Commentaire d’une Fontenaisienne, prioritaire sur la vaccination au COVID

Plutôt comiques les infos sur la Vaccination –  COVID !

Depuis l’ ouverture, j’ essaye de m ‘inscrire sans succès (assez âgée pour être prioritaire).

La mairie de Fontenay vous adresse sur Clamart , qui vous conseille Châtenay-Malabry. Je n’ ai plus l’ âge à faire 50 km, en voiture, pour aller me faire ” piquer ”

Je m’inscris à Châtenay ,pour être prévenue des prochaines opportunités:  Gagné … Depuis, je reçois régulièrement des alertes sur mon smartphone ” pensez à vous faire vacciner ! ” et ça s’arrête là, mais c’ est distrayant !

Je pense que ce rappel récurrent m’ est destiné , au cas où j’ aurais perdu la mémoire , ou confinée  dans une île déserte , je ne serais pas au courant de la pandémie (à quoi bon , dans ce cas ? )

Mais, j’ ai sous les yeux un aide – mémoire , envoyé à mon nom , par la poste, du Ministère de la Santé ” pensez à vous faire vacciner”!…

Sauf à être, non – voyante, paralytique,amnésique, en panne de TV ou d’ internet ou ne sachant pas lire ou parler pas le français, ou gâteuse, dernière excuse …Il m’ est difficile d’ oublier que ” JE DOIS ME FAIRE VACCINER CONTRE LE COVID ”

 Mme Marie-Hélène Boulestreau  

Petite analyse de la population de Fontenay-aux-Roses (6ème document). Structure des ménages et familles. Besoins scolaires.

Monsieur Candide : pour nous limiter à la structure de la population de Fontenay, vous nous avez parlé,

  • En document 1, de l’évolution globale de la population et de sa constance après correction des anomalies constatées sur les recensements anciens antérieurs à 2014.
  • En document 2, de l’évolution économique à la baisse des Fontenaisiens, principalement due au fait de l’augmentation rapide du nombre de logements sociaux (de 3.000 à 4.400) en conséquence des opérations Icade autorisées par la mairie en 2010.

Je vous signale que, sur l’ensemble de ces études, le nombre de lecteurs sur « Les Nouvelles de Fontenay » bat des records absolus, records soulignés par son animateur, avant prise en compte des autres lecteurs (autres sites, envois directs, …).

Pouvez-vous maintenant nous parler plus en détail de la structure de la population de Fontenay par sexe, par âge, par diplôme, si possible par quartier ?

Disons pour l’instant que, par tranche d’âge, la population s’établit comme suit :

(il s’agit des millésimes définis ci-après et « 2012 Red » voulant dire : 2012 Redressé).

Cet ensemble de  tableaux appelle d’abord des remarques sur sa construction :

  • Les chiffres, issus des recensements Insee, ne concernent pas des années mais des millésimes, terme spécifique à l’Insee et représentant la moyenne de 5 années consécutives ;

-Millésime 2012 = 2010+2011+2012+2013+2014,  le total divisé par 5 et portant le nom de l’année centrale.

-Millésime 2017= 2015+2016+2017+2018+2019 /5 (dernier millésime connu)

  • L’Insee donne la population des millésimes 2012 et 2017 par quartier (Iris), par âge … et nous considérons ces données comme fiables sous réserve de corriger deux anomalies que nous avons détectées :

-Ainsi, la population millésime 2012 comprend 7% d’erreurs (voir document « 1 ») et nous avons procédé à un redressement desdits 7% d’où le nom de « 2012 Redressé » (abrégé  en « 2012 Red »).

– Il y a également une anomalie sur le nombre d’hommes : il en manque (voir ci après).

Ces anomalies s’expliquent : rappelons que, à titre d’exemple, en 2008,  le maire recrutait en décembre des agents-recenseurs pour aller sur le terrain en début de 2009, d’où la délibération suivante en  conseil municipal :

Le redressement opéré pour le millésime 2012 amène plusieurs remarques :

  • Le redressement de 7% est calibré pour ramener la population 2012 au niveau de 2019, considérant ainsi que les anomalies constatées ont concerné toutes les segments humains ou géographiques (Iris) de la même manière.
  • Nous considérons ainsi que le volume de population 2012 était erroné mais que la structure sous-jacente par âge, Iris, …. était exacte sous réserve d’une autre anomalie par sexe dont  nous  parlons ci-après.

