Collecte de sang, dimanche 13 juin de 10h à 12h30 et de 13h30 à 16h à Fontenay aux Roses

Les réserves de sang sont faibles, mobilisons-nous !
L’ Etablissement Français du Sang accueillera (uniquement sur rendez-vous)
les donneurs le dimanche 13 juin de 10h à 12h30 et de 13h30 à 16h.
Conditions et prise de rendez-vous ici

Salle Pierre Bonnard – Espace Jeunes

5, rue de l’avenir
92260 Fontenay-aux-Roses

COVID : Campagne de vaccination pour les plus de 18 ans au Centre Municipal de Santé de Fontenay-aux-Roses

Le vaccin contre la Covid19 est désormais accessible aux plus de18 ans au
Centre Municipal de Santé de Fontenay-aux-Roses.
6, rue Antoine Petit (voir sur le plan)
92260 Fontenay-aux-Roses
Service médical : 01 46 61 12 86
Vous pourrez prendre rdv sur place

Horaires d’ouverture au public :

Du lundi au jeudi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h45
Vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h45
Samedi de 9h à 12h

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 9 – la dernière bouchée

Ma docteure m’a fait sa visite hebdomadaire. C’est une jeune roumaine, charmante, qui parle remarquablement français, avec un tout petit accent que l’on ne remarque que si l’on est prévenu. Accent pas plus sensible que celui des francs-comtois du cru, qui insistent un peu sur les a ! Visiblement, on a à Besançon également des problèmes de recrutement…

Elle considère que je peux maintenant abandonner l’oxygène, et me propose de rentrer dans mes foyers vers la mi-juin. Je vais donc quitter ce centre plutôt sympathique, dans lequel on est très bien traité, et surtout très bien réparé !

Merci aux lecteurs des Nouvelles de Fontenay, qui m’ont fait l’honneur de s’intéresser à ma modeste littérature. Merci aussi à Jeff, l’animateur de ce site, qui m’a gentiment dépanné quand mon informatique me trahissait. En remerciement, je vous présente le chaton que vient de m’offrir mon épouse pour mon retour à la maison. Il – ou elle – n’a pas encore été baptisé.

 Après plusieurs semaines consacrées à la rééducation de mon physique, je vais devoir maintenant me consacrer à l’éducation de cette minuscule créature…

 Quelle vie !

Michel Bayet

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 8 – le personnel

Avant de clore bientôt cette chronique, je tiens absolument à rendre un hommage appuyé à tous les membres du personnel de l’hôpital et du centre de rééducation, qui m’ont pris en charge jour et nuit.

Le plus souvent des femmes – quelque hommes chez les kinés – en général jeunes pour toutes les catégories : personnes chargées de l’entretien et de la distribution des repas, infirmières, ambulanciers, médecins. Avec visiblement beaucoup d’élèves en formation.

Quand les médias parlent d’eux, c’est en général pour dire leur fatigue, leur stress, leur épuisement. Eh bien moi, à Besançon, je n’ai rien perçu de ce stress. Je sais, pour en avoir parlé avec eux, qu’ils ont payé leur tribut : certain ont mal toléré leur vaccination, d’autres ont été contaminées. Je crois surtout, que s’ils sont forcément stressés, ils n’en laissent rien paraître vis à vis des malades. Ils sont toujours aimables, disponibles, souriants et prêts à vous aider dans toutes les situations.

A l’hôpital, et à cause de COVID (la clinique Saint Vincent en est à Besançon l’unité spécialisée) elles portent une étrange tenue : par-dessus le costume bleu foncé veste et pantalon, elles portent une immense cape en voile plastique qui recouvre le corps de haut en bas, plus le masque qui ne laisse voir que les yeux, des lunettes et un bonnet. A chaque fois qu’elles entrent dans la chambre, elles mettent des gants, elles frappent, elles disent un petit mot gentil, puis après avoir fait leur travail, elles enlèvent les gants qu’elles jettent dans la poubelle de la chambre, et se désinfectent les mains au gel alcoolique… Ouf.

