L’association “Singuliers Objets”, ex “Marché des Créatrices” obligée de quitter Fontenay pour se développer

La semaine dernière notre association Singuliers Objets a reçu un email du Service Vie Associative de Fontenay-aux-Roses proposant une formation sur le thème “organiser un événement”. Cette proposition – adressée à toutes les associations fontenaisiennes bien sûr – nous a fait sourire, nous qui avons fondé notre association en 2014 sur l’organisation d’un événement (le “Marché des Créatrices”, devenu le “salon Singulier Objets”) aujourd’hui contraint de quitter Fontenay pour se développer.

Réagissant à un article sur le devenir de l’ancien Conservatoire Soubise, j’avais proposé de partager mon expérience de Présidente d’association (Singuliers Objets donc, dédiée à la valorisation des métiers d’art et à leur développement sur notre territoire) confrontée à la difficulté de trouver un lieu pour nos événements de Fête des mères et de Noël. Je précise que notre association est constituée très majoritairement d’habitants, amateurs d’artisanat d’art et souhaitant les faire connaître là où nous vivons, comme on organise un festival de musique ou de danse, avec des artistes venus de partout. Nous sommes fiers d’avoir pour partenaire institutionnel les Ateliers d’Art de France, syndicat professionnel des métiers d’art, qui croit en notre projet local, nous forme et nous conseille.

Notre salon a débuté dans la salle municipale de l’église en avril et décembre 2013, puis a inauguré la salle Sainte-Barbe. De toutes les salles municipales, c’est cette dernière qui nous a semblé la plus intéressante: très bien située, disposant de stationnements à proximité, fraîchement rénovée. Nous y avons fait 6 éditions, apportant de nombreux équipements à chaque fois, éclairages, sono et moult éléments de décoration pour la rendre agréable, conviviale. Malheureusement, nous ne pouvions pas résoudre un problème de plus en plus central: sa taille de 100 m2, trop petite! Lors de certaines éditions, nous étions largement au-dessus de sa capacité, dans les moments d’affluence. Et par ailleurs, nous avons du mal à refuser les créateurs qui se pressent pour exposer, et à entendre la déception de certains visiteurs qui viennent parfois de loin et ne trouvent que 13 ou 14 créateurs.

Nous avons cherché des pistes de lieu plus grand pendant un an et demi à Fontenay: la salle municipale Bonnard? invisible, peu agréable, peu accessible et plusieurs fois cambriolée / les salons de la Médiathèque? en discussion pendant 6 mois mais impossible malgré la volonté du Maire de nous les louer / des tentes en extérieur dans la cour du château? trop de frais pour l’association qui devait budgéter tentes, planchers, gardiennage la nuit…

Et oui, aucune autre proposition de la Ville!

Nous avons jeté l’éponge, et commencé à prospecter dans les villes voisines pour trouver une salle d’environ 250 ou 300 m2, en location.

Lors de ce travail de prospection, nous avons peu à peu réalisé la pénurie. Certaines villes voisines réservent leurs nombreuses salles municipales à leurs propres associations, ce n’est pas clair sur leurs sites internet (elles indiquent des tarifs de locations différenciés pour les associations extérieures) mais c’est très clair au téléphone et les mails restent sans réponse.

À Bourg-la-Reine, les salles du rez-de-chaussée et 1er étage de la Villa Saint-Cyr se louent 1800 €/jour pour 240 m2 (les tarifs sont consultables sur internet), dans un quartier pavillonnaire sans stationnement, sans visibilité ni proximité du RER. Il existe aussi la salle des Colonnes, au bord de la N20 où il est impossible de se garer. Mais au moins, nous pouvons louer!

Au Plessis-Robinson, la toute nouvelle Maison des Arts a prévu des espaces privatisables très bien équipés, mais à des tarifs a priori identiques pour les associations et les entreprises, et donc élevés. Elle accompagne toutefois les événements associatifs grand public d’un plan de communication important, et d’une aide logistique à l’implantation.

Et ensuite… il existe un petit nombre de lieux privés privatisables, plutôt pour faire des soirées ou des séminaires qu’une manifestation publique. Et les tarifs sont également très élevés, d’environ 2000 €/jour à 4500 €/jour pour les plus prestigieux. Au Château de Sceaux, les salons Colbert et Penthièvre offrent une surface totale de 214 m2 au tarif de 3600 €/jour.

Pour notre part, nous avons choisi de tenter notre chance à la Maison des Arts du Plessis-Robinson.

Cet état des lieux nous a très clairement fait regretter le délaissement de l’ancien Conservatoire de Fontenay, doté de deux très belles salles d’expo, spacieuses, lumineuses et bien insonorisées. Ce lieu n’est pas idéalement situé, et il faudrait pouvoir se stationner sur le parking en contrebas, mais il est indiscutable que de nombreuses villes voisines ou proches misent sur de nouveaux espaces privatisables, parfois à réhabiliter, et que Fontenay est en retard sur ce plan, depuis longtemps déjà il n’y a pas de vision d’avenir sur ce besoin. À Sceaux, l’immense château de l’Amiral racheté par la ville au Département en est un exemple d’actualité.

On peut néanmoins supposer que l’investissement fait dans la Place de l’Église rénovée sera le joker proposé pour “organiser des événements”. Deux poids, deux mesures.

Pour conclure: le seul “vrai” lieu d’expo intérieur (avec dispositif d’accrochage et d’éclairage, socles, vitrines) à Fontenay sont les salons de la Médiathèque. On n’a pas le droit d’y organiser d’expo-vente, ils sont fermés le dimanche, et le planning des expos est, de toutes façons, bouclé jusqu’en 2019. De plus, il n’est pas géré par la ville mais par Vallée Sud qui en a les commandes.

Bien sûr, si vous connaissez d’autres lieux intéressants et accessibles, n’hésitez pas à nous en faire part à l’adresse mail : delphine.lescuyer@gmail.com

Delphine LESCUYER