COVID : Est-ce qu’il faudra ne plus utiliser les masques en tissu fabriqués à la maison, et utiliser que les masques chirurgicaux ou FFP2 ?

Le ministère de la Santé Olivier Véran a confirmé qu’il «était recommandé de ne plus utiliser de masques artisanaux». Un décret sera promulgué. La mesure est destinée à faire face à la plus grande contagiosité du variant anglais.

Les masques confectionnés au sein du foyer, c’est terminé. Comme le recommandait le Haut conseil de santé public (HCSP) en début de semaine, les masques maison et les masques en tissu de catégorie 2 sont désormais bannis. Ces protections sont jugées trop perméables face au variant anglais « plus contagieux, voire beaucoup plus contagieux », selon Olivier Véran.

« Le Haut conseil de santé public considère que les masques grand public de catégorie 1 qui filtrent plus de 90 % des particules sont suffisants et qu’il n’est pas nécessaire de migrer vers des modèles chirurgicaux ou FFP2, explique le ministre de la Santé. Le conseil recommande de ne plus utiliser le masque artisanal et je le fais à mon tour. Ses capacités ne sont pas assez filtrantes. »

Source : Le Parisien du 21 Janvier : Covid-19 : FFP2, chirurgicaux, en tissu… 5 minutes pour comprendre le casse-tête des masques

Si les masques de catégorie 1 retiennent au minimum 90 % des particules de 3 microns, ceux de catégorie 2 n’en filtrent que 70 % et toutes les autres protections non homologuées ou cousues à la maison ne disposent d’aucune mesure et sont donc bannie.

FFP1, 2 et 3, chirurgical I, II et IIR, en tissu… Il existe au moins 7 sortes de masques censés protéger ceux qui les portent, de manière plus ou moins efficace, du Covid-19. Si la majeure partie des Français s’est accommodée du réflexe de porter son masque dans la rue ou au contact de personnes vulnérables, y a-t-il des types de masque à bannir de son quotidien ?

Faut-il laisser les masques en tissu au placard ?

C’est toute la question que soulèvent les dernières recommandations du Haut conseil pour la santé publique (HCSP). L’avis complet n’a pas été rendu public, mais parmi les préconisations ayant fuité figure celle de ne pas faire de masques artisanaux.

Au printemps dernier, particuliers, professionnels et associatifs avaient joué de leurs machines à coudre pour fabriquer des masques, mais le temps semble être venu de les laisser au placard. « Ceux qu’on a chez soi ont peut-être été lavés une dizaine de fois… Il est plus prudent, au regard des recommandations qui se dessinent, de ne plus les utiliser, même s’ils suivaient les recommandations de nos normes », explique le groupe Afnor, spécialisé dans la normalisation et la certification des produits.

Au printemps dernier, en concertation avec les services de l’Etat, Afnor avait établi deux catégories de masques en tissu, 1 et 2. En magasin, des masques en tissu de catégorie 1 ou 2 sont ainsi proposés à la vente, parfois sous les dénominations « UNS 1 » ou « UNS 2 », pour « Usage non sanitaire » 1 ou 2. Cela signifie la même chose que « catégorie 1 » ou « 2 ».

Ces normes visant à établir un niveau de protection pour les masques appelés « non sanitaires », « alternatifs » ou encore « grand public » démontrent encore leur intérêt. La catégorie 1 regroupe les masques assurant une protection à plus de 90 % vis-à-vis des particules de 3 microns, les fameuses « gouttelettes » qui véhiculent le virus. Même en tissu, ils assurent une protection validée par les autorités. La catégorie 2, elle, assure une protection à 70 % et s’avère, de fait, moins recommandée.

Ce que disent les autorités

Invité de France Inter mardi, le ministre de la Santé Olivier Véran a énoncé une partie de ces recommandations transmises la veille par le Haut conseil de la santé publique. « Restent valides tous les masques dont le pouvoir filtrant est supérieur à 90 % », a rappelé le ministre. « La quasi-totalité des masques industriels grand public ont des capacités filtrantes supérieures à 90 % », a-t-il poursuivi, en référence aux masques « de catégorie 1 ».

