Vélo : Stein van Oosteren sort son premier essai

Chers Fontenaisiennes et chers Fontenaisiens,

Souvent on m’appelle affectueusement – enfin, j’espère 😊 – « Monsieur Vélo », car je suis président de l’association FARàVélo (Fontenay-aux-Roses à Vélo). J’ai le plaisir, chers habitants de ma ville, de vous annoncer que le 6 mai prochain, mon essai « Pourquoi pas le vélo ? » sera en librairie. Ah, vous n’utilisez jamais le vélo ? Ça tombe bien, c’est pour vous que j’ai écrit ce livre !

Le titre pose la question que beaucoup de citoyens et élus se posent en ce moment : pourquoi pas le vélo en effet ? Qu’est-ce qui empêche le pays du Tour de France de devenir aussi le pays du vélo urbain ? Je pense que les raisons se situent « entre les oreilles », notamment entre les oreilles de certains élus qui disent qu’il n’y a pas de place pour le vélo dans leur ville.

Le livre relate un échange avec notre député Jean-Louis Bourlanges que j’ai entendu expliquer, lors d’une réunion publique fin 2018, pourquoi le vélo n’est pas une bonne idée pour notre société. J’étais en colère en l’écoutant, car je ne pouvais pas lui répondre, il y avait beaucoup d’autres questions. J’ai donc écrit ce livre pour lui répondre, et pour ouvrir ce débat dont la société a urgemment besoin. Le titre du chapitre : « Les sept arguments anti-vélo de Jean-Louis Bourlanges ».

« Pourquoi pas le vélo » n’est pas un livre de colère, mais un livre de fierté. Saviez-vous que le nouveau réseau de coronapistes dont nous bénéficions depuis le déconfinement est le résultat d’une coopération entre notre département 92 et notre Collectif Vélo Île-de-France ? Saviez-vous que ce collectif citoyen est parti d’une réunion organisée par FARàVélo au café le Colibri à Fontenay-aux-Roses le 1er mai 2018 ? L’histoire de notre ville est très fortement marquée par le vélo, depuis que le Fontenaisien Louis Pouey-Mounou a initié la Coulée Verte dans les années 1970. Aujourd’hui c’est notre Collectif Vélo Île-de-France, dont je suis le porte-parole, qui initie le réseau RER Vélo (RER V) qui mettra, peut-être, le vélo dans votre quotidien. Que mon livre puisse nourrir le débat sur cette révolution !

C’est un livre d’amitié aussi : l’amitié pour tous les citoyens qui se sont engagés pour faire avancer la sécurité à vélo. Des dizaines d’associations vélo en France m’ont reçu comme un ami cher, et m’ont raconté leurs difficultés et leur rêve d’une société cyclable où leurs enfants pourront aller à l’école à vélo. Les centaines d’échanges avec eux ont été si passionnantes, que j’ai ressenti le besoin d’en compiler les pépites dans un livre pour les partager avec vous toutes et tous. Le résultat est un texte richement illustré, avec entre autres des photos d’Amsterdam du photographe néerlandais Thomas Schlijper et aussi de Fontenay-aux-Roses bien sûr ! L’objectif : nous faire réfléchir, débattre et regarder la rue et la société autrement.

« Pourquoi pas le vélo », au fond, est une déclaration d’amour à la France. Depuis 25 années à Paris et à Fontenay-aux-Roses j’ai appris, avec mon épouse Caroline, à vivre la vie à la française et à l’apprécier profondément. C’était mon rêve : vivre au pays des philosophes, parler leur langue exquise, boire leurs vins divins et tout ça dans la plus belle ville du monde ! L’écriture du livre était une joie, tellement j’avais envie de partager mon appartenance à cette société française si intense et particulière, dont le vélo est devenu finalement le « véhicule ».

L’auteur Olivier Razemon vient de présenter mon livre dans Le Monde : « Son regard de Néerlandais sur les réflexes des urbanistes, les aménagements plus ou moins ratés, les manies ridicules ou les petites fiertés des Français procure autant de plaisir qu’une belle balade à vélo sous un soleil de printemps ». Si ce plaisir vous tente, j’espère que vous le commanderez chez Michèle dans notre belle librairie « Les pêcheurs d’étoiles » – merci pour elle !

Stein van Oosteren

Petite analyse sociologique des besoins de reconstruction aux Blagis

Monsieur Candide : Dans la ville, qui doit décider ? Qui porte la responsabilité ?

 Certains disent que, compte tenu d’un taux de participation de 39.4%, l’équipe municipale,  n’ayant obtenu que 52.9% des voix,  n’a été élue, en 2020,  que par 20% des inscrits, avec 3.090 voix et que ces élus ne sont donc pas représentatifs ou, disent-ils que ce conseil municipal est légal mais pas légitime. Légalité versus Légitimité ! En revenir là, c’est déjà remettre la loi en question ! Les Fontenaisiens, par la médiation de la représentation, sont simultanément, sujets et souverains d’eux-mêmes. C’est sur cette approche que le contrat social s’opère.

Le seul problème est que, généralement, celui qui dit contester la légalité au nom d’une légitimité supposée  est, au mieux,  président auto-désigné d’une association ayant réussi à faire signer, au maximum, 150 personnes sur une pétition.

Dit autrement, le problème, dans la démocratie, est de savoir qui peut représenter les habitants, hormis les élus qui, eux, ont, pour le moins, la qualité certaine d’avoir été élus. Les autres citoyens doivent être écoutés, consultés, entendus …  mais ils ne portent pas la responsabilité de la décision d’autant que, derrière une approche « participative »  sincère peut se cacher, éventuellement,  un intérêt autre, politico-politicien ou plus personnel. Sur les 150 signataires d’une pétition,  la moitié peut éventuellement signer par intérêt personnel sur le sujet abordé !

Dans le cas des Blagis, soyons concrets et regardons quelles sont les personnes qui sont venues « combattre » l’abattage des quatre arbres ? Des gens qui n’y habitent pas mais voulant jouer un rôle municipal et des gens habitant sur place mais pas dans lesdits logements sociaux.

Hypocrisie et Intérêt personnel !

Monsieur Candide : Que pensez-vous du recours à la justice ?

A Fontenay, certains portent l’affaire en justice et voudraient que des juges décident de l’opportunité ou non à abattre ces arbres alors que le problème se trouve à l’intersection de deux approches juridiques possibles :

  • Défendons les arbres au nom de l’écologie …*
  • Défendons le droit à construire au nom du mal-logement et du D.A.L.O. : Droit Au Logement Opposable.

*Je trouve le chantage aux nids absolument insupportable car les logements sont également des « nids » mais des nids pour des personnes humaines. Je proposerai d’avoir, sur le relogement des personnes concernées, le ton ce Churchill en 1940 et de distinguer l’objectif : reloger des gens dans des conditions acceptables !  Sachons classer les priorités !

Au fil des années, la justice a développé progressivement une approche à l’anglo-saxonne par laquelle les juges en viennent à empiéter sur l’action politique quotidienne. Pour ne prendre qu’un exemple, le Conseil Constitutionnel a ainsi aujourd’hui un rôle qu’il n’avait pas au début de la Vème République.

De Gaulle, faisant rédiger la constitution actuelle, avait bien vu que le pouvoir judiciaire pouvait s’approprier une grande partie du  pouvoir politique et exécutif en définissant ainsi ce qui serait « légal » ou pas. Il en avait déduit que la Justice ne devait être qu’une « Autorité » mais pas un « Pouvoir » comme le sont le Législatif et l’Exécutif.