Allons tout de suite aux conclusions :

  • La population stagne en volume (aspect déjà démontré en document 1) mais
  • La population se transforme très profondément au niveau des structures sociales et les écarts sont tels qu’ils dépassent largement une approximation éventuelle sur le redressement 2012 mentionné ci-dessus (+7%).
  • la période couverte par les 2 millésimes 2012 et 2017, courant de l’année 2010 à l’année 2019, est suffisamment longue pour pouvoir percevoir cette évolution.

Cette évolution inclut, pour causes fondamentales, l’évolution normale de la population mais avec l’impact de la transformation de 1.400 logements privés (Icade, filiale CDC) en logements sociaux (voir documents 2 et 4) et modification correspondante, progressive,  de la typologie des locataires.

Conséquences :

  • Au niveau total de la population stabilité (- 72) sur l’ensemble de la population.

Une analyse du nombre de ménages montre plusieurs évolutions entre 2012 et 2017:

  • Une baisse du nombre de ménages d’une personne -156
  • Une baisse des autres ménages sans enfants -121
  • Une baisse des couples sans enfants -115
  • Une baisse des couples avec enfants -44
  • Une hausse des familles monoparentales +288

Ce tableau appelle de nombreuses remarques :

  • Nous verrons ci-après que cette augmentation du nombre des jeunes ne constitue qu’un phénomène « feu de paille » et que la décroissance de ladite jeunesse est déjà largement entamée.
  • Le nombre d’enfants par famille est constant à 1.40 enfants présents au domicile ce qui confirme qu’il n’y a pas d’arrivée significative de familles avec un nombre d’enfants élevé (voir tableau ci-après) et qu’il existe un contrôle des naissances significatif.
  • L’Insee appelle du nom de « famille » des habitants d’un même appartement avec enfants. Un nombre d’enfants présents au domicile de 1.4 ne signifie pas que les familles n’ont que 1.4 enfants car, à titre d’exemple, une famille dite de « 2 enfants » en a d’abord 1, l’ainé, puis 2 quand le cadet arrive, puis à nouveau 1 quand l’ainé part vivre de ses propres ailes.

1.4 enfants présents signifie que les familles ont eu en moyenne légèrement  moins de 2 enfants. Nous reviendrons sur ce concept dans l’analyse de la population par quartier (Iris), document futur en cours de préparation.

Anomalie du nombre de familles monoparentales :

Partons de la structure de la population :

Dans ces chiffres, le nombre de familles monoparentales telles que vues par l’Insee et les enquêteurs de la ville (1402) est erroné car de nombreuses familles se déclarent faussement monoparentales, sans le père,  alors que celui-ci est réellement présent.

Les 2  tableaux  ci-dessous montre que les recensements totaux, pour les classes d’âge 15 -44 ans,  font état d’un excès de femmes en âge de procréer de 740 personnes (en fait 738) par rapport au nombre d’hommes alors qu’il devrait y avoir grosso-modo égalité (sauf, d’évidence, dans les périodes d’après guerres de 14-18 et 39-45 aujourd’hui révolues).

Il est significatif que, pour les tranches d’âge de 30-44 ans, l’écart diminue légèrement (de -436 à  -302) car, avec le temps, les enfants ayant grandi, les aides maternelles diminuent et le « camouflage » du papa est moins opportun financièrement.

En clair, sur les 1.402 familles monoparentales déclarées sur le millésime 2017, grosso-modo la moitié relève de mères qui font semblant de vivre seules mais Papa est présent.

En ce sens :

  • Le nombre total d’adultes de la population de la ville est minoré de ces 740 papas non déclarés
  • Le nombre de mères célibataires redescend à 700
  • Le nombre d’enfants est juste
  • La population de Fontenay est à majorer de 740 papas pour atteindre quasiment 26.500 personnes.

Monsieur Candide : dans ce cadre, comment  évolue la population scolaire actuelle à Fontenay ?

Selon l’analyse par millésime de l’Insee, la population par classe d’âge des enfants diminue :  la population 2-5 ans avec 316 enfants par année en millésime 2017 est plus nombreuse qu’en millésime 2012 (304) mais moins nombreuse que ses ainés 6-10 ans (344) : dit autrement, la population scolaire en élémentaire va progressivement baisser. Nous allons le confirmer ci-dessous.

L’arrivée en primaire des classes d’âge aujourd’hui en maternelle (316 enfants) venant prendre la place de générations déjà en élémentaire mais qui vont la quitter progressivement (344  enfants par classe d’âge), permet de connaitre une diminution de 30 élèves (28 pour être précis) par classe d’âge (soit progressivement 150 sur le cursus scolaire primaire de 5 ans). Nous allons voir ci-dessous que ce phénomène va  perdurer et  s’accentue déjà dans le cadre de la population actuelle.