Leur costume est assez similaire à celui de ma visiteuse préférée, dont je joins la photo. Je me suis bien amusé avec cette photo : sa première visite se passait dans les jours où notre compatriote Thomas Pesquet rejoignait la station spatiale internationale. Je disais que c’était Thomas qui s’était arrêté sur son chemin pour venir me voir ! Normal pour une jeune camarade de venir visiter un de ses anciens dans la difficulté…

Quelques anecdotes.

Un matin déboulent dans ma chambre deux jeunes femmes vers 7h30. Je dormais ce jour-là, et n’ai pas compris ce que l’une d’entre elle, que j’ai par la suite surnommée la tornade bleue – tornade de la pub pour les produits d’entretien, et bleue pour la couleur de la grande cape – m’avait dit et lui ai fait répéter : «Bonjour, douche aujourd’hui ». De mauvaise humeur, je lui réponds : non la douche c’était hier. Aujourd’hui c’est la selle… je ne l’ai pas revue de la journée !

Je vais vous imposer une dernière fois mes détails un peu prosaïques. Mais quand son existence dépend d’un petit tube en plastique translucide de deux mm de diamètre, il vaut mieux gérer les détails… Pour revenir au sujet, j’ai découvert la technique de la chaise percée, dont je pensais qu’elle avait disparu des hôpitaux, et qui était sans doute due à l’exiguïté de la chambre (pas de salle de bain, seulement un lavabo). Il faut dire que la première fois, alors que la fonction a été suspendue pendant plusieurs jours, avec un changement complet de régime alimentaire, une non-activité physique prolongée, et que l’on ne sait pas si les muscles concernés vont répondre et si on pourra les alimenter en oxygène, on entre dans une terra incognita à plusieurs dimensions… Et puis, il y a le regard d’autrui, même discret, à qui on a dû demander l’ustensile. Je me souviens : même feu ma chatte Kochka n’aimait pas trop quand je restais près d’elle et qu’elle faisait ses besoins dans l’herbe.

Je me souviens aussi des mots de l’interne à mon arrivée aux urgence, à qui je demandais si je pouvais aller seul à la salle de bain: « ne faites pas ça. Un de nos malades l’a fait, et on la retrouvé mort par terre… »

Une autre anecdote en deux temps. J’étais suivi pendant quelques jours par deux infirmières qui intervenaient ensemble : une infirmière senior, la quarantaine, et une autre à peine plus jeune, visiblement en formation, une belle femme, châtain avec de superbes yeux verts – je les vus de près. Elles viennent un matin en disant on va vous poser une perfusion. Et la séniore de dire: « je la pose et tu regardes ». Non je préfère le faire. « Tu es sure ? ». Oui, je l’ai déjà fait. Je me suis alors dit qu’étant dans un hôpital, il ne pouvait rien m’arriver qu’on ne sache réparer ! Elle ne m’a pas fait mal, mais j’ai pu voir en détail couler sur mon bras mon précieux sang bien rouge foncé, à cause d’un petit tuyau qui rechignait à se faire visser sur le trocart déjà profondément enfoncé dans la veine…

Le deuxième temps fut moins drôle. Les deux viennent me voir pour un prélèvement nasal, que me proposait la séniore. Ayant delà subi cet exercice un peu désagréable, et rassuré pour ce qui était de l’opératrice, je pars confiant. Et tout à coup, je reçois un coup violent dans les sinus… Un peu comme quelqu’un qui ferme un tiroir à toute volée. Deux grosses larmes de douleur me coulent de l’œil gauche, et dans un mouvement réflexe je repousse de mon bras gauche le sien… Heureusement, elle n’avait pas lâché le goupillon. Et par chance, le prélèvement a été déclaré négatif, et je n’ai pas eu à répéter cet exercice.

C’est le seul jour où j’ai vraiment eu mal à l’hôpital.

