Grand débat à Reims. Wikimedia Commons
Source : La Gazette de Sceaux du 9 Avril 2026 : https://sceaux-lagazette.fr/index.php/2026/04/09/associer-les-citoyens-a-la-vie-municipale-introduction/
Que ce soit pour construire leur programme ou dans leur proposition de futur fonctionnement municipal, de nombreuses listes veulent mieux intégrer les habitants à la réflexion et aux choix des priorités de la Ville. Est-ce réaliste et à quelles conditions ?
La Gazette a proposé à plusieurs personnes de donner un éclairage sur le sujet, en abordant telle ou telle partie du problème à leur choix. Leurs contributions seront publiées dans les semaines qui viennent. Et pour commencer, un premier regard d’un auteur de la Gazette.
Quelle démocratie ?
Selon des modalités qui vont des espaces de dialogues à la codécision avec les habitants en passant par le référendum d’initiative citoyenne, plusieurs candidats aux municipales proposaient une démocratie approfondie.
Cette proposition est d’abord la conséquence d’une position éthique, d’une volonté démocratique. Mais elle procède souvent de la conviction qu’une démarche participative permet d’être plus efficace, de prendre de bonnes décisions.
J’ai eu l’occasion d’accompagner des dizaines de démarches participatives, dans des entreprises publiques ou privées et même dans des administrations. Si un dirigeant est prêt à mobiliser des ouvriers, des employés, des agents de maîtrise et des cadres dans de telles démarches (sans compter le coût du cabinet de conseil), c’est qu’il pense que celles-ci sont efficaces, qu’elles améliorent la qualité des projets et la motivation des salariés. Pour arriver à un tel résultat, il faut réunir un certain nombre de conditions. Et le premier constat à faire, c’est que ces conditions sont plus difficiles à réunir quand il s’agit d’associer les habitants.
Les difficultés à surmonter
Première difficulté : mobiliser la population pour qu’elle s’exprime sur un sujet. La proportion des citoyens qui acceptent de répondre à une offre de participation de la part de la municipalité est faible, voire très faible. Je le soulignais ici pour Bourg-la-Reine, mais c’était pareil pour cette réunion sur la stratégie Bas-Carbone de Sceaux. On pourra aussi regarder le nombre de réponses aux enquêtes publiques.
Corollaire : ceux qui participent ne sont pas représentatifs. Ils sont généralement plus radicaux (dans l’approbation ou le refus) que ceux qui ne participent pas. Principalement parce que pour participer il faut être prêt à mobiliser une certaine énergie sur le sujet, quand cette énergie est déjà mobilisée par la vie quotidienne, le travail, les enfants. Une situation qu’on ne rencontre pas dans les démarches menées en entreprises, puisque le salarié participe sur son temps de travail.
Un exemple caricatural : l’enquête publique sur la rénovation de la cité Jardin à Châtenay-Malabry, rapportée par la Gazette. Comme on le comprend à la lecture de l’article, environ 90% des contributions (pratiquement unanimement négatives) proviennent de personnes qui n’habitent pas la ville.
Troisième difficulté : confondre concertation et débat, une erreur fréquente. Associer la population aux réflexions (ou décisions) de l’équipe municipale est utile pour créer de l’adhésion et pour améliorer le projet. Si c’est simplement pour débattre et s’écharper pour ou contre, c’est de l’énergie inutilement dépensée. Pour qu’il y ait amélioration du projet, il faut que des deux côtés (municipalité et citoyens) il y ait une volonté d’écoute mutuelle et de construction collective. Une volonté qui n’existe pas forcément parmi les plus engagés.
Quatrième difficulté : faut-il une compétence pour participer ? La vraie question serait plutôt, faut-il différencier les modalités de participation en fonction des compétences ? Exemple : une rénovation du marché de Bourg-la-Reine est semble-t-il incontournable. Il parait indispensable d’associer à la réflexion des personnes compétentes dans les techniques du bâtiment (services techniques de la Ville et de VSGP et probablement d’autres experts techniques). Cela se fera sur leur temps de travail, donc la question de leur volontariat ne se pose pas vraiment. Mais on ne voit pas comment ne pas associer (selon des modalités à définir) les commerçants (ou leurs représentants) et, probablement très différemment, des clients du marché.
Cinquième difficulté : les désaccords sur la réalité. Il est impossible de trouver un accord sur des solutions si on n’est même pas d’accord sur le problème, ou au moins sur les faits qui le constituent. C’est en particulier un problème majeur avec ceux qui font de la désinformation scientifique.
Et bien sûr, les difficultés majeures, communes à tout projet : qui associer, comment, à quel moment, pour quoi faire et dans quel cadre !
Il est prévu une suite à cet article, qui fera partie des contributions à publier dans les prochaines semaines.
Gérard Bardier, La Gazette de Sceaux
En savoir plus sur Les Nouvelles de Fontenay-aux-Roses
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Soyez le premier a laisser un commentaire