Atelier PCAET sur l’économie circulaire : un enjeu qui nous concerne tous

Dans le cadre des ateliers PCAET (Plan Climat-Air-Energie Territorial) proposés par Vallée Sud – Grand Paris, l’économie circulaire sera le dernier sujet. Il sera abordé mardi prochain 1e décembre de 18h30 à 20h. L’économie circulaire est une alternative à notre économie linéaire actuelle dont les externalités négatives mettent désormais en péril nos conditions de vie.  Elle suppose de requestionner les étapes de fabrication, de consommation et d’utilisation des produits alimentaires et des biens de consommation et enfin de recyclage des produits en fin de vie. Il s’agit d’une part de créer de nouvelles activités économiques ou de transformer des activités existantes pour mettre à disposition des habitants une offre de produits écoresponsables et d’autre part de faire évoluer nos modes de consommation. C’est un enjeu qui nous concerne tous, les dirigeants et les entrepreneurs, les associations, les habitants et les collectivités territoriales au travers notamment de leurs compétences de développement économique, de soutien à la vie associative et de gestion de déchets. Le défi du plan d’actions à construire dans le cadre du Plan Climat-Air-Energie du Territoire (PCAET) est de déterminer comment amorcer ce virage, cette transformation essentielle de notre économie. Pour le relever et faire du PCAET une formidable opportunité pour notre territoire, la mobilisation de tous les acteurs concernés est indispensable.

L’économie circulaire

L’économie circulaire est une réponse pour sortir d’une économie aujourd’hui linéaire qui utilise des ressources pour les transformer en biens que nous consommons avant de les jeter, détruisant irrémédiablement les ressources qui, pour beaucoup ne sont pas renouvelables. Cette animation américaine sous-titrée explique ce qu’est notre économie linéaire mondiale et ses externalités négatives : https://www.storyofstuff.org/movies/story-of-stuff/

L’économie circulaire peut être représentée par différents schémas, en voici un premier qui permet de voir la boucle globale et ces différentes phases :

La fabrication

L’extraction des ressources et la fabrication d’un grand nombre de produits alimentaires et de biens de consommation sont généralement réalisées sur d’autres territoires que le nôtre et même souvent dans d’autres pays. Les émissions de gaz à effet de serre, les pollutions de l’air, de l’eau et des sols et la destruction des ressources qui caractérisent ces fabrications nous concernent tout de même puisque nous acceptons de consommer ces produits. L’économie circulaire nous proposent des leviers d’action pour réduire ces externalités liées à notre consommation.

En effet si les fabricants ne sont pas ici, les produits sont approvisionnés et donc choisis par des entreprises qui, elles, sont a minima en France et pour les commerçants, dans nos villes. Par ailleurs, beaucoup sous-traitent la fabrication qui est réalisée selon leurs exigences.

Dans le cadre du développement économique, une compétence du Territoire, des leviers se présentent donc via le soutien à la création ou à la transformation, d’entreprises industrielles, de distribution ou de commerçants, dans l’objectif de rendre accessible, aux habitants du territoire, une consommation responsable.

Les entreprises pour cela peuvent :

–        faire évoluer leurs achats pour sélectionner des produits durables,

–        éco-concevoir les produits qu’elles fabriquent ou dont elles sous-traitent la fabrication, c’est-à-dire, selon l’ADEME, des produits recourant « aussi peu que possible aux ressources non renouvelables en leur préférant l’utilisation de ressources renouvelables, exploitées en respectant leur taux de renouvellement et associées à une valorisation des déchets qui favorise le réemploi, la réparation et le recyclage »,

–        mutualiser des ressources avec d’autres acteurs économiques du Territoire, en vue de les économiser ou d’en améliorer la productivité : partage d’infrastructures, d’équipements, de services, de matières… (c’est l’Ecologie Industrielle Territoriale),

–        faire évoluer leur modèle économique pour évoluer vers une activité servicielle (économie de la fonctionnalité) ou plus largement pour sortir de la logique de volume qui caractérise notre économie aujourd’hui et génère une pression croissante sur les ressources.

Les modalités de soutien peuvent prendre différentes formes : financière pour soutenir l’amorçage, l’expérimentation ou l’accompagnement méthodologique ; la mise à disposition de locaux gratuits ou à des prix préférentiels voire le soutien à la création d’un dispositif d’incubation et d’accompagnement des entreprises, en s’appuyant sur des outils et méthodologies pertinentes pour soutenir l’ambition d’une économie plus circulaire.

La consommation et l’utilisation

Pour permettre une consommation responsable, il faut une rencontre entre une offre (voire le point ci-dessus) et une demande. Celle-ci suppose des actions de sensibilisation auprès du plus grand nombre pour permettre à chacun de comprendre les enjeux et de changer son comportement de consommation mais d’autres leviers peuvent être également activés.

Comme on le voit sur le schéma ci-dessous, trois familles de produits sont particulièrement concernées : les viandes et les poissons, l’habillement, et enfin le numérique et les produits technologiques (TV, BOX, Ordinateurs, Montres connectées, enceintes, etc.).