En dépit de cet épisode qui au moins m’a laissé un souvenir aigu, je tiens encore à dire ma gratitude à toutes ces personnes qui m’ont donné de leur humanité, à moi qu’elles ne connaissaient pas, et qu’elles ne reverront jamais. Et à qui je serais incapable de donner le millième de ce que j’ai reçu…

Fasse le ciel qu’elles trouvent elles aussi sur leur chemin, quand le jour viendra, des femmes de la même qualité…

Michel Bayet

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 7 – la rééducation

Après mes cinq semaines à l’hôpital, j’ai été transféré dans un centre de rééducation à la respiration, à Pont-d’Hery, dans le Jura, juste derrière Arbois pour les amateurs de bon vin! C’est un ex-sanatorium, construit dans les années 1920. On cherchait à l’époque des endroits à l’écart avec un air pur. Les bâtiments sont donc au milieu d’une forêt, sans habitation autour, à 600 m d’altitude. Cette région est à 100 km de l’endroit où j’ai passé mon enfance. Elle m’est donc très familière.

Hélas, sans relai Bouygues… d’où mon absence de téléphone portable ! Il y a bien un wifi, mais uniquement quelques heures par jour, et avec un débit faible. Je suis furieux parce que je ne peux même pas regarder canal plus sport (sur My canal), et tous mes matchs de rugby… Mais, il y a assez de débit pour les messages.

L’ambiance à Pont-d’Héry est très différente de l’hôpital. Ici, on est beaucoup plus autonome. Par exemple, dans ma chambre, j’avais au début un grand tuyau d’oxygène qui me permettait de circuler, et en particulier d’aller à la salle de bain. Et j’ai donc depuis un mois pu uriner – on va croire que je suis décidément obsédé par la chose – comme un vrai humain ! Un vrai plaisir pour qui a dû pendant tout ce temps passer par un urinal… Je peux aussi me promener dans les couloirs, et même sortir à l’extérieur. Mais avec mon déambulateur, qui porte ma bouteille d’oxygène, et me permet de m’assoir quand je veux. Il évite surtout les risques de chute : à cause de mon traitement à base de cortisone, il y a un risque d’ostéoporose, et rupture du col du fémur en cas de chute.

Les maîtres de ma récupération sont les kinés, qui vont me permettre de reconstituer la musculature que j’ai perdu (15 kg dans les trois semaines précédant l’hospitalisation, et les cinq semaines à l’hôpital) et avec elle une bonne part de ma capacité pulmonaire – sachant que la récupération de 100% devrait selon un médecin prendre… un an ! J’ai eu droit à mon arrivée à quelques tests de leur part pour connaître le point de départ. Clou du test : marcher pendant 6 minutes, avec oxygène a 2 litres, puis mesure du taux d’oxygénation du sang : 80%… contre les 90% requis… Il y a du boulot : séances de kiné individuelle, gymnastique, marche, vélo, relaxation… bref, tout l’arsenal classique pour remettre en forme un athlète !

Le centre qui m’a pris en charge a un siècle d’expérience dans le domaine…

Le tarif habituel dans ce genre de maison est 4 à 6 semaines.

Michel Bayet

 

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 6 – l’intubation

Depuis des années je dis à mon épouse qu’en cas d’accident ou de maladie grave, je ne veux pas être intubé. Je considère en effet qu’à mon âge canonique  un acharnement thérapeutique n’a pas de sens: dépenser des sommes importantes, au frais de la collectivité, pour un résultat hasardeux me paraît déraisonnable.

Quand à J1 je suis arrivé aux urgences de l’hôpital de Besançon, j’ai fait cette déclaration spontanément à l’Interne de garde. L’interne a souri et n’a pas insisté. Mais quand deux jours plus tard, il devait me transférer dans un service spécialisé, il est revenu vers moi. Avec beaucoup de pédagogie et de finesse, il m’a expliqué les trois niveaux par lesquels on fournit de l’oxygène aux patients atteints de la chose :

1- Les lunettes. Un double tube qui débouche dans chaque narine est relié à une source d’oxygène qui peut fournir jusqu’à 15 litres par minute. Ce dispositif est assez courant: il arrive que l’on rencontre dans la rue des personnes qui portent leurs bouteille avec cet équipement.

