Le Fontenay nouveau est arrivé : Un changement du système électoral peut se profiler

Car comment sortir de ce casse tête, non pas de listes et de projets (car les rassemblements sont toujours  envisageables) mais du fleurissement de têtes de listes, mis à part ceux d’EELV et ND qui ont annoncé ne pas mettre leur leader en avant et se rallier au plus fin bouquet…

Cette solution hors nos murs, à Toulouse, présente une approche salvatrice inspirée de l’ archipel (des ilôts avec des projets par listes qui sont donnés aux suiveurs extérieurs aux listes pour les  synthétiser et produire l’archipel).

Le système à Toulouse a carrément rompu avec l’archipel de listes pour aller encore plus loin et interroger 1000 votants tirés au sort, inscrits sur la liste électorale de la ville auxquels s’est ajouté les volontaires des listes déclarées (pour Fontenay ça serait 35 volontaires soit 7 pour les 5 listes ou 9 par listes convergentes si le maire actuel refuse l’assimilation ).

Sur les 1000 habitants, il va y avoir 50 juges non éligibles qui vont apprécier la valeur des membres de la liste (à nouveau tirés au sort) et 950 éligibles jugés.

Les éligibles jugés sont 950 + 35 c’est à dire au total : 985 co-listiers. Le process pour les sélectionner consiste à estimer leur référentiel de capacités, de compétence et d’ adaptabilité à un programme co-construit par les listes et par la vision personnelle des co-listiers, sur 4 piliers : écologie, vivre ensemble, justice sociale, urbanisme.

Les juges éliminent les candidats (1 juge pour 2 x10 candidats) (le raffinement envisagé a été de faire liker les citoyens…ce qui est possible quand il y a un peu plus de temps).

Pas de leaders, ils ne sortent qu’à la fin (35 pour Fontenay) jugés sur leur capacité à travailler en groupe non autoritairement, leur capacité à exprimer au mieux les projets de l’archipel, leur volonté pour réussir le programme. (Des tests de 15 à 20 minutes sont organisés soit 3 candidats évalués par heure). Ces 35 meilleurs  constituent l’équipe municipale.

Toulouse n’ en revient encore pas de la justesse de son résultat, car le meilleur celui qui se sentait capable d’être le bon maire est dans le match final et l’emporte.

Toutefois le candidat final n’est pas appelé maire mais porte-parole : il n’est pas dirigiste mais mandaté au sein de l’ archipel, qui colle avec les projets du grand groupe. (Les efforts de dialogue et les réunions citoyennes des listes ont été efficaces en ce qu’elles ont déjà apporté des projets et la consultation par tirage au sort complète plus largement cette offre de projets).

Avec ce système pas de tricherie, pas d’ à peu près, pas de suffisance, pas d’ autoritarisme. Il faut respecter les projets, l’éthique de la charte, se former. Les juges eux qui ont évalué et cerné les projets par leur présentation par les 985 candidats sont à même de constituer le cabinet du maire appelé cabinet d’éthique.

Cet agora n’est pas qu’une méthode de scrutin, mais une condition propice à un ensemble des initiatives pour échanger sur les éléments de convergences et de divergences, évitant ainsi une cristallisation lors d’un rassemblement autour d’une personne.

Ce processus démocratique respectueux des minorités, et ces variantes « élections sans candidat, des likes pour appeler d’autres têtes de listes », autant de mode de scrutin qui satisfont un socle commun pour la qualité d’un maire final et d’un programme collaboratif : Fontenay le plébiscitera t’il ? Avons-nous encore le temps ! Ce qui est sûr, c’est qu’il est bon de se diriger vers la co-élaboration (plutôt que l’adversité), au moins entre les listes, qui sera bénéfique à la ville et aux habitants, plutôt que perdre du temps, de l’énergie, et de l’espoir, dans un risque de fragmentation ! Chaque courant doit pouvoir se reconnaître dans le socle des valeurs du programme.

Joëlle Touzet, liste plurielle Label de Fontenay pour Nouvelle Donne

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