Monsieur Candide : combien de nouveaux enfants avec la construction de 2000 nouveaux logements ?

Repartons du tableau vu ci-dessus et notons qu’il indique 1.4 (et 1.38) enfants par famille (et non par logement).

Calculons le nombre d’enfants dans ces nouveaux 2.000 logements :

Nous ne connaissons évidemment pas la typologie des futurs immeubles non encore définis  mais, sur la base de 2.000 logements et du ratio de 2.2 personnes/logement, la population complémentaire s’établit à 4.400 personnes

La  prise en compte des logements vacants ou de logements en résidences secondaires (voir ci-dessous le calcul relatif au parc actuel) conduit à baisser la population nouvelle de 8% et à prévoir environ 4.000 personnes environ.

Nous faisons l’hypothèse que pour les nouveaux logements, il y aura le même pourcentage de familles avec enfants que celui qui existe actuellement sur la ville.

Le nombre d’enfants par classe d’âge issus des 2000 logements à construire va s’établir, à terme, en période de croisière, à environ une soixantaine d’individus :

Monsieur Candide : votre ratio de 1.4 enfants par famille avec enfant varie-t-il selon les milieux, classes populaires, classes plus bourgeoises ou par quartier ?

Non ! Ce ratio varie très peu, entre 1.3 et 1.6 (sauf 1 cas à 1.7) et des quartiers populaires, comme Blagis et Buffets, connaissent 1.5.  Ce ratio, variant ainsi très peu,  est fiable et constant.

Monsieur Candide : Ces 60-61 enfants viendront en plus dans les effectifs scolaires. Quels seront alors les effectifs ?

 Revenons sur le fait que la Ville a connu une variation à la baisse des effectifs d’enfants, variation structurelle et pour longtemps.  Insee, la mairie, l’Education Nationale le confirment :

Approche Insee :

Ces données de l’Insee par millésime s’inscrivent comme suit :

288 enfants/an : la baisse de 30 naissances par an entre les millésimes 2014 (318) et 2019 (288).

 Approche Mairie :

L’analyse par année (et non par millésime) des naissances permet de constater cette diminution et  l’accentuation de la tendance à la baisse : de 317 à 276 naissances par an, la baisse est de 41 élèves :

Approche Education Nationale :

Après avoir vu les chiffres de l’Insee et de la mairie, regardons ceux de l’Education Nationale :

(on notera une erreur, corrigée par nous,  de l’Administration sur l’école privée Saint- Vincent qui connait école maternelle et primaire).

Les classes d’âge constatées en maternelle et en primaire sur l’année scolaire 2019-2020 (dernière année publiée)  s’établissent à 238 (maternelle) et 262 (primaire).

Le maximum connu en 2013, 318 naissances (voir ci-avant), a ainsi connu une baisse très sensible à 240-260 élèves, niveau  qui permet d’intégrer sans aucun mal la soixantaine d’élèves par classe d’âge issus des 2000 nouveaux logements.

En synthèse, la baisse des effectifs actuels libère des places pour les enfants des nouveaux 2000 logements.

Cette situation va encore évoluer vers le bas du fait de plusieurs facteurs dont :

  • Baisse continue de la natalité au niveau national
  • Baisse de la natalité à Fontenay du fait du nombre de mères célibataires qui visent majoritairement à n’avoir généralement qu’un enfant (pour éviter de problèmes économiques) quand une femme en couple vise généralement à en avoir deux.
  • Vieillissement de la population fontenaisienne.
  • Bâti actuel, à Fontenay, non favorable.

En synthèse, construire 2000 logements ne conduit pas à devoir  construire une école ainsi  que cela est proclamé par certains.

A contrario, ces nouveaux 2000 logements  éviteront peut-être la fermeture d’une école !

Il est, par contre,  certain, nous le montrerons, que les besoins évolueront différemment par quartier (Iris) et que le problème de modification de la carte scolaire se posera mais c’est un problème simple qui ne demandera pas d’investissements significatifs.

Monsieur Candide : et les crèches ?

Pour ce qui concerne les crèches, la situation est identique ; avec  les berceaux existants et les berceaux à venir dans des opérations déjà initiées, les bébés des logements existants ou des 2000 à construire trouveront tous un berceau.

De plus, il y a des solutions autres : crèches associatives, crèches privées, nounous familiales, … toutes solutions déjà présentes à Fontenay.

La baisse de la natalité, comme pour les écoles, va faciliter le problème et l’intégration des nouveaux habitants en couches-culottes devrait s’effectuer sans heurts.

Monsieur Candide ; Si je comprends bien, pour ce qui concerne crèches et écoles,  pas de problèmes.