2 – Le système dit optiflow. Même dispositif mais avec des tubes de 5 mm reliés à une centrale plus élaborée qui peut fournir jusqu’à 40 l/mn. Ce dispositif est plus confortable que le précédent, parce que l’oxygène est chauffée, alors que l’oxygène qui vient de la bouteille (lunettes) est en général plus froide, et donc m’a posé des problèmes de gorge, très sensible aux variations de température. J’ai bénéficié de ce deuxième niveau, sans doute en raison de la température plutôt que du débit.

3- L’intubation. Là on entre vraiment dans la réanimation hard: on met le patient en comas artificiel, on lui insère dans la gorge une canule, et c’est une machine qui mène la danse… Pour en avoir parlé avec le médecin du service, les patients qui passent plusieurs semaines dans ce dispositif ne reviennent pas en très bon état… Le service dans lequel j’étais ne disposait pas de ces machines, qui devaient être concentrées dans une autre unité.

Et lorsque l’interne m’a demandé dans quel service je souhaitais être transféré, je lui ai lâchement répondu que … c’était à lui de décider…

Michel Bayet

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 5 – l’urinal

Même si comme pour tout un chacun il m’est arrivé de devoir séjourner quelques temps à l’hôpital, je ne suis jamais resté suffisamment longtemps sans pouvoir me déplacer, sur une jambe ou avec des béquilles le cas échéant. Je n’ai donc jamais eu à rester dans un lit de façon longue, sans avoir accès à la salle de bain.

Je l’avoue: on ne m’avait jamais appris à me servir d’un urinal! Rassurez-vous ne vais pas expliquer dans les colonnes des Nouvelles de Fontenay comment faire ! Je vais simplement raconter comment je l’ai appris à mes dépens…

A partir de mon expérience antérieure, j’ai pensé que le plus simple consistait à s’asseoir sur bord du lit, et d’utiliser à ce moment le fameux instrument. Sauf que cette manœuvre nécessitait plusieurs mouvements, consommateurs d’oxygène. En général, l’infirmière de garde intervenait pour augmenter le débit d’oxygène. Mais répéter cette manœuvre deux ou trois fois par nuit me laissait le matin en petite forme…

Constatant cette situation, l’équipe de nuit m’a proposé une stratégie: dès la demande de miction, j’appelle l’infirmière qui augmente mon débit le temps de régler l’affaire. J’ai essayé cette technique, mais qui n’a pas marché parce que la demande de la prostate – organe fort capricieux à partir d’un certain âge du superbe organisme mâle – était satisfaite avec encore plus de délai (le temps que l’infirmière réponde à mon appel). J’ai donc arrêté.

En réfléchissant un peu, je me suis dit que je passais l’essentiel de mes journées à deux choses: respirer et gérer mes mictions. Mictions beaucoup plus faciles à accomplir, pour moi, à partir du fauteuil. Un matin, je suggère donc à la nouvelle équipe de nuit de me laisser dormir dans mon fauteuil, assez vaste et dépliable pour en faire un lit au moins aussi confortable qu’un siège d’avion, dans lesquels j’ai passé pas mal de temps de ma belle jeunesse. Devant le peu d’enthousiasme des infirmières, j’en parle au médecin qui passait me voir ce matin, l’anesthésiste du dernier épisode, à qui je raconte ma vie, notamment prostatique, et qui me donne son accord sans hésiter pour le fauteuil.

Mais miracle : ce médecin, à la suite de notre échange, fonce chez l’urologue de l’hôpital, et me prescrit un traitement médicamenteux, qui change ma vie dans les trois jours… Grâce soit rendue à cette femme qui avait su m’entendre et sortir de sa spécialité !