Plusieurs leviers existent pour réduire notre empreinte carbone :

–        augmenter la durée d’utilisation des produits que nous possédons. Dans le domaine de l’habillement, le nombre d’utilisations d’un vêtement a baissé de 36% en 15 ans, entrainant une augmentation sensible du nombre de vêtement acheté chaque année. Cette « fast fashion » coûte très cher à l’environnement. Inverser cette tendance et renouveler nos garde robes deux fois moins souvent permettrait de réduire notre empreinte habillement de 44%,

–        privilégier les produits de seconde main, remis en état, éventuellement transformés (ce que certains appellent l’up-cycling),

–        faire réparer nos produits plutôt que de les remplacer,

–        mieux utiliser les produits. Ainsi, à nouveau dans le domaine de l’habillement, réduire la température de lavage, mieux remplir le lave-linge et réduire l’utilisation du sèche-linge permettrait de réduire l’impact de 5 à 10%,

–        changer de régime alimentaire et augmenter le nombre de repas végétariens qui émettent 4 à 5 fois moins qu’un repas moyen.

Pour progresser sur ces différentes dimensions, on voit que des actions sont nécessaires pour que chacun dispose des bonnes informations concernant notamment les bonnes pratiques de lavage ou la composition d’un régime plus végétarien. Des savoirs et savoir-faire dont nous avons besoin sur d’autres sujets pour, par exemple, réduire sa consommation d’énergie chez soi, un autre sujet particulièrement important.

La communication est un outil pour sensibiliser et transmettre les informations nécessaires au changement de notre mode de consommation mais seule, elle est insuffisante. Des actions comme le défi zéro déchet et pourquoi pas demain un défi « alimentation durable » ont un rôle important à jouer pour créer une dynamique que les associations peuvent soutenir et prolonger en organisant des ateliers ouverts à tous, des animations thématiques, etc.

Par ailleurs, il est là aussi nécessaire qu’une offre soit disponible : des magasins de produits de seconde vie, des réparateurs, des entreprises de reconditionnement de produits numériques, des fabricants de pièces détachées, etc. Autant d’activités économiques dont il est possible de soutenir la création.

Recyclage

Le recyclage est la dernière étape pour les produits en fin de vie qui ne peuvent plus être réparés ni remis en état.

L’enjeu principal concerne la collecte de ces produits en fin de vie et leur intégration réelle dans un processus de recyclage.

Ainsi, on estime que 20% des produits numériques sont collectés et seulement 2% sont recyclés compte tenu des contraintes techniques mais aussi de l’export, illégal, vers l’Afrique ou ailleurs.

Pour le textile, la collecte est un peu plus importante : 38% du tonnage mis sur le marché au niveau français mais moins de 20% dans le département des Hauts-de-Seine !

Quant au recyclage des emballages, canettes et autres bouteilles d’eau, c’est un sujet à part entière avec des enjeux de collecte mais aussi et surtout de développement de solutions qui permettent de s’en passer : le vrac, la consigne, etc. Des contraintes qui doivent être prises en compte dans l’éco-conception évoquée plus haut.

Projets phares du Territoire : ressourcerie et réduction des déchets

Parmi les projets phares proposés par le Territoire, il y a une ressourcerie. Cela manque cruellement en effet. La réduction et la valorisation de l’ensemble des déchets sont également mises en avant.

La ressourcerie peut constituer une source très riche de produits de seconde vie pour alimenter d’autres entités, commerciales ou de transformation dans une perspective d’économie circulaire.

Pour initier cette nouvelle filière, une idée pourrait être de soutenir la création de boutiques dans toutes les villes du Territoire avec pour chacune un porteur de projet qui pourrait choisir l’orientation de sa boutique : revente de produits de seconde main, mobilier, produits pour enfants, jeux, etc. ou bien monter une boutique de remise en état et de réparation avec un atelier de fabrication de pièces détachées ou bien une maison zéro déchet, etc. Ces boutiques devraient avoir une surface suffisante pour pouvoir y accueillir des particuliers mais aussi des écoles, des associations… permettre des ateliers, des conférences ou autres actions de sensibilisation ou de formation, qui auront un impact, notamment, sur la réduction des déchets.

L’économie circulaire permet de rapprocher la consommation et la production. Pour se développer, elle a besoin de l’action coordonnée des collectivités pour impulser et soutenir son démarrage, des dirigeants d’entreprises et de porteurs de projet pour transformer les activités économiques existantes et en créer de nouvelles, des écoles et des associations de citoyens pour accompagner les changements de comportement de consommation.

Atelier du 1e décembre

L’atelier du 1e décembre ne sera pas suffisant pour épuiser le sujet, loin s’en faut. D’autres ateliers seront nécessaires, avec une réelle participation des associations et des habitants qui souhaitent s’investir sur ces sujets, avec aussi des dirigeants d’entreprises et des porteurs de projets, pour imaginer et dessiner les contours des actions à mener pour relever les défis de l’économie circulaire.

Pour assister à l’atelier du 1e décembre, chacun peut s’inscrire ou se rendre sur Youtube pour visualiser l’émission en temps réel (sans doute n’est-il pas possible de poser des questions via Youtube). Il est également possible de participer en écrivant à planclimat@valleesud.fr pour poser des questions ou faire des propositions d’actions.