Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 7 – la rééducation

Après mes cinq semaines à l’hôpital, j’ai été transféré dans un centre de rééducation à la respiration, à Pont-d’Hery, dans le Jura, juste derrière Arbois pour les amateurs de bon vin! C’est un ex-sanatorium, construit dans les années 1920. On cherchait à l’époque des endroits à l’écart avec un air pur. Les bâtiments sont donc au milieu d’une forêt, sans habitation autour, à 600 m d’altitude. Cette région est à 100 km de l’endroit où j’ai passé mon enfance. Elle m’est donc très familière.

Hélas, sans relai Bouygues… d’où mon absence de téléphone portable ! Il y a bien un wifi, mais uniquement quelques heures par jour, et avec un débit faible. Je suis furieux parce que je ne peux même pas regarder canal plus sport (sur My canal), et tous mes matchs de rugby… Mais, il y a assez de débit pour les messages.

L’ambiance à Pont-d’Héry est très différente de l’hôpital. Ici, on est beaucoup plus autonome. Par exemple, dans ma chambre, j’avais au début un grand tuyau d’oxygène qui me permettait de circuler, et en particulier d’aller à la salle de bain. Et j’ai donc depuis un mois pu uriner – on va croire que je suis décidément obsédé par la chose – comme un vrai humain ! Un vrai plaisir pour qui a dû pendant tout ce temps passer par un urinal… Je peux aussi me promener dans les couloirs, et même sortir à l’extérieur. Mais avec mon déambulateur, qui porte ma bouteille d’oxygène, et me permet de m’assoir quand je veux. Il évite surtout les risques de chute : à cause de mon traitement à base de cortisone, il y a un risque d’ostéoporose, et rupture du col du fémur en cas de chute.

Les maîtres de ma récupération sont les kinés, qui vont me permettre de reconstituer la musculature que j’ai perdu (15 kg dans les trois semaines précédant l’hospitalisation, et les cinq semaines à l’hôpital) et avec elle une bonne part de ma capacité pulmonaire – sachant que la récupération de 100% devrait selon un médecin prendre… un an ! J’ai eu droit à mon arrivée à quelques tests de leur part pour connaître le point de départ. Clou du test : marcher pendant 6 minutes, avec oxygène a 2 litres, puis mesure du taux d’oxygénation du sang : 80%… contre les 90% requis… Il y a du boulot : séances de kiné individuelle, gymnastique, marche, vélo, relaxation… bref, tout l’arsenal classique pour remettre en forme un athlète !

Le centre qui m’a pris en charge a un siècle d’expérience dans le domaine…

Le tarif habituel dans ce genre de maison est 4 à 6 semaines.

Michel Bayet