Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 3 – la surprise

Découvrir de nos jours que l’on est atteint par le COVID n’est pas d’une grande originalité… sauf que quand c’est vous que ça concerne… Faut-il parler de stupeur ? S’embarquer dans ce genre de galère, avec un facteur de comorbidité qui vous a mis à plat les défenses immunitaires quelques mois plus tôt… voilà un projet!

J’étais resté à Paris dans l’attente de mon vaccin que j’ai finalement reçu le 20 mars à l’excellent vaccinodrome de Clamart (Pfizer). J’ai dans la foulée rejoint mon épouse qui était à côté de Besançon dans notre maison de famille. Après quelques jours pendant lesquels, je n’étais pas très en forme mais sans signe aigu, je me suis retrouvé le 2 avril (J1) devant le médecin généraliste local d’Arc-et-Senans. Une jeune femme énergique qui m’a vivement mis sur un doigt un capteur du taux de saturation de l’oxygène dans le sang et a derechef téléphoné au SAMU le plus proche pour m’envoyer aux urgences de l’hôpital universitaire de Besançon. Il était environ 11 heures. Mon taux n’arrivait pas à atteindre les 90% requis par la faculté.

Après mon admission sans même une brosse à dents en service de réanimation, passage d’un scanner : poumons très atteints….

À la fin du week-end, le service m’a transféré à la Clinique Saint Vincent dans un service de gériatrie ou de pneumologie recyclé en service spécialisé au COVID. Sans doute un partage des rôles plus efficaces entre l’hôpital et la clinique.

Nouveau scanner à J4: bonne nouvelle : pas de caillot, donc peu de risque d’embolie. Mais nouvelle zone du poumon inflammée. Mise immédiatement sous traitement de cortisones. Médicament proscrit au début de l’arrivée du COVID, mais maintenant prescrit à forte dose me dira plus tard un médecin…

Ma vie s’installe doucement, avec l’équipement idoine: faisceau cardiaque, arrivée d’oxygène, sonde de saturation de l’oxygène et musiques diverses et variées quand un paramètre sort du cadre ou qu’un fil se débranche, plus l’inévitable sonnette pour demander de l’aide. Le tout télésurveillé à partir du bureau des infirmières, à dix mètres de ma chambre. Jour et nuit.

A J33 – jour de mon anniversaire – la clinique me transfère dans un centre spécialisé de rééducation à la respiration. Débarrassé du COVID, dont je n’étais même plus porteur, il me restait à réparer le dommage fait à mes poumons. On était ramené à un cas classique, archi-connu…

Sans m’en rendre compte, j’avais perdu entre le 15 mars et J1, 13 kg, puis entre J1 et J33, 11 kg supplémentaires (mesures entrée hôpital)… Retour à mon poids de forme de mes … 15 ans!

A suivre.

Michel Bayet