Après trois jours de fauteuil, j’ai réintégré mon lit, après avoir négocié le changement de cet horrible matelas anti-escarre (un truc avec des boudins et un système de gonflage) très inconfortable.

Cette petite expérience m’a apporté trois choses : un calme prostatique comme jamais depuis des mois, savoir me servir rationnellement d’un urinal – parce que j’avais eu tout le temps d’y réfléchir – et un bon matelas moelleux à souhait…

Petite victoire sur la chair et sur les choses…

Michel Bayet

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 4 (suite) – Pompez Shadocks : vidéo

Cette petite vidéo a été faite avec la complicité de mon étudiant kinésithérapeute Clément. Elle montre l’évolution de la saturation du sang et du rythme cardiaque sur un petit effort. Elle a été faite après deux semaines de rééducation. Elle n’est pas spectaculaire: Clément est un homme prudent!

Michel Bayet

 

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 4 – Pompez Shadocks

À force de discussions avec mes divers médecins, qui ont tous répondu avec gentillesse et patience à mes questions – même si souvent ils ont avoué ne pas avoir la réponse – je me suis fait une certaine idée des mécanismes qui se sont s’appliqués à moi dans cette situation de COVID. En quelque sorte de me créer un modèle comme on dit chez les ingénieurs. Je vais le décrire avec mes mots. Merci aux experts de faire preuve de compréhension.

En ce qui me concerne, il me semble que je n’ai pas eu droit à la flambée du système immunitaire dont on parle dans les médias – puisque je n’ai pas été incubé – mais simplement à la fin de l’inflammation des poumons, et au traitement des dégâts.

Notre système cardio pulmonaire qui alimente en oxygène tout le reste de la machine est en fait une grande boucle d’asservissement : un capteur détecte le niveau de saturation du sang, et réagit quand il descend en dessous de 90 %. Il commence par accélérer le rythme cardiaque et le cas échéant le rythme respiratoire. Le problème du COVID, c’est que l’élément de puissance de la boucle d’asservissement, les poumons, n’ont pas la puissance nécessaire pour répondre à cette demande. Et à ce moment-là on commence à sentir une gêne. Le drame de la situation est que si l’on accélère volontairement le rythme respiratoire (que l’on peut consciemment contrôler, contrairement au rythme cardiaque), on augmente la demande d’oxygène pour alimenter les muscles de la cage thoracique. Et donc on demande à un système qui manque déjà de puissance, d’en fournir encore…

À l’hôpital, on sortait de cette situation de deux façons. 1- l’infirmière en télésurveillance intervient et augmente le débit d’oxygène – et donc la puissance du moteur de boucle d’asservissement ou 2 – on s’impose une cadence de respiration qui est à la limite de stabilité du système. C’est-à-dire les respirations suffisamment posées et profondes pour fournir le supplément d’oxygène qui permet de donner aux muscles des poumons le supplément de carburant. Le tout sans exagérer puisque des respirations trop profondes déclenchent une quinte de toux, ce qui complique encore la manœuvre, voire la bloque (détresse respiratoire ?). D’où l’insistance des kinésithérapeutes à l’hôpital pour apprendre, dès les premières séances, à respirer : respiration pas trop appuyée, pause, expiration libre. En pratique, la récupération peut aller avec une petite sueur froide dans le dos – au sens propre – qui vous laisse à plat. Fatigué… Suivant le débit d’oxygène, le retour à la normale peut prendre quelques dizaines de minutes. Ce mode de respiration demande un peu de self contrôle…

Une anecdote sur le sujet. Un matin, vers J15 ou J20, le kinésithérapeute qui voulait sans doute me tester m’enlève l’oxygène, et m’emmène faire un tour dans les couloirs du service, bien sûr en me tenant de façon souple mais ferme le bras. Le tour était en fait un carré qui devait représenter 30 à 40 pas. Comme le premier tour s’était bien passé il a enchaîné sur un deuxième. Et comme il avait choisi une cadence de marche bien alignée sur mon rythme respiratoire, je me sentais plutôt à l’aise : 1,2 inspiration, 3,4 expiration. Une adaptation de mon rythme de footing, qui à la vitesse à laquelle je le fais, est plutôt ternaire. Bien sûr cette respiration cadencée se faisait bouche pleine ouverte, plutôt bruyante ! Le tour se termine et le kinésithérapeute me rend à ma chambre.