Vous avez tout compris. Nous allons nous arrêter là.

Nous montrerons, dans une prochaine note, que la construction de 2.000 logements et le maintien, malgré ce, du total de population scolaire et en crèches, aura un impact positif sur la ville et l’ancien maire-adjoint aux Finances montrera que cette stratégie permettra d’améliorer très sensiblement les finances de la ville.  C’est même la seule solution !

Amicalement à tous les Fontenaisiens.

Jean-Michel Durand

Ancien Maire-adjoint aux Finances et Logements-Sociaux 2014-2020.

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 14/14)

Chapitre 14ème  : Epilogue

Le soir du lundi, soit 2 jours après leur enlèvement aéroporté, le maire et l’ancien maire sont ramenés dans une voiture banalisée à Roses-les-Trois ou Cinq-Fontaines ; plus personne ne sait.

Ils se font déposer devant la mairie, le bassin et sa statue. Ils ne sauront jamais, pourquoi ils ont été enlevés, ni où ils ont pu aller, et surtout à quoi l’un ou l’autre aura échappé.

Finalement, ils ne sont pas mécontents de leur mésaventure. Ils ont vécu 2 jours dans un lieu surprenant. Ils ont choisi chacun de commander des plats et ils ont goûté des mets exquis sortant de l’ordinaire avec des vins et spiritueux adaptés dont ils n’ont pas abusé car, rappelons-le, ils sont tous les deux médecins.

L’un aura passé de nombreuses heures à faire du sport en essayant toutes les possibilités de l’appareil de musculation multi fonctions avec ou sans le gilet à impulsions électriques. Et il aura ressenti de nombreuses courbatures jusqu’à la fin de la semaine suivante. Après avoir zappé sur les chaines d’information, le second hôte aura bien apprécié la chaine 18 puis lassé, il sera revenu sur les 4 autres chaines. Et miracle, par une combinaison d’appuis touches imprévus, il sera tombé sur d’autres chaines que celles préprogrammées : anglophones, allemandes, chinoises, portugaises, etc. Ceci lui aura permis d’entrevoir une vision différente de celle des chaines francophones.

Ainsi, ils auront pu se dégager de leur vie courante, ô combien chargée, avec ce week-end improbable, et auront été choyés comme des ……………. coqs en pâte !

Ils se saluent et repartent chacun chez eux en réfléchissant à cette séquestration confortable qu’ils ont vécue.

Comme en ce soir du dernier jour de novembre il fait vraiment froid, en chemin ils s’emmitouflent dans leur veste d’hiver, et mettent leurs mains dans leurs poches. Et surprise, elles sont pleines d’une poudre de quelque chose, froide naturellement mais assez dense tout de même. Leur premier geste est de retirer leurs mains de leurs poches en prenant une poignée de cette poudre. Chacun de leur côté, à la lumière des réverbères ils regardent ce que c’est, puis laissent couler la matière sur le sol. C’est du sable. En plus de leur absence inexpliquée, qui donc a pu leur faire cette farce ?

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 13/14)

Chapitre 13ème  : Dans lequel un grain de sable fatidique fait irruption dans cette assemblée

Tous les membres de ce Conseil, y compris les gardes du corps, se regardent, se congratulent. Tous étudient ou relient les notes fournies dans le fascicule. Certains font semblant de refaire des calculs, bien que n’y comprenant pas grand chose. La profondeur en palmes au carré du bassin par rapport à la magnitude relative d’une des étoiles considérées, fait réfléchir certains. Le cheminement souterrain de l’arrivée de l’eau jusqu’à son évacuation fait beaucoup d’effet, en particulier avec des valeurs numériques et les rapports avec la voûte étoilée et certains monuments d’Égypte ancienne.

Médecine-Femme et Trois-Dés sont particulièrement intéressées l’une aux calculs et l’autre aux photographies de par leurs formations et métiers respectifs.

Tout à coup Médecine-Femme regarde attentivement quelques photos très précises et alors que l’on ne l’avait pas souvent entendu, elle s’exprime :

« Vous avez vu, sur la place juste à côté du bassin, on dirait qu’il y a un gallinacé.

– On dirait même la statue d’un coq, complète Trois-Dés qui se penche sur les photos et poursuit :

« Un superbe emblème, que ce coq gaulois. Belle composition, droit et debout, fier ! » car elle connaît et reconnaît les choses de sa profession.

C’est alors que Masquaw s’empare des photographies, objet des dernières remarques. Elle étudie attentivement les images, en recherche d’autres qui couvrent le même sujet sous de nouveaux angles. Tous les membres du Conseil la regardent dubitatifs et se demandent ce qu’elle a pu trouver qui requiert tant d’attention de sa part.