Ce même problème se pose à Fontenay : la Ville doit choisir et les Fontenaisiens sont divisés sur ce sujet : protéger 4 arbres ou développer la capacité de relogement des gens actuellement mal logés ; les deux approches, moralement et légalement, sont opposables et il serait totalement inopportun que ce choix éminemment politique soit laissé à des juges qui n’ont pas à choisir. Ce n’est pas leur fonction !

En dernier point, il y a dichotomie entre :

  • des gens bien logés, bien formés et disposant des fonds nécessaires pour mobilier la justice à leur avantage ; le problème, pour eux, étant théorique et lointain,
  • et des locataires sociaux, gens d’origine beaucoup plus modeste qui n’ont pas le même accès culturel et matériel à ladite justice ; le problème, pour eux, relavant du concret et de l’urgence.

Monsieur Candide : faut-il une Réhabilitation ou une Rénovation ?

Des élus des années antérieures à 2014 n’ont absolument rien fait pendant vingt ans aux Blagis mais viennent nous expliquer, aujourd’hui, qu’il ne faut pas démolir-et-reconstruire (« rénover »)  mais réhabiliter en adaptant l’existant  … et de citer toujours le même exemple de Bordeaux .

Réhabiliter pose, aux Blagis,  au moins deux problèmes :

  • Les bâtiments sont-ils réhabilitables ? tous les architectes interrogés ont répondu négativement : problèmes de structure, de plan, pas de place pour mettre des cages d’ascenseur, …. Sans parler de l’amiante ; Sur trois candidats retenus au concours d’architecte correspondant, un seul conservait quelques rares bâtiments.
  • Réhabiliter les bâtiments signifie garder la structure du quartier et, en conséquence, ne pas créer de voies nouvelles pour accrocher ce quartier au reste de la ville, sans parler des autres problèmes.
  • ….

L’architecte Castro, connu pour une orientation politique non totalement de « droite » et même franchement de « gauche »,  a été chargé du dossier, après concours :

Castro a lui-même conseillé la démolition-reconstruction et on peut donc être surpris quand des non-spécialistes n’ayant pas réellement travaillé le dossier …. viennent nous expliquer comment il faudrait faire …. Ce qu’ils n’avaient pas même envisagé de faire quand ils étaient aux affaires.

Monsieur Candide : Qui sont ces gens qui souhaiteraient donner leurs instructions sur la stratégie à suivre ? 

En partie, ce sont les élus aux manettes en  2010 quand la Ville a laissé procéder à la vente des immeubles ICADE à des bailleurs sociaux sans la moindre intervention technique pour améliorer les bâtiments ou les logements au bénéfice des locataires : opération uniquement financière avec  garantie en caution à 100% par la Ville et perte de quasiment 10 millions d’€ pour les finances municipales !

Sur ce point, le plaidoyer pro domo publié récemment par le maire de l’époque est un peu léger … et oublie de répondre à de nombreuses questions … ; le tout  sans donner les moindres justificatifs ou chiffres. A titre d’exemple, ses propos sur une promesse de dédommagement de perte de taxes foncières sont hallucinants ! C’est la base même du droit fiscal : la ville qui construit des logements sociaux voit ses recettes fiscales diminuer et, si l’Etat compensait une fois, il devrait généraliser ! Aucun écrit sur cette soi-disant promesse, évidemment !

Comme nous l’avons déjà montré, ces grands spécialistes ont cautionné, en 2010, des lignes de financement pour les rachats ICADE par les bailleurs sociaux, sur des durées d’emprunt de 50 ans, portant l’âge des immeubles à 110 ans en fin de financement.

Pendant encore les 40 ans prochaines années, les loyers des locataires iront d’abord au remboursement des emprunts des bailleurs avant de venir fondamentalement en amélioration des logements.  Ce choix n’aurait pas été le mien !

Soyons indulgents ! On peut penser que ces personnes ont appris depuis leurs premières erreurs !

On notera que la durée de financement, comme d’autres points, n’a pas fait partie de leur argumentaire de défense … car ils n’ont peut-être pas même vu le problème. Pour le moins ils n’en parlent pas ; un oubli, sans doute !

Monsieur Candide : La réhabilitation permet-elle la modification de la structure des logements ?

Nos grands néo-spécialistes ont oublié que le dessin des appartements des années 60 correspondait à la structure sociale de l’époque et que la sociologie des locataires et la typologie des appartements aujourd’hui n’ont plus rien à voir, comme le montre la comparaison entre un bâti ancien (celui de Fontenay) et celui plus récent des 10 autres villes de Vallée-Sud-Grand-Paris :

La structure entre types de logements  T1, T2, T3 ou T4 varie et la part des T2 et T3 augmente au détriment des studios ou des grands appartements.

Le nombre d’habitants par logement, dans les années 60 était de 3.2 personnes alors qu’il est aujourd’hui de 2.2.

Si les immeubles actuels des Blagis étaient maintenus, comment, dans ce cadre, considérer que la population actuelle et celle à connaître dans les 100 ans à venir pourraient  se loger dans des appartements structurellement construits à la va-vite des années 60 avec la sociologie de l’époque ?

Ces modifications dans les structures humaines passées,  actuelles et futures demandent une évolution parallèle de la structure des logements, ce que permet seule la rénovation avec constructions neuves.

Monsieur Candide : comment voyez –vous la prise en compte de la mixité sociale ?

Beaucoup de gens oublient également un sujet qui ne les intéresse pas : la structure sociale des quartiers.

La finalité est de contribuer à transformer Les Paradis, ce quartier 100% Palulos (financement de type quasi-PLAI pour catégories sociales les plus pauvres), en un quartier ouvert à toutes catégories sociales avec :

  • les 3 types de logements sociaux (PLAI, PLUS, PLS),
  • accession sociale à la propriété,
  • accession classique à la propriété,

L’objectif étant de compenser la stagnation économique du quartier.

Monsieur Candide : quid de l’intégration et des  liens avec la ville ?

Une photo montre que les Paradis sont entourés d’immeubles formant frontières d’où l’on ne sort qu’en passant sous des porches. La structure de la ville fortifiée n’est pas loin, il ne reste qu’à mettre des pont-levis. Vauban, l’architecte militaire de Louis XIV a du inspirer les architectes des années 1960 !

Demain :

On notera les deux axes traversant nord-sud et est-ouest pour permettre un accès et une traversée de ce quartier qui, contrairement à aujourd’hui, n’a pas à rester replié sur lui-même.

Certains ont écrit :

Résumons : pour ces « bobos »,  les problèmes de mixité sociale, la structure des appartements, leur âge, la présence d’amiante, … n’ont aucune importance ! Ces habitants des Blagis,   « Ces gens là » comme aurait dit Jacques Brel, ne méritent pas mieux ! Comme à Scarron en 2010, le minimum !

Rêvons : l’objectif est ce qui suit :

Conclusion :

Les 4 arbres abattus ne constituent pas l’essentiel du problème ; les objectifs sont beaucoup plus vastes :

  • Construire des logements durables
  • Rénover en construisant de manière qualitative
  • Diversifier les types de logements, sociaux et privés
  • Diversifier les apparences, les façades, les hauteurs pour améliorer les paysages
  • Augmenter les espaces verts
  • Développer les équipements existants
  • Aménager les voies de circulation pour relier le quartier à la ville
  • Améliorer l’intégration et diversifier les populations
  • Compenser financièrement le retrait de l’Etat par des ventes de logements privés, ces derniers permettant d’abord de développer la mixité sociale.