La tolérance est moindre à l’égard des masques issus de l’artisanat. « Le masque artisanal que l’on fabrique chez soi avec toute la meilleure intention du monde, en respectant les normes Afnor, pour le Haut conseil de sécurité publique, n’offre pas nécessairement toutes les garanties nécessaires », a résumé Olivier Véran. Exit les patrons des masques dégotés sur le Net, les tissus assortis à sa garde-robe… Cette dernière catégorie ne convainc plus les autorités.

Le masque FFP2, concrètement, qu’est-ce que c’est ?

« Le FFP2 est le masque en bec de canard, résume Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes MG France. Il est beaucoup plus filtrant, de l’ordre de 97 %. »

Suis-je protégé(e) du Covid-19 en utilisant tel type de masque plutôt que tel autre? Mon interlocuteur l’est-il autant que moi? Avec toute la bonne volonté du monde, se constituer un stock de masques dont la fiabilité est optimale peut sembler relever du casse-tête. L’émergence de variants du coronavirus replace le sujet au cœur du débat au point que le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a livré lundi de nouvelles recommandations à la Direction générale de la santé (DGS).

FFP1, 2 et 3, chirurgical I, II et IIR, en tissu… Il existe au moins 7 sortes de masques censés protéger ceux qui les portent, de manière plus ou moins efficace, du Covid-19. Si la majeure partie des Français s’est accommodée du réflexe de porter son masque dans la rue ou au contact de personnes vulnérables, y a-t-il des types de masque à bannir de son quotidien ?

Toutefois, selon le médecin, il n’est pas nécessaire d’y recourir en permanence. Lors d’une discussion entre deux personnes, la protection individuelle de chacun l’emporte sur la nature des masques. « L’efficacité de deux masques chirurgicaux est importante, car les gouttelettes qui transportent le virus auront plus de mal à passer, poursuit Jacques Battistoni. Un masque chirurgical bien porté par un individu et par son interlocuteur équivalent à un masque FFP2 porté par l’un d’eux. »

Reste que la protection assurée à au moins 90 % permet de se prémunir plus fortement des variants, manifestement plus contagieux, dont les spécialistes redoutent une émergence croissante. « Pour éviter les gouttelettes, beaucoup de masques de catégorie 1, qui assurent le niveau de filtration recommandée, sont vendus à des prix abordables. Certains masques lavables 50 fois sont accessibles à 3 euros l’unité », rappelle-t-on à l’Afnor.

Ce qu’en pensent les médecins

Le masque FFP2, plus filtrant, peut vite s’avérer moins confortable. « Moi je n’en porte pas en consultation, confie le docteur Jacques Battistoni. Tenir avec un FFP2 de 8 heures à 20 heures, ou monter un escalier en téléphonant avec un FFP2, c’est vite handicapant ».

Difficile donc de rendre obligatoire le FFP2 pour la population car « beaucoup de gens vont se sentir étouffés », prévoit le médecin. Ce dernier recommande de réserver l’usage du FFP2 dans des situations particulières, « si des personnes vulnérables doivent faire leurs courses elles-mêmes par exemple » ou dans des lieux où le respect des gestes barrière relève de l’impossible. « Personnellement, je l’utilise dans le métro », explique Jacques Battistoni.

Dans tous les cas, porter le masque correctement permet déjà d’éviter la propagation des gouttelettes. « Les masques chirurgicaux qui boulochent ce n’est pas bon signe… Cela laisse penser qu’ils ont été réutilisés et ce n’est pas leur vocation, rappelle l’Afnor. Il faudrait peut-être déjà se recentrer sur ces points fondamentaux, un bon lavage des mains, avant et après la pose, et un bon positionnement du masque. » Et quand tombe le masque, les gestes barrière prévalent : 2 m de distance entre les interlocuteurs et une prudence renforcée sont de mise.