de Fontenay, majorité et opposition.

Le Maire a d’abord passé la parole à Pascal Buchet. Celui-ci, assez ému, a dit tout d’abord son émotion, en son nom personnel, en particulier pour l’assassinat d’une policière municipale à Montrouge. Il a dit qu’il ne fallait pas créer d’amalgame et il a cité l’humoriste François Morel : « Il faut s’aimer à tort et à travers ». Il a souhaité qu’après ce moment de pleurs et de rage, il fallait « reboiser » l’âme humaine.

Le Maire a prononcé son discours qui reprend et amplifie celui qu’il avait fait le Jeudi 8 Janvier à 12 H (Voir article précédent), en actualisant les événements et le nombre de morts.
« La barbarie a frappé à trois reprises cette semaine
Tuant 12 personnes à l’hebdomadaire Charlie Hebdo,
Une policière municipale de Montrouge,
4 victimes dans un magasin à Vincennes,
Au total 17 personnes ont été massacrées, victimes de ces attaques meurtrières.

La barbarie n’a pas frappé à des milliers de kilomètres,
Elle n’a pas frappé dans un pays lointain où la démocratie n’existe pas.
Elle a frappé au cœur de notre pays, à Paris, ville des lumières.
Elle a frappé à Paris, ville symbole de la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen.

Elle a frappé également aux portes de notre ville.

Elle n’a pas frappé au hasard, tuant des passants.
Elle a frappé des hommes qui incarnaient la liberté,
la liberté de blâmer, la liberté de critiquer dans sa forme la plus française,
la caricature, sous la forme du rire ou du sourire. 

La barbarie a frappé sous la forme de  l’antisémitisme, dans un magasin Casher s’inscrivant également dans une suite de violences itératives antisémites qui nous font évoquer les heures les plus sombres de notre histoire.

Elle a frappé des hommes et des femmes en uniforme, ceux qui veillent sur notre sécurité au quotidien et qui sont garants de la paix civile.
 
Les tueurs ne sont pas des hommes qui venaient de terres lointaines, important des conflits qui nous sont étrangers. Ils sont nés sur notre sol, ont grandi en France, ils ont fréquentés l’école de la République et les mosquées Françaises.

 L’un d’entre eux résidait à Fontenay aux Roses.

 Ceux qui perpétuent des violences n’ont d’autre but que de fragiliser la communauté nationale, en tenant de prendre le pouvoir sur nos vies par la violence. Ce sont des faibles d’esprit, manipulés par des fascistes. Ils utilisent la religion comme alibi.

 Je pense bien sur et avant tout aux victimes hommes et femmes disparus et leurs familles auxquels nous devons dédier cet instant de recueillement. Nous devons être conscient chacun de notre responsabilité présente et à venir dans la survenue de ces événements et dans l’attitude qu’il convient d’adopter. La dignité et le  refus des amalgames, doit être notre ligne de conduite, l’unité la plus large sur nos valeurs, notre objectif permanent.

Notre mission, en tant que citoyen et élu, doit être de placer la défense de la laïcité au cœur de notre action, au cœur de nos préoccupations. Laïcité qui renvoie les croyances religieuses dans le domaine de la sphère privée, et qui permet que chacun puisse trouver sa place dans le respect et la dignité au sein de l’ensemble plus large de notre communauté nationale. Notre vigilance doit être grande et notre intransigeance sans faille. C’est la condition du respect, de la tolérance et de la préservation de nos valeurs fondatrices.

Je suis fier d’appartenir à une nation qui place la liberté  en premier rang de ces valeurs fondatrices : Liberté, Egalité, Fraternité.

Nous savons que cette liberté a été payée au prix du sang, génération après génération. C’est l’un des legs les plus précieux de nos parents et grands-parents.
Nous savons aujourd’hui que cette liberté n’est pas un droit acquis, un état de fait pour la vie.

C’est une victoire de tous les jours, face à ceux qui rêvent de l’ôter, la réduire, la soumettre, et qui prennent des visages différents à chaque époque. Nous aurons sans doute encore à payer le prix le plus fort pour la conquérir ou la défendre.

Rendons hommage ce jour à ceux qui ont perdu la vie pour l’incarner et la pratiquer depuis des décennies.
Rendons hommage à ceux qui sont morts dans l’exercice de leur  mission de protection de nos villes, de nos vies.
Rendons hommage aux victimes de la tuerie de Vincennes.

Soyons fiers d’appartenir à la même nation que ceux qui ont péri.
Je vous propose de nous lier par une chaine d’union, et chacun d’entre nous de prendre le bras de son voisin, pour symboliser l’union nationale face à la barbarie et au fascisme. 
Pour cette même raison d’union, j’ai souhaité associer tous les élus de Fontenay à cette manifestation, sans distinction d’opinion, car ce qui est en cause ce jour dépasse largement les clivages politiques partisans.
Je vous demande d’observer une minute de silence.
Je vous demanderais, avant de nous quitter et de lever cette chaine d’union, de chanter notre  hymne national.

Vive la République, Vive la France, 
Je vous remercie »

Chacun dans l’assistance  a pris le bras de son voisin. Après  une minute de silence,  La Marseillaise a été chantée par l’ensemble des participants.

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