Résumer le projet à une « densification » et focaliser les problèmes sur 4 arbres sans prendre en compte l’ensemble de l’opération et ses aspects essentiels  relèvent totalement de la mauvaise-foi ou de la primauté de l’intérêt personnel sur l’intérêt général !

Rénover les Blagis, Les paradis, c’est un tout petit peu plus compliqué que cautionner financièrement un changement de propriétaires comme cela a été fait en 2010 avec les ventes  ICADE de sinistre mémoire, à Scarron ou Saint-Prix  !

Le vrai problème, le problème majeur rencontré en cette affaire, relève du mille-feuille administratif et de la multiplicité des intervenants : Etat, DRIHL (Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement), Département des Hauts-de-Seine, Territoire Vallée-Sud-Grand-Paris VSGP, Ville, Bailleur Hauts-de-Seine-Habitat, lourdeur des procédures … D’où ces délais scandaleux !

Une soixantaine de locataires étaient déjà  relogés fin 2019 et il est significatif que, durant la campagne pour les dernières élections municipales de 2020, aucun cas n’ait été monté en exergue pour montrer que ces relogements n’auraient pas été réalisés dans les meilleures conditions possibles.

Lors des évènements liés aux abattages des 4 arbres, les locataires toujours présents et  attendant pour être relogés,  ont su choisir entre les 4 arbres et leur relogement. L’intervenant extérieur venant du centre-ville a pu découvrir que la réalité du terrain social ne le suivait pas. Comme le montre une vidéo en ligne, une dame, locataire aux Blagis,  l’a invité à venir visiter son appartement ; notre bobo a refusé ; il gère le théorique, pas le concret !

Revenons à l’aspect écologique, il n’y a qu’une seule vraie question : combien d’arbres hier, combien en fin des travaux.

Jean-Michel Durand
Maire-adjoint Finances et Logements Sociaux 2014-2020

Le changement climatique la transition énergétique et notre mode de vie. Partie 6 : Les limites du renouvelable

Des panneaux solaires, des éoliennes : pour quoi faire ?

Ce titre provocateur pose la question de pourquoi installer des éoliennes et des capteurs solaires en France, où nous ne manquons pas d’électricité et où celle-ci est décarbonée à 93%.

De plus l’électricité ne représente que 30 à 40 % de l’énergie primaire consommée
en France. Pétrole et gaz sont largement majoritaires. Je rappelle que le transport est un gros émetteur de CO2. Pour réduire nos émissions de CO2, des choix autres que
s’attaquer à la production d’électricité seraient plus efficaces.

Les panneaux solaires peuvent servir à produire de l’eau chaude sanitaire. Il est plus
efficace de transformer l’énergie solaire en chaleur qu’en électricité. Tout se passe en
local, le stockage d’énergie se fait sans batterie de façon naturelle dans le ballon d’eau
chaude. Je m’étonne qu’on encourage pas plus les chauffe-eaux solaires en France.
Quelques m2 suffisent pour produire l’eau chaude de toute une famille. L’installation est à la portée de tout artisan sérieux.

Les éoliennes servent à produire de l’électricité. La question qui se pose est donc la
suivante : déploie-t-on des éoliennes car pour combler un manque, ou pour remplacer des moyens de production indésirables (polluants, vétustes, chers, dangereux, etc.), ou pour d’autres raisons ?

B. Durand et JP Riou experts en énergie (aspofrance.org) estiment que l’éolien ne sert à rien du tout (sic) en France, pays qui produit déjà son électricité en quantités suffisantes sans avoir recours ou presque aux combustibles fossiles grâce à l’hydroélectricité et/ou au nucléaire. A vérifier…

J’ai rappelé dans mon article précédent que la Commission Européenne (CE) imposait
aux pays de l’Union une part minimale (20% en 2020) de renouvelable (éolien et solaire) dans leur mix électrique. La France obéirait donc simplement aux injonctions de la CE. Ce qui n’est pas glorieux. Elle aurait dû mieux négocier pour conserver sa souveraineté.

Déployer du renouvelable électrique dans notre pays ne réduira pas nos émissions de
CO2. Avec la fermeture de Fessenheim, on remplace une énergie non carbonée par une autre… On devine des raisons politiques derrière les éoliennes. Il est plus facile de “vendre” du renouvelable aux écologistes anti nucléaires que de s’attaquer au secteur automobile et à ses SUV, très émetteur de CO2.

Remplacer le nucléaire par des éoliennes ?

Il semble que le Gouvernement français soit de plus en plus réticent à conserver son
énergie nucléaire (Flamanville ne peut que faire douter) et soit plutôt enclin à augmenter massivement la part du renouvelable électrique en France. RTE et l’AIE ont lancé des études de faisabilité technique de différents scénarios allant jusqu’à 100% de renouvelable vers 2050. Le vieillissement du nucléaire en France, pose le problème inéluctable à terme (2030 et au delà) de son renouvellement ou de son remplacement.

Les moyens de production décarbonés d’électricité sont peu nombreux : nucléaire, renouvelable, ou les deux. A ce jour on prévoit 50% maximum de nucléaire en 2035, donc au moins 50% de renouvelable. Comme je l’explique plus loin, cet objectif de 50% ne sera pas facile à tenir.

Le renouvelable exige des investissement financiers massifs

Les arguments avancés en faveur du renouvelable sont le faible coût du MWh produit et l’absence d’émission de CO2. Mais “on” oublie de dire que ce coût est mesuré au pied du mât. Or ce n’est pas là qu’on a besoin d’électricité, c’est au point de livraison (PDL) là où est notre compteur.

Il y a en effet une longue chaine logistique entre le point de production d’électricité et le
point de consommation de celle-ci. Les coûts de cette chaine sont loin d’être imputés à
l’éolien ou au solaire, comme ils devraient l’être. La plus grosse partie est supportée par le reste du système électrique, réseau, autres producteurs. Voyons en quoi consiste cette chaine.

Il faut construire (en fait importer) les éoliennes, les transporter sur site, les installer

Le coût d’une éolienne installée est d’environ 1,5 M€/MW. Les 18 000 MW actuels
représentent un investissement financier déjà consenti d’environ 30 Milliards €. A cette
somme il faut ajouter les investissements dans le solaire, ce qui double la somme. C’est
considérable et ce n’est pas fini. L’Allemagne très volontariste a déjà dépensé 500 Md €
en renouvelable pour un gain décevant en terme de CO2 évité et prix du kWh. Ne l’imitons pas. L’Allemagne est un pays industriel qui exporte, bien plus riche que la France…

Il faut raccorder les éoliennes au réseau électrique
Comme les éoliennes se trouvent réparties sur tout le territoire, elles se situent loin du
réseau THT. C’est beaucoup de tranchées à creuser, de câbles de cuivre à poser, de
transformateurs à ajouter au réseau. Avec le renouvelable le “premier kilomètre” coûte
très cher. Et il y en a beaucoup !

Il faut renforcer le réseau
La puissance électrique éolienne est très importante quand le vent souffle fort. Le réseau doit être capable de transporter ce nouvel afflux d’énergie. Les tronçons se trouvant entre les régions à forte concentration d’éoliennes et les grandes villes, doivent donc être renforcés. Ces renforcements coûtent très cher (très haute tension).