Débarque alors dans ma chambre la médecin anesthésiste, qui devait faire fonction de médecin de garde, furieuse, qui me dit : c’est pas possible. J’ai entendu la « machine à vapeur » dans le couloir. Je vais interdire au kinésithérapeute de faire ça…

Moi qui pensait avoir bien fait ma part du job, me faire traiter de machine à vapeur…

A suivre, au prochain numéro.

À la réflexion, il m’est revenu en mémoire ma première rencontre avec l’oxygène : un fantastique vol en siège arrière d’un Alphajet… Ceci pourrait faire l’objet, disons d’une chronique optionnelle… si cela intéresse quelqu’un…

Michel Bayet

Chronique d’un Fontenaisien qui est atteint du COVID : 3 – la surprise

Découvrir de nos jours que l’on est atteint par le COVID n’est pas d’une grande originalité… sauf que quand c’est vous que ça concerne… Faut-il parler de stupeur ? S’embarquer dans ce genre de galère, avec un facteur de comorbidité qui vous a mis à plat les défenses immunitaires quelques mois plus tôt… voilà un projet!

J’étais resté à Paris dans l’attente de mon vaccin que j’ai finalement reçu le 20 mars à l’excellent vaccinodrome de Clamart (Pfizer). J’ai dans la foulée rejoint mon épouse qui était à côté de Besançon dans notre maison de famille. Après quelques jours pendant lesquels, je n’étais pas très en forme mais sans signe aigu, je me suis retrouvé le 2 avril (J1) devant le médecin généraliste local d’Arc-et-Senans. Une jeune femme énergique qui m’a vivement mis sur un doigt un capteur du taux de saturation de l’oxygène dans le sang et a derechef téléphoné au SAMU le plus proche pour m’envoyer aux urgences de l’hôpital universitaire de Besançon. Il était environ 11 heures. Mon taux n’arrivait pas à atteindre les 90% requis par la faculté.

Après mon admission sans même une brosse à dents en service de réanimation, passage d’un scanner : poumons très atteints….

À la fin du week-end, le service m’a transféré à la Clinique Saint Vincent dans un service de gériatrie ou de pneumologie recyclé en service spécialisé au COVID. Sans doute un partage des rôles plus efficaces entre l’hôpital et la clinique.

Nouveau scanner à J4: bonne nouvelle : pas de caillot, donc peu de risque d’embolie. Mais nouvelle zone du poumon inflammée. Mise immédiatement sous traitement de cortisones. Médicament proscrit au début de l’arrivée du COVID, mais maintenant prescrit à forte dose me dira plus tard un médecin…

Ma vie s’installe doucement, avec l’équipement idoine: faisceau cardiaque, arrivée d’oxygène, sonde de saturation de l’oxygène et musiques diverses et variées quand un paramètre sort du cadre ou qu’un fil se débranche, plus l’inévitable sonnette pour demander de l’aide. Le tout télésurveillé à partir du bureau des infirmières, à dix mètres de ma chambre. Jour et nuit.

A J33 – jour de mon anniversaire – la clinique me transfère dans un centre spécialisé de rééducation à la respiration. Débarrassé du COVID, dont je n’étais même plus porteur, il me restait à réparer le dommage fait à mes poumons. On était ramené à un cas classique, archi-connu…

Sans m’en rendre compte, j’avais perdu entre le 15 mars et J1, 13 kg, puis entre J1 et J33, 11 kg supplémentaires (mesures entrée hôpital)… Retour à mon poids de forme de mes … 15 ans!

A suivre.

Michel Bayet