On sent qu’elle va s’exprimer. La tension de l’assemblée est perceptible car son regard devient dur, ses traits se figent. Elle va parler.

Et là d’une voix douce assourdie par le bureau moquetté de mousse, elle déclare :

« Oh le pauvre ! Il a été déposé sur une dalle en pierres. Mais il aurait fallu faire plus réaliste. Il aurait mieux été installé à côté d’un carré de sable pour qu’on puisse supposer qu’il picore.

– Mais ! » répond le Grand Chef à Plumes :

« Ce n’est qu’une statue ! Elle est très bien là où elle est, et en plus à côté d’un bassin ! C’est idéal.

– NON ! » tranche Masquaw. « Dans ces conditions, je ne souhaite plus que l’on choisisse un Premier Chef à Plumes de cette façon. Je pense qu’il faut reprendre les recherches avec un nouveau cahier des charges. L’idée du bassin était bien. Pourquoi ne pas choisir une commune possédant une source par exemple… et que dans la dénomination de celle-ci, il y ait le nom d’une couleur, vous voyez ? … comme Rouge…. ou Rose ! »

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 12/14)

Chapitre 12ème : Dans lequel on découvre les autres critères du cahier des charges

Alors Déplumé ouvre un fascicule épais qu’il tenait dans une sacoche et commence à expliquer principalement à Masquaw, mais également à tous les participants à cette réunion :

« Nous avons suivi scrupuleusement le cahier des charges. Concernant le nom de la ville, de la commune, du quartier, de la zone ou du lieu-dit, il y avait déjà peu d’élus. En France métropolitaine et dans les DOM, il n’y a que peu de noms qui fassent apparaitre, même phonétiquement, un numéro, un chiffre ou du moins qui évoque une valeur numérique.

Quand nous avons découvert qu’une commune avait eu deux dénominations comportant des nombres, là, nous avons compris que nous commencions à toucher au but ! Mais cette commune n’était naturellement pas seule sur les rangs. Aussi avons nous continué d’étudier la compatibilité des communes avec la suite du cahier des charges.

Nous avons donc recherché dans ces communes présélectionnées des bâtiments, monuments, ruines, statues, lieux remarquables naturels ou humains dont les calculs mathématiques nous amèneraient au choix définitif.

Et là une fois encore, cette commune est ressortie du lot. En effet, devant la mairie se trouve un bassin dont les dimensions et le positionnement répondent aux indications stipulées dans le cahier des charges. Dans le langage des bâtisseurs, sa longueur fait 17 coudées, 1 palme et ½ paume autrement dit quasiment 4 toises et 3 pieds comme on disait chez nos Rois de France. Et sa largeur fait 13 coudées et 2 palmes soit environ 3 toises et 3 pieds.

Nous avons des valeurs remarquables. Je vous laisse refaire les calculs mais nous les avons tous vérifiés : produits des carrés en relation avec la somme des cubes et des racines carrées des quotients, hypoténuses, etc …

En ce qui concerne le positionnement, le 11 mai de cette année, jour du 1er déconfinement, à 23h23, le grand côté du bassin a été aligné avec la droite qui joint Dénebola ou Cassiopée ou je ne sais plus trop bien ! avec Antares ou Sirius ou, ah je ne me souviens plus ! mais encore des éléments favorables au choix de cette commune et par conséquent aux deux personnes sélectionnées.

– Bravo. Très bien. Extraordinaire » s’exclame Masquaw qui poursuit en s’adressant au Grand Chef à Plumes :

« Il ne nous reste plus qu’à confirmer ces éléments puis il faudra choisir l’homme qui sera Premier Chef à Plumes dans 2 jours ».

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 11/14)

Chapitre 11ème  : Dans lequel le choix demandé est difficile

Masquaw entre dans le bureau et crie à la cantonade :

« Bonjour tout le monde » sans se douter qu’elle a failli provoquer une catastrophe nucléaire. Après ce moment intense de panique, tous les participants se relèvent, se redressent, rangent leur attirail professionnel, armes ou tire-tique, et reprennent un peu de leur prestance qu’ils avaient 5 minutes auparavant.

Le Grand Chef à Plumes ne fait pas état de cette bousculade et s’adresse à Masquaw en ces termes : « Nous avons trouvé le nouveau Premier Chef à Plumes. Enfin nous en avons eu deux, on verra lequel on choisira. Mais en tous cas, pour le premier critère, ils portent bien deux prénoms comme notre PremierChef à Plumes. C’est très voisin. Veux-tu deviner ?