Il faut compenser l’intermittence du renouvelable : encore des investissements
Le qualificatif d’intermittence, est consacré par l’usage mais ne reflète pas correctement la réalité. Il laisse entendre qu’une éolienne est soit à l’arrêt, soit en marche, délivrant une puissance électrique constante dès qu’elle tourne. Ce n’est pas exact. La puissance d’une éolienne varie comme le cube (puissance 3) de la vitesse du vent. Quand la vitesse du vent est divisée par 2, l’éolienne produit 8 fois moins d’énergie. Et nous n’avons aucun moyen d’agir sur la vitesse du vent… Il est plus correct de dire que l’éolien est une énergie variable ou fluctuante et surtout non pilotable. C’est Dame Nature qui commande.
Je recense plus loin les solutions tentant de répondre au problème de l’intermittence. Toutes exigent de lourds investissements.

Plus il y a de renouvelable, plus il faut le subventionner
C’est le résultat du fonctionnement du marché de gros de l’électricité. Éolien et solaire
produisent indépendamment de la demande. Quand il y a trop d’offre le prix du MWh
s’effondre et devient inférieur au coût de production. Le prix peut même devenir négatif. La rentabilité du renouvelable s’effondre inéluctablement dès qu’il atteint 30 à 40% du mix électrique (il inonde le marché d’une électricité inutile). C’est pourquoi les états le
subventionnent. Et généreusement en France (voir mon article précédent)… Ces
subventions ne profitent jamais au citoyen-consommateur car la chute des prix de gros ne se répercute pas sur les prix de détail.

Le CO2 condamne le pétrole, l’intermittence renchérit le renouvelable
Dans un réseau électrique il faut assurer à tout instant l’égalité production = consommation. Sinon le réseau s’écroule, comme c’est arrivé en France en décembre
1979. Comment assurer cet équilibre avec des moyens non pilotables comme l’éolien ?

Le foisonnement : installer plus d’éoliennes sur un territoire plus grand
Guy Béart chantait “Il fait toujours beau quelque part”. Le producteur éolien affirme qu’il y a toujours du vent quelque part : sur un grand territoire, s’il n’y a pas de vent ici, il y en a là-bas. Il y aurait donc toujours un nombre suffisant d’éoliennes pour répondre à la
demande. Le hic c’est que ça ne marche pas, l’Europe est trop petite ! Le foisonnement
conduit à des dépenses somptuaires pour un gain dérisoire : tout ça pour ça !

Compter sur les pays voisins
Cela marcherait si la France était seule à disposer d’une électricité renouvelable
intermittente, entourée de pays équipés de centrales pilotables (carbonées ?). Et encore à condition de disposer d’interconnexions aux frontières, de capacité suffisante, qu’il faudrait probablement renforcer. Encore des capitaux à engager… Dans la réalité, poussés par la CE, tous les pays européens s’équipent d’éoliennes et auront tous en même temps les mêmes besoins. Compter sur son voisin sera comparable, quand son bateau coule, au naufragé qui s’accroche à un autre naufragé car il n’y a pas de canot de sauvetage !

Stocker
L’électricité se stocke mal. C’est connu depuis longtemps. Cela n’empêche pas les
journaux grand public de publier régulièrement que ça y est, on a trouvé La solution :
batteries (forcément de nouvelle génération), hydrogène (une énergie inépuisable selon
l’Obs), barrage d’altitude, etc. (pour en savoir plus voir connaissancedesenergies.org). La vérité c’est que ces systèmes sont loin de l’échelle industrielle du stockage dont on a
besoin. Avec un fort taux de renouvelable, le besoin en stockage d’électricité se compte en semaines de consommation nationale, et aussi en Méga-Euros ! On est loin du compte et dans les 10 ans qui viennent les experts ne voient venir aucune rupture technologique.

Passer le relais à des centrales pilotables en attente
Tant que le taux de renouvelable est faible (<20%) les autres centrales (pilotables) sont
suffisamment nombreuses et modulables pour compenser la variabilité du renouvelable. Au delà, il faut disposer d’une réserve de puissance sous la forme de centrales pilotables en attente. Si on élimine le nucléaire dont ne veulent ni l’Allemagne, ni la CE, alors ce sera nécessairement des centrales à combustible fossile carboné…

De fait, cela revient à plus que doubler la puissance installée : d’un côté des éoliennes et du solaire, de l’autre des turbines à gaz (temps de réponse rapide, combustible moins catastrophique que le charbon…). Encore des investissements pharaoniques ! Encore du CO2 émis.
Et ce n’est pas tout, il faut subventionner ces centrales car ne pouvant, la plupart du
temps, écouler leur production, la priorité d’accès au réseau étant donné au renouvelable, leur rentabilité s’effondre. Comme le système ne peut se passer d’elles dès que le vent faiblit, on assure leur survie en les subventionnant. En France ces subventions sont pudiquement désignées sous le nom de marché de capacités, plus présentable.

Piloter la demande !
Le principe est simple quand la demande continue de croitre sans que l’offre n’arrive à
suivre alors il faut réduire la demande… On parle de flexibilité de la demande, en clair de coupures... Elles peuvent être consenties, en échange d’une contrepartie (ristourne sur la facture), ou imposées autoritairement (délestage). Des dispositifs existent déjà :
effacement, heures creuses (HC). Dans l’effacement un industriel s’engage à baisser
fortement sa consommation sur demande de son fournisseur. Nos chauffe-eaux sont
automatiquement coupés quand on sort de la période HC.
Ces dispositifs peuvent être enrichis. Le compteur Linky permet aux opérateurs de couper à distance de façon sélective (et quelle que soit l’heure) jusqu’à 8 circuits, par exemple, chauffe-eau, chauffage, borne de recharge, prises électriques banalisées, etc. On peut aussi imaginer un prix du kWh variable augmentant fortement avec la demande. Reste à voir comment avertir le client, et comment il pourrait répondre à ce signal.
Le risque d’être coupé souvent et longtemps dépend du taux de pénétration du
renouvelable dans le bouquet électrique. Un fort taux expose à un fort risque…

Conclusion
Produire de l’électricité avec du vent et du soleil est une idée séduisante. Ce n’est pas
polluant (vraiment ?), on comprend comment ça marche (sûr ?). Vent et soleil sont
gratuits. Mais le diable est dans les détails. Des détails qui grossissent vite quand on veut injecter beaucoup de renouvelable dans le réseau. Si on reste raisonnable on peut tirer les meilleurs avantages du renouvelable. Au delà d’un certain seuil (20 à 25%), l’aventure coûte cher, prix du kWh élevé, coupures, nuisances visuelles et sonores. Mieux vaut être prévenu. Mais le sommes-nous vraiment ?

Daniel Beaucourt

Il est encore possible de participer à la votation citoyenne sur l’eau jusqu’au 13 Avril !

Votation citoyenne du 22 mars au 13 avril

Ouverte à tous, dès 16 ans

« Êtes-vous favorable à l’inscription dans la constitution française du droit à l’eau et l’assainissement, à protéger l’eau et à interdire son accaparement par les multinationales ? »

Pour participer : https://eau.vote/

 

Le changement climatique la transition énergétique et notre mode de vie. Partie 5 : : le coût exorbitant du soutien au renouvelable en France

Préambule : cet article résume les avis d’organismes gouvernementaux sur les aides apportées à l’électricité d’origine éolienne ou solaire (noté simplement renouvelable dans cet article), Cour des Comptes, CRE, IGF (Inspection Générale des Finances). J’ai découvert l’énormité des sommes en jeu à la lecture de ces documents.