– C’est Gérard Philippe !
– Non, c’était un grand acteur mais ce n’est pas ce nom.
– C’est Danyel Gérard.
– C’est un chanteur mais ce n’est pas lui.
– C’est François Valéry ?
– Non. Ce n’est pas un chanteur je t’ai dit.
– Guy Georges ?
– Mais non, il est en prison.
– Ce n’est pas Didier Raoul, par exemple ?
– Ah, surtout pas ! » s’exclame le Grand Chef à Plumes.
« Comme tu ne trouves pas, voici les deux noms : Baptistin MARCEL et Antonin FERDINAND »

Masquaw hoche de la tête, semble réfléchir intensément puis s’exprime :

« Il faut absolument en choisir un seul. Leurs noms et prénoms, c’est un fait, mais avez-vous fait leur comptage ?
– Exactement identique » répond Déplumé. « Baptistin MARCEL et Antonin FERDINAND totalisent chacun 162 points.
– Rappelez-moi comment vous faites. » questionne le Grand Chef à Plumes en écarquillant les yeux.
« C’est très simple » rebondit Déplumé, très excité :
« C’est le code de nos éclaireurs, enfin de nos trappeurs, avec a=1, b=2, etc … et on fait la somme, soit 162.
– Très malin, mais ils se différencient bien par un 2ème voire un 3ème prénom ? » questionne Masquaw.
– Ils possèdent chacun 2 autres prénoms : Simon Maurice pour le premier et Henry Bastien pour le second. Mais, ces prénoms totalisent chacun 70 points. Donc égalité absolue !
– Et leurs dates de naissance ?
– Résultats totalement identiques. Comptez : 14 juillet 1970 et 29 février 1960 !
– Leurs activités ou métiers ?
– Tous les deux médecins !
– Leurs conjoints ?
– Largement trop compliqué !
– Leurs enfants ?
– Également trop compliqué !
– Bon, on verra plus tard » finit par répondre Masquaw qui complète :
« Passons aux autres critères demandés dans le cahier des charges»

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 10/14)

Chapitre 10ème  : Dans lequel un nouveau personnage fait une entrée fracassante

Le Grand Chef à Plumes s’exprime : « Maintenant, il faut que je partage ce grand moment. Appelez-moi Masquaw » demande-t-il à Déplumé.

« Moscou ? Vous voulez M. Poutine, ou ? … M. Poutine ? »

– Masquaw, j’ai dit.

– Ah, masko ?

– Non, Masquaw, Mabribri, ma femme quoi !

– Mafemmekoi ? Enfin Masquaw. Oui, oui, je comprends. Tout de suite Grand Chef. »

Et Déplumé sort d’une de ses poches, un de ses nombreux téléphones passe-muraille. Après une courte discussion, il annonce :

« Je lui ai parlé. Elle arrive dans 5 minutes. Pour elle c’est une grande première de venir dans ce bureau hexagonal secret ».

Toutes les personnes présentes soufflent un peu après cet échange un peu tendu et leurs regards sont tous braqués vers la porte par laquelle ils sont entrés une heure auparavant.

Soudain, un grincement de porte se fait entendre derrière eux. Et là, branle bas de combat :

Deux des 3 gardes du corps se jettent sur le Grand Chef à Plumes, le mettent au sol et le protège de leur grands corps. Heureusement que la moquette mousse aura amorti cette chute provoquée.

De leur côté, le 3ème gorille et la femme garde du corps, se retournent vers la porte en train de s’ouvrir, et sortent l’un, un énorme pistolet bazooka, l’autre, se tenant sur un pied s’apprête à claquer avec son autre pied pour déclencher l’envoi des lames empoisonnées.

Porte-Plume et Trois-Dés sidérées, se mettent à 4 pattes et essaient de se réfugier derrière des chaises.Restant professionnelles, l’une continue à prendre des notes sur sa petite tablette et l’autre tente de photographier le Grand Chef à Plumes sous les 2 gardes du corps. Medecine-Femme, se jette derrière son caddie, l’ouvre rapidement, met son stéthoscope sur ses oreilles et prépare son tire-tique au cas où.