Une production électrique renouvelable qui décolle

Il n’y a pas d’éoliennes et très peu de capteurs solaires à Fontenay-aux-Roses mais nous avons de l’électricité renouvelable dans nos prises électriques. Et cela se voit dans nos factures avec la CSPE…

Le bilan dressé par RTE pour 2020 est le suivant :

La puissance installée du renouvelable (au sens éolien + solaire) est déjà importante. L’éolien est en troisième place derrière le nucléaire et l’hydraulique. Sa production commence à être significative mais elle n’atteint pas le seuil des 10%.

Le nombre d’éoliennes ressemble à un secret bien gardé…

 On trouve sur n’importe quel site parlant d’énergie électrique renouvelable des chiffres sur la production éolienne en France exprimée en MWh mais jamais en nombre d’éoliennes.

Le site sitesetmonuments.org préoccupé à juste titre par la protection des paysages, évalue à 15000 le nombre d’éoliennes en 2028, contre environ 8000 en 2018 et s’inquiète pour la suite. Il craint qu’en tout endroit du Territoire, il y ait toujours une ou plusieurs éoliennes, pour polluer visuellement le paysage.(les mâts les plus hauts dépassent 200m).

Pour recouper ce chiffre, on peut faire une estimation en divisant la puissance éolienne installée (effective ou prévue) par la puissance unitaire des éoliennes (tableau ci-dessous) :

On voit que le chiffre de 15000 éoliennes n’est pas aberrant à l’échéance 2028, car elles n’atteindront pas toutes 5 MW. On voit aussi que l’énergie éolienne utilise en réalité 2 ressources : le vent, et la surface au sol. On dit que c’est une énergie diffuse.

A raison de 1 km2 au sol par éolienne, 10 000 éoliennes occuperaient 10 000 km2, soit un carré de 100 km de côté. A comparer aux 12 000 km2 de l’Ile de France.

Des scénarios sont à l’étude par RTE dans lesquels le mix électrique comprendrait de 50 à 100 % de renouvelable (produit). Ce qui multiplierait par 5 ou10 le nombre d’éoliennes d’aujourd’hui (de même puissance) … C’est quand même beaucoup !

Les objectifs fixés par la Commission Européenne (CE)

 Le déploiement de cette puissance renouvelable n’est pas du au hasard. C’est le résultat de la volonté politique de la Commission Européenne (CE), et de celle du Gouvernement français. En 2008 la CE a défini le paquet 3 fois 20 à échéance 2020:

  • 20 % d’énergie renouvelable dans le mix énergétique de l’UE
  • 20 % de réduction des gaz à effet de serre (GES)
  • 20 % de gain en efficacité énergétique

En 2018 la CE renforce l’objectif renouvelable à 32 % :

Analysons ces directives.

  • Imposer 20 ou 32 % de renouvelable n’est pas un objectif mais un moyen (normalement laissé au libre choix de chaque pays) que la CE impose pour réduire les émissions de GES sans s’assurer que c’est une bonne solution (j’en reparlerai dans le prochain article)
  • Imposer une réduction relative (-20 %) de GES n’a pas de sens au niveau européen. Certains pays (France, Norvège, Suède) ont déjà une énergie très décarbonée) d’autres ont une énergie fortement carbonée (Allemagne). Le bon objectif aurait été de définir une cible exprimée en CO2/kWh, propre à chaque pays.
  • Imposer une meilleure efficacité énergétique est une bonne chose

La déclinaison des objectifs européens par la France

La France a repris ces objectifs sans se rendre compte qu’elle se tirait une balle dans le pied en y ajoutant la baisse du nucléaire jusqu’à 50% maximum de son mix électrique L’objectif initial fixé en 2025 est impossible à tenir selon RTE d’où un report à 2035, ce qui reste quand même un pari risqué car le renouvelable est une énergie fluctuante qui exige la présence de centrales pilotables pour assurer l’équilibre offre-demande.

Comment peut-on espérer réduire nos émissions de GES (seul moyen de protéger le climat) en remplaçant une énergie non carbonée par une autre également non carbonée mais non pilotable par dessus le marché ? Et en affaiblissant un des derniers avantages compétitifs historiques que la France possède encore (pour combien de temps ?), son électricité nucléaire… Ce qui fait que la La Cour des Comptes formule dans son rapport de 2008, la recommandation suivante :

”  définir une stratégie énergétique cohérente entre les objectifs de production d’énergies renouvelables électriques et l’objectif de réduction de la part de l’énergie nucléaire dans le mix ; “

Producteur d’ENR en France : une rente ?

La France :

  • impose (comme l’Europe) que l’électricité éolienne ou solaire soit injectée en priorité dans le réseau, donc vendue avant toutes les autres
  • réglemente le tarif d’achat du MWh renouvelable en offrant à ses fournisseurs un prix garanti très avantageux car supérieur au prix du marché.

Conséquence : l’Etat offre une rente aux producteurs d’électricité solaire ou éolienne.. Quel industriel peut rêver mieux que d’écouler de façon certaine toute sa production, à un prix avantageux garanti par l’Etat dans la durée (15 ans).

Fort heureusement un changement de réglementation est intervenu vers 2015 atténuant (sans plus) ces avantages.

Le vent est gratuit mais l’électricité éolienne est chère

 De même le soleil est gratuit mais l’électricité solaire est chère…

L’ EIA (Energy Information Administration) fait état d’une augmentation de 43 % du kWh en Europe entre 2008 et 2014. En Europe, c’est l’Allemagne et le Danemark qui ont le kWh le plus cher. Ces deux pays sont aussi ceux comptant le plus grand nombre d’éoliennes. En France l’INSEE chiffre l’augmentation des factures d’électricité à 50 % entre 2007 et 2020. Cette forte augmentation est due à la croissance incontrôlée de la CSPE qui finance précisément le développement des énergies renouvelables (voir figure ci-dessous, source CRE (via Wikipedia).

Comme l’Etat s’engage à aider les producteurs d’ENR pendant 15 ans, les aides se cumulent. (voir figure ci-dessous, source Cour des Comptes) atteignant plus de 7,5 Milliard d’Euros en 2025. Je vous laisse faire le calcul en cumulé.

Il est clair qu’en définitive ce sont des dizaines de milliards d’Euros que l’Etat dépense dans le soutien aux ENR. Tout ça pour faire augmenter les factures d’électricité des citoyens français et risquer des ruptures d’approvisionnement… Cette énorme quantité d’argent est-elle bien dépensée ?

Je laisse la Cour des Comptes répondre :

“En France, la somme des dépenses publiques de soutien aux EnR est estimée pour 2016 à 5,3 Md€. Cette mobilisation financière va connaître une progression forte : si la France réalise la trajectoire qu’elle s’est fixée, les dépenses relatives aux EnR électriques pourraient ainsi atteindre 7,5 Md€ en 2023”

Concernant l’émergence d’industriels français capables d’exporter dans le monde entier des solutions complètes d’ENR (éoliennes, capteurs solaires, etc.) elle écrit :

“la France n’est en effet pas parvenue à se doter de champions dans ce secteur. (…) Ce bilan industriel décevant doit être mis en regard des moyens considérables qui sont consacrés au développement des énergies renouvelables”

Les capteurs solaires viennent d’Asie, les éoliennes sont importées malgré quelques niches technologiques occupées par une poignées d’entreprises installées en France parfois à capitaux étrangers…

La Cour des Comptes poursuit :

“Les soutiens octroyés par l’État se sont aussi avérés disproportionnés (…) pour le photovoltaïque par exemple, les garanties accordées avant 2011 représenteront 2 Milliard d’Euros par an jusqu’en 2030 (soit 38,4 Md€ en cumulé) pour un volume de production équivalent à 0,7 % du mix électrique.”

La Cour souligne aussi que comme les aides proviennent en grande partie de la CSPE uniquement payée par les consommateurs d’électricité, cette énergie décarbonée se trouve pénalisée face aux énergies fossiles polluantes non assujetties à cette taxe… C’est le contraire de l’objectif recherché !

La Cour des Comptes n’est pas le seul organisme à faire cette analyse. la CRE et l’Inspection Générale des Finances font un constat encore plus sévère :

  • Tarifs d’achat trop attractifs (nettement supérieurs à ceux de la plupart des autres pays, et au coût effectif de production en forte baisse),
  • cumul des avantages fiscaux (déductions d’impôt sur le revenu, déductions ISF-PME, aides des collectivités locales) avec les tarifs d’achat, le tout débouchant sur une rentabilité excessive des projets (TRI souvent supérieur à 20 %),
  • fort déficit de la balance commerciale dans le domaine : 800 M€ en 2009 (soit 2 % du déficit commercial français)
  • faible efficacité de ces aides, aussi bien en termes de réduction d’émissionsde CO2 que de création d’emplois.

Un bilan sidérant…

Je ne discute pas de l’intérêt de produire une part de notre électricité au moyen d’éoliennes ou de capteurs solaires, mais pourquoi avoir fait un pont d’or aux producteurs du domaine, au détriment des consommateurs réduits à subir et à payer les taxes qu’on leur impose. Prendre des risques et investir n’est-ce pas le métier de tout entrepreneur ?

Comment en est-on arrivé là ? Incompétence, aveuglement, naïveté, conflit d’intérêt, entêtement idéologique ? Je crois que le manque de culture technique et scientifique des négociateurs de l’Etat (combien sortent d’une école d’ingénieurs?) les affaiblit dans leur négociation avec les industriels. Ils cèdent trop facilement à leurs exigences car le monde technique leur est étranger. Ils ne risquent rien personnellement, ce n’est pas leur argent qui est en jeu…

Dans le prochain article je parlerai des difficultés (en fait impossibilité) à faire massivement augmenter la part d’ENR intermittentes dans un réseau électrique sans stockage à l’échelle industrielle, sans carbone, sans nucléaire.

Daniel Beaucourt

Table ronde sur la transition alimentaire du Territoire Vallée Sud Grand Paris (VSGP)

La Coordination des Associations du Territoire pour la Transition Écologique (CATTE) organise une table ronde et un débat intitulé : « Amorcer la transition vers une alimentation soutenable et saine dans notre territoire »

 Lundi 22 mars de 18 heures à 20 heures en visioconférence

L’alimentation est un sujet majeur dans la transition écologique pour faire face aux crises du climat et de la biodiversité :

  • Comment réduire l’empreinte climatique et environnementale de notre alimentation tout en la rendant plus saine et savoureuse ?
  • Quels changements sont nécessaires dans nos régimes alimentaires et le système de distribution ?
  • Quel lien avec les territoires nourriciers ?
  • Quels leviers pouvons-nous actionner sur notre territoire ?

Ces questions seront abordées lors de la table ronde afin de s’inscrire dans la réflexion autour du plan climat air énergie dans le territoire Vallée Sud Grand Paris.

Pour débattre de ces sujets, la table ronde rassemblera des représentants d’associations et des acteurs locaux :

  • Elyne Etienne, responsable du pôle Végécantines à l’association végétarienne de France
  • Lelio Lemoine, directeur de la Butinerie, Maison des alternatives alimentaires à Pantin
  • Romain Miller, administrateur du Réseau des AMAP Ile de France
  • Jean-Paul Mordefroid, administrateur de l’association Terre & Cité
  • Un représentant des Amis de la Terre du Val de Bièvre

Inscription nécessaire avec le lien suivant :

https://framaforms.org/inscription-table-ronde-sur-la-transition-alimentaire-1615228076

Le lien pour la visioconférence vous sera adressé par email la veille de la table ronde.

Dominique Dupuis, co-présidente de Fontenay Environnement et Transition, une des associations membres de la CATTE

Le changement climatique la transition énergétique et notre mode de vie. Partie 3 : la transition énergétique et le chauffage de nos logements

La réglementation

 Sur le climat et l’énergie, l’Etat a produit une réglementation pléthorique :

  • SNBC, Stratégie Nationale Bas Carbone,
  • LTCEV, Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte
  • RE2020, Réglementation Environnementale (auparavant réglementation thermique)
  • PPE, Programmation Pluriannuelle de l’Énergie,
  • Loi Climat et Résilience (issue de la Convention Citoyenne),
  • autres ?

Difficile de s’y retrouver ! En me limitant à la SNBC (document le plus lisible) et la PPE (un fouillis inextricable) j’ai repéré 2 objectifs fondamentaux :

Ce sont des objectifs ambitieux, suite logique des engagements de la COP21 et de la neutralité carbone visée en 2050.

La SNBC liste les grands secteurs d’activités triés selon l’ordre décroissant de leurs émissions de gaz à effet de serre. Agir sur les premiers donnera le meilleur gain. Le transport (26% des émissions en France) et le secteur résidentiel, (19%) sont en tête de classement. Nous serons impactés personnellement par la transition énergétique.

La SNBC donne ensuite la liste des actions à engager, secteur par secteur. Le problème est qu’on ne voit pas toujours l’efficacité des mesures proposées. Leur contribution individuelle à la diminution du CO2 émis n’est pas évaluée.

Plus grave on présente l’augmentation du renouvelable et la baisse du nucléaire dans notre mix électrique, comme un moyen de protéger le climat, ce qui est malhonnête intellectuellement :

Ces mesures ne feront que remplacer une énergie non carbonée, pilotable et bon marché, le nucléaire, par une énergie non carbonée, non pilotable et chère, l’éolien et le solaire.

Je l’expliquerai dans un prochain article. Ces mesures ne produiront aucune réduction de CO2.

Il faudrait que le gouvernement explique honnêtement pourquoi il veut réduire le parc nucléaire français qui est précisément un atout pour notre pays. Nous n’en avons plus beaucoup… Le gouvernement ne peut pas se cacher derrière des raisons de lutte contre le dérèglement climatique, personne n’y croit. Les vraies raisons sont politiques mais on ne peut pas construire une stratégie de fourniture d’énergie en ignorant les lois de la physique. Ce serait une faute.

Quels moyens propose la SNBC pour chauffer nos logements

 L’objectif est de réduire de 49% (précision suspecte !) les émissions de CO2 en 2030 imputable au résidentiel (chauffage), et d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Ce sont des objectifs très ambitieux.

Les mesures phares préconisées pour les atteindre sont :

  • l’abandon progressif des énergies carbonées (donc du gaz à Fontenay),
  • l’efficacité énergétique (appareils performants, isolation des logements,
  • la sobriété. (chauffer moins ! s’habiller)

L’interdiction du gaz dans le neuf

Le gouvernement a décidé en 2020 (cf. RE2020) d’interdire de fait le gaz dans dans les maisons neuves dès 2021 et dans les appartements neufs 3 ans plus tard.

Les chauffages de remplacement conseillés sont la pompe à chaleur (PAC), la biomasse (pellets), le réseau de chaleur (pour les copropriétés) et les panneaux solaires thermiques.

Il est cocasse de se rappeler que l’Etat décourageait dans la RT2012 l’usage de l’électricité pour se chauffer, sous prétexte qu’elle consommait trop d’énergie primaire (la chaleur des réacteurs nucléaires pourtant non carbonée). A partir de cette date le gaz a été préféré dans le neuf augmentant nos émissions de CO2. Merci aux écologistes auto proclamés de l’époque !

On peut quand même s’étonner d’une interdiction si rapide du gaz dans le neuf. Ce n’est pas la pire des énergies, les carburants automobiles sont bien pires. Craint-on une baisse des approvisionnements ? Un report pétrole vers gaz ? C’est vrai aussi que nos fournisseurs historiques de gaz (mer du Nord, Algérie) sont en décrue et que Nordstream2 (gaz russe) est enlisé… La lutte contre le changement climatique n’est peut-être pas la seule raison. Nous manquons d’information pour comprendre et vraiment adhérer à ces mesures. L’Etat veut-il vraiment informer les Français sur les questions d’énergie ?

Comment se chauffer désormais ?

Même si le gaz n’est pas interdit (pas encore ?) dans l’ancien, il n’y a pas beaucoup d’options :

  • isoler, isoler, isoler
  • utiliser des appareils plus efficaces : nouvelle chaudière, radiateurs plutôt que convecteurs
  • remplacer notre chaudière par une pompe à Chaleur. Bien peser le pour et le contre : gare au bruit et aux querelles de voisinage et à la baisse du rendement quand il fait froid..
  • installer un poêle à pellets (et un conduit)

Finalement, il apparait clairement que la réussite de la transition énergétique dans le chauffage est entre les mains des citoyens, entre nos mains. L’Etat définit les règles, à nous de les appliquer et de payer…

Examinons les ordres de grandeur. Il faut baisser les émissions de notre chauffage de 49% (objectif PPE), donc presque autant notre consommation de gaz (fioul et charbon sont en voie de disparition en région parisienne). Comment réussir cet exploit ? Meilleure efficacité ? on ne gagnera que quelques %. Non il faudrait éteindre définitivement une chaudière sur deux d’ici 2030, même si elle marche encore parfaitement ! Rien qu’en Ile- de-France cela représente des millions de chaudières à déposer. Imaginez le chiffre sur la France entière. Il faudra autant de pompes à chaleur et ça fait beaucoup de propriétaires à convaincre…

Il faudra une campagne massive d’information, des aides financières, ainsi qu’un effort tout aussi massif des artisans et industriels pour produire et installer les pompes à chaleur. Espérons qu’elles seront fabriquées en France.

En conclusion, en dehors du neuf sous la responsabilité des promoteurs, dans l’ancien les efforts (nécessaires, c’est incontestable) reposent sur le citoyen consommateur, en clair sur nous personnellement :

  • soit nous acceptons de dépenser notre argent dans la protection du climat (en arrêtant de bruler du gaz, du fioul),
  • soit nous comptons sur les autres pour le faire, et nous consommons, comme avant, tant qu’on peut le faire

Quel choix allons-nous faire ? L’avenir le dira

Tout de même une question me taraude l’esprit, et si le gaz, le fioul, le charbon étaient définitivement interdits pour se chauffer dans quelques années…

Dans le prochain article, je parlerai d’un autre secteur émetteur de CO2, le transport routier, plus précisément de nos voitures, très dépendantes du pétrole par ses dérivés, essence et gazole. Là aussi la transition énergétique va nous toucher.

Daniel Beaucourt

Le changement climatique la transition énergétique et notre mode de vie. Partie 2 : la transition énergétique et le pic pétrolier

Petit rappel sur le changement climatique

J’ai dit dans mon premier article que notre économie était un système thermodynamique qui produisait nécessairement des déchets, du CO2 résultant de la combustion de charbon, pétrole ou gaz. Les grandes cheminées d’usine par exemple sont faites pour évacuer leur fumée dans l’atmosphère. Nous aussi, simples automobiliste, trouvons normal de libérer nos gaz d’échappement dans la nature. Regardez autour de vous la quantité de cheminées et pots d’échappement qu’il y a partout.

Il se trouve qu’à force de rejeter du CO2, son taux dans l’atmosphère a augmenté. Comme c’est un gaz à effet de serre, il empêche une fraction plus grande de la chaleur reçue du soleil, de repartir dans l’espace. La Terre se réchauffe peu à peu et si nous ne faisons rien ce réchauffement pourrait devenir catastrophique avant la fin du siècle. C’est ce que nous disent les experts du GIEC. Je renvoie les personnes qui doutent du réchauffement climatique ou de la responsabilité de l’humanité dans celui-ci, au site du GIEC (ipcc.ch) ou de Météo-France.

L’impérative protection du climat nous oblige donc à renoncer aux énergies carbonées. On ne peut pas le faire d’un coup. Il faut organiser notre transition énergétique.

Le pic pétrolier

Vous trouverez sur le site stuartmcmillen.com une BD expliquant ce qu’est le pic pétrolier. C’est le meilleur exposé qu’on puisse trouver sur le sujet….

 L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a annoncé dans son rapport annuel de fin 2018, que la production mondiale de pétrole conventionnel (hors pétrole de schiste américain) avait atteint son pic en 2008, le fameux pic pétrolier. Nombre d’experts en énergie qualifient cette annonce d’alerte rouge pour l’Union Européenne.

 Cette annonce signifie que la production mondiale de pétrole conventionnel a atteint son maximum. Elle n’augmentera plus. Elle peut rester quasi constante un « certain temps », avant de décroitre inéluctablement. En fait la décrue a déjà démarré car on n’observe un pic de production qu’après coup. Il faut s’assurer que le niveau reste durablement (ici 10 ans) sous ce qui semble être le pic. C’est bien le cas.

La figure 1 ci-dessous montre que la production totale de pétrole (schiste inclus) est la somme de ce que donnent les gisements successifs ouverts chaque année. On voit que les nouveaux compensent à peine l’épuisement rapide des anciens. C’est un phénomène de tapis roulant sur lequel il faut courir pour rester sur place…………………Ça ne durera pas !

Figure 1 : Production annuelle de pétrole par année de mise en production (source Rystad Energy)

La bonne nouvelle, c’est qu’il reste encore beaucoup de pétrole, autant que tout ce qu’on a extrait jusque là, mais la moitié restante sera plus dure à extraire. On ne pourra pas tout sortir du sol, trop compliqué, trop cher.

La mauvaise nouvelle c’est que dans un monde en croissance, la quantité de pétrole par tête va diminuer. Allons-nous nous battre pour avoir notre part ?

Nous vivons dans un monde fini. Sur Terre les mêmes cycles universels s’imposent : naissance, croissance, pic, décroissance, mort, y compris aux stocks d’énergie fossile…

Dura lex sed lex

Quelle est la priorité, changement climatique ou pic pétrolier ?

Dans les deux cas, la solution est presque la même renoncer au charbon, au pétrole, au gaz. Vaste programme ! La France ne réglera pas toute seule le problème du changement climatique. Seule une action coordonnée de tous les pays y parviendra.

En revanche la déplétion des énergies carbonées (après le pic pétrolier il y aura le pic gazier), nous touchera de plein fouet dans les toutes prochaines années si nous ne faisons rien. Il faut diminuer notre dépendance au pétrole. Cela demande les efforts de tous.

Pour rendre les efforts demandés acceptables, les experts de l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil and Gas) recommandent d’informer tout le monde sur le pic pétrolier (ce que je tente de faire) : écoliers, citoyens, journalistes, dirigeants politiques. Les chercheurs disent que ces derniers, souvent sans formation scientifique, ne sont pas conscients ni de la décroissance inéluctable du pétrole, ni de ses conséquences. En France le dernier président disposant d’une formation scientifique solide est Giscard d’Estaing, il y a plus de 40 ans. Depuis, la culture scientifique a déserté les sphères politique et journalistique. Ça commence à se voir….

En conclusion on retiendra qu’il faut laisser les énergies carbonées sous terre :

  • pour combattre le changement climatique
  • et aussi parce qu’elles vont devenir

Cette dernière raison est peut-être encore plus urgente que la première. Souvenez-vous (cf. mon premier article), moins d’énergie c’est moins de PIB, c’est la décroissance. C’est une situation à laquelle nous ne sommes pas préparés comme le montre la pandémie de COVID. Mais cette pandémie disparaitra un jour, pas l’épuisement des ressources naturelles.

Dans le prochain article je parlerai de la transition énergétique appliquée au chauffage de nos logements.

Daniel Beaucourt

Le changement climatique la transition énergétique et notre mode de vie. Partie 1 : L’énergie, le sang de l’économie

Préambule

Je vais vous parler d’énergie. Surtout d’énergie carbonée car elle est à l’origine du changement climatique qu’il faut combattre. On voit bien que c’est difficile car on n’a pas assez conscience de ce que veut dire, plus de pétrole, plus de charbon, plus de gaz. Je prévois une petite chronique de 5 articles: 1) L’énergie, sang de l’économie, 2) le pic pétrolier, 3) la transition énergétique et le chauffage de nos logements, 4) la transition énergétique et nos voitures, 5) Les éoliennes et nos factures d’électricité. Et peut-être une suite.

Notre mode de vie va-t-il changer ?

En 1992 Georges Bush déclarait : « le mode de vie des américains n’est pas négociable ». C’était à Rio juste avant la Conférence des Nations Unies sur le développement durable aussi appelé Sommet de la Terre. G. Bush avait bien compris que la protection du climat exigerait certains renoncements de la part des pays riches, USA en tête. Il ne pouvait pas l’accepter.

Aujourd’hui en 2021 le changement climatique continue de s’aggraver. Pour limiter cette aggravation de nombreux pays ont pris des mesures. Parmi ces mesures il y a la transition énergétique : remplacer nos énergies carbonées par des énergies non carbonées. Je crois qu’on mesure mal l’ampleur titanesque du chantier et de ses conséquences !

Faut-il redouter que la protection du climat impose une baisse de notre niveau de vie ?

C’est une question taboue qu’on préfère ne pas se poser. Même les 150 citoyens de la Convention Climat ne me semblent pas aller assez loin dans leurs propositions. On veut bien croire les experts du GIEC lorsqu’ils disent que le climat se réchauffe. On accepte l’idée d’une transition énergétique, voire écologique, mais on pense qu’elle n’aura pas de conséquences significatives sur notre vie quotidienne. Ce sera business as usual… La technologie trouvera des solutions à tout, hydrogène, éoliennes, agriculture bio, etc. Le mythe de la croissance éternelle et du développement durable a la vie dure.

Seuls les scientifiques s’interrogent, c’est leur métier. Ils constatent la réalité du changement climatique, et prévoient une raréfaction inéluctable, pas très lointaine des ressources naturelles fossiles que nous exploitons. Ils nous rappellent que nous vivons dans un monde fini. Mais leur message n’est guère relayé ni dans les grands journaux main stream ni par les gouvernants.

Pourquoi l’énergie est une ressource vitale pour nos économies modernes

Je recommande la lecture des bandes dessinées de StuartMcMillen d’accès libre sur Internet. Ce dessinateur se sert de la BD pour traiter des sujets de société incluant la science, l’écologie, l’économie et d’autres. Sa BD Esclaves énergétiques illustre parfaitement l’addiction à l’énergie de nos sociétés. Faites la lire par vos enfants !

Bon nombre d’économistes soutiennent que l’économie repose sur deux ressources, capital et travail. Ce modèle ne respecte pas les lois de la physique. Capital et travail ne suffisent pas.

Pour un physicien, une économie moderne est une gigantesque machine qui transforme des ressources naturelles, en des choses qu’on appelle des biens, et d’autres, des déchets qui retournent dans l’environnement.

L’énergie est une ressource naturelle qui intervient partout dans nos économies, fabrication, transport, vente. On ne peut pas créer d’énergie, qu’elle soit fossile (déjà stockée) ou renouvelable (issue du soleil). C’est une ressource naturelle vitale. On dit parfois que c’est le sang de l’économie.

Les scientifiques insistent lourdement sur ce point que les économistes ont du mal à admettre surtout si on leur dit que les ressources, en particulier l’énergie fossile, n’existent qu’en quantité finie donc épuisable… Toute variation à la hausse ou à la baisse de la quantité d’énergie disponible, ou de son prix a des conséquences lourdes sur le fonctionnement de nos sociétés.

Le rôle vital de l’énergie est facile à observer. La révolution industrielle du 19 ème siècle est due justement à la découverte d’une énergie abondante, le charbon, qu’on a su transformer en force motrice grâce à la compréhension, dès cette époque des lois de la thermodynamique. On a créé des machines pour décupler nos forces, augmenter notre capacité à produire. Une seule personne au sommet d’une grue peut déplacer une masse de 10 tonnes en quelques secondes.

Auparavant il n’y avait que des énergies renouvelables (déjà !) bien modestes : traction animale, force musculaire humaine, moulins à vent, à eau, etc. Il n’y avait pas vraiment d’industrie.

Autre exemple : le choc pétrolier de 1973 a sonné la fin des 30 glorieuses. Le prix du pétrole a quadruplé et ruiné bon nombre d’entreprises créant un chômage massif. Je me souviens que le Président ou le Premier Ministre de l’époque venait prononcer des discours dramatiques à la télé pour annoncer des mesures fortes mais purement symboliques : interdiction d’éclairer les vitrines après 23 heures, arrêt des émissions télé à 23 h, interdiction des compétitions de sport mécanique… L’énergie à l’époque c’était le pétrole. Ça n’a pas beaucoup changé depuis. Le renouvelable arrive. Suffira-t-il ?

En résumé, il faut garder à l’esprit qu’une économie moderne est un système thermodynamique (voir francois-roddier.fr). Plus il dispose d’énergie plus il produit, et vice versa. Certains chercheurs ont même montré que le PIB mondial était proportionnel à l’énergie consommée dans le monde. Moins d’énergie veut dire décroissance. Mot tabou des politiques.

Dans le prochain article je parlerai du pic pétrolier, événement d’importance mondiale qui a déjà eu lieu. Le saviez-vous ?

Daniel Beaucourt

Le projet de loi sur le Climat jugé sévèrement par la Convention Citoyenne pour le Climat

Nous avions fait un article précédent pour Le bilan très mitigé de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC), pour les propositions retenues pour le Gouvernement

Maintenant le projet de loi est déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale et va être discuté prochainement par les députés.

Quel est L’essentiel du projet de loi ?

Source : site Vie Publique : https://www.vie-publique.fr/loi/278460-loi-climat-et-resilience-convention-citoyenne-climat

Il comporte 69 articles que l’on peut télécharger : projet_de