Presse-Bouton utilise les réflexes pour lesquels elle s’est entrainée pendant tant d’années. Elle se précipite sous la table, ouvre sa mallette et commence à pianoter sur son ordinateur. Elle chuchote au Grand Chef à Plumes, toujours écrasé par ses 2 gardes du corps, en lui tendant le clavier :

« Votre annulaire gauche et votre annulaire droit où vous avez les grigris pour les empreintes, vite, afin de déclencher les représailles. Au fait, quelle capitale doit-on rayer de la carte ? »

Pendant cette bousculade, Déplumé reste coi, se retourne tranquillement vers la porte arrière qui a fini par s’ouvrir et dit :

” Bienvenue, Masquaw. Vous avez bien trouvé le chemin raccourci que je vous avais expliqué ! ”

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 9/14)

Chapitre 9ème  : Dans lequel on se doute maintenant qui sont les deux lauréats

Déplumé poursuit :

« Voilà, quand on a découvert qu’il y aurait deux lauréats, nous avons dû remanier totalement le lieu de leur résidence temporaire. Nous avons été contraints de créer un second appartement avec toutes les commodités comme vous me l’avez demandé. Compte-tenu de leur fonction présente et passée, le premier se situe au 3ème sous-sol du Palais-Tepee et l’autre se trouve au 5ème sous-sol.

Naturellement, après les avoir amenés, on leur a laissé une ligne téléphonique pour qu’ils puissent appeler leurs proches, sachant que leurs portables ne passent pas depuis les sous-sols et qu’ils n’auront eu aucun moyen de savoir où ils se trouvent.

Chaque appartement est constituéd’une chambre, d’une cuisine toute équipée et avec de quoi faire la cuisine, mais ils peuvent également commander des repas tout préparés au moyen d’un interphone qui accède aux cuisines du Palais. C’est vraiment pour eux un honneur. Ils ont également des toilettes et salle de bain design, et enfin, ils disposent d’un superbe bureau comme il se doit.

Dans un coin de ce bureau, ils peuvent se dépenser avec quelques appareils de sport : un appareil multi fonction à tout faire avec un gilet donnant des impulsions électriques comme on en trouve dans les télés shopping. Et dans l’autre partie du bureau, pour s’informer et se cultiver a été installée une TV à écran plat dernier modèle, et une télécommande à 5 touches ; 4 pour les 4 chaines d’informations en continu, et une touche pour la chaine culture, la 18 je crois. Nous avons voulu éviter la chaine américaine Donald Channel car vous vous doutez pourquoi.

Ils disposent naturellement d’un bar, mais les bouteilles d’alcool ne peuvent délivrer que l’équivalent d’une mignonette toutes les heures, et couvre-feu entre 21h00 et 6 h du matin. Pendant cette période, ils n’ont accès à aucune victuaille ni boisson, sauf de l’eau.

– C’est très bien. Excellent » répond le Grand Chef à Plumes et maintenant leurs noms ?

– Il s’agit de Baptistin MARCEL et Antonin FERDINAND » répond Déplumé après avoir relu ses notes.

« Extraordinaire. Vous avez très bien travaillé » félicite le Grand Chef à Plumes.

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 8/14)

Lundi de la semaine suivante au Palais-Tepee, soit deux jours après le samedi mouvementé et héliporté

Chapitre 8ème  : Dans lequel on redécouvre le véritable fonctionnement de l’Administration

Dans le bureau hexagonal du Palais-Tepee, les mêmes personnages que mercredi dernier se retrouvent.

Le Grand Chef à Plumes est anxieux. Il parcourt la pièce dans tous les sens toujours de sa démarche chaloupée et suivi de son officier de sécurité à trois pas derrière. Il parle enfin : « J’ai hâte de voir qui m’a été désigné par Déplumé ». Et s’adressant à lui : « Alors ? ».

Déplumé s’exprime : « Le choix a été difficile mais sans appel. On a tout d’abord recherché une commune qui répondait précisément au cahier des charges. Ensuite, dans cette commune, on a recherché un notable, comme vous avez demandé, qui porte un double prénom. Mais en fait, je vous ai trouvé deux prétendants dont le résultat des calculs les met à égalité totale.

– Comment ? Je ne saisis pas bien !

– Si Grand Chef à Plumes !

– Et ?

– On a trouvé le maire de Roses-les-Cinq-Fontaines et l’ancien maire de Roses-les-Trois-Fontaines qui sont à égalité parfaite, sans pouvoir les départager.

– Je ne comprends rien. Ce sont deux communes distinctes, non ?

– Non c’est la même commune, mais elle a changé de nom au cours de l’été.

– Je ne comprends toujours rien » répond le Grand Chef à Plumes.

« Je poursuis » ajoute Déplumé.

« Un dossier de changement de nom de commune a été déposé au milieu de la mandature précédente par la municipalité. En réalité, en faisant quelques investigations, j’ai découvert qu’un enfant d’un des conseillers municipaux, je suppose un surdoué précoce, avait pu se connecter, au travers du PC de son père ou de sa mère, à des sites administratifs protégés et a fait cette démarche. C’était je crois le 1er avril 2017. Il a pu accéder à tous les formulaires et les a complétés sans doute de façon cohérente et avec une bonne argumentation sur le besoin de changement de dénomination. Et le 15 août en plein milieu de cet été, un samedi de surcroît, le dossier a été accepté sans contrôle ni vérification de la provenance de la démarche, de sa pertinence ni de sa véracité.

– Ce n’est pas possible ! C’est insensé ! C’est inimaginable !

– Et si ! » répond Déplumé qui continue :

« On croit qu’il y a un haut fonctionnaire, présent ce samedi 15 août, qui a validé cette demande. On ne sait pas qui il est ni comment il a agi. Le dossier administratif, très bien rodé comme vous le savez, a suivi le circuit normal, et le Journal Officiel a publié cette décision le 1er septembre à 0 heure. Maintenant, la décision a été prise et elle est irrévocable alors que le maire réélu n’avait pas l’ombre de connaissance de cette procédure. Maintenant, la commune qui s’appelait Roses-les-Trois-Fontaines, s’appelle dorénavant Roses-les-Cinq-Fontaines.

– C’est absurde. Comment une telle décision a-t-elle pu être prise ?

– Ce sont les hauts fonctionnaires qui décident de tout, vous le savez bien. Et l’administration déroule les procédures sur la forme jusqu’à ce qu’elles arrivent à leurs fins sans aucun contrôle sur le fond.

– C’est un fait, mais l’auteur de cette bévue a-t-il pensé à tout ? Ou est-ce un fou ? Ou un placardisé comme il y en a tant dans les ministères et qui a profité du 15 août pour agir ? Vous vous rendez compte, changer toute la paperasserie administrative d’Île-de-France, de tout le territoire, voire de la planète. Et les sites internet ? Et les transports en commun ? Et les cartes routières ? Et les panneaux de circulation ?

– Ce sont les écolos qui seront contents. Cela fera du bazar de plus pour perturber la circulation routière, des bouchons en plus, des automobilistes qui se perdent un peu partout… » complète d’un air goguenard Déplumé.

« – Bon ça va. Passons à l’essentiel : les deux lauréats ? »

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 7/14)

Chapitre 7ème  : Dans lequel on commence à comprendre la dure vie de Grand Chef à Plumes

Arrivé dans le bureau hexagonal et entouré de tous ces personnages, le Grand Chef à Plumes est énervé. Il parcourt la pièce dans tous les sens d’un pas chaloupé compte-tenu de la moquette mousse, et toujours suivi de son officier de sécurité à trois pas derrière.

« Ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible. Il rate tout. Il a raté le déconfinement, il rate le reconfinement. Il a raté les tests. Il a raté les produits essentiels. Mais qui m’a donné un Premier Chef à Plumes comme cela. J’aimais pourtant bien son accent étranger,… enfin provincial, mais finalement, je préférais le premier Premier Chef à Plumes ! Et puis je trouvais que son double prénom sonnait très bien pour la fonction ».

Il s’adresse à « Déplumé » et à « Porte-Plume » :

« Je vais changer de Premier Chef à Plumes. Je vais choisir un homme nouveau que l’on connait très peu mais qui réunira, j’en suis certain, toutes les qualités que j’attends de lui. Ensuite six mois avant ma réélection triomphale, je choisirai une femme Premier Chef à Plumes. J’ai déjà son nom en tête mais je le tairai.

Pour ce qui m’importe à courte échéance, voici le challenge que vous, Déplumé, devrez accomplir avant samedi. Il me faut un notable, député, sénateur, maire, conseiller général, peu importe, et quel que soit son parti politique ou même sans étiquette. La condition première est qu’il porte deux prénoms, un peu comme mon premier Premier Chef à Plumes ».

Ensuite, il demande à Porte-Plume de lui apporter la petite mallette qu’elle portait discrètement sous le bras. Il l’ouvre et confie à Déplumé, un petit livret format A4 d’un bon centimètre d’épaisseur.

« Voici le cahier des charges complet ! Je vous laisse 3 jours. Vous me ramènerez ce samedi le nouveau Premier Chef à Plumes, en toute discrétion. Et silence, il ne doit pas savoir pourquoi il est ici, ni même où il se trouve. Mais, vous me le soignerez aux petits oignons le week-end avec tout le confort possible. Il pourra appeler ses proches pour leur indiquer qu’il va bien et qu’il sera appelé à de très hautes fonctions nationales et ultrasecrètes. Ensuite plus de portable. Vous me le ferez venir ici lundi afin que je le l’intronise. Et maintenant au travail ! »

Eric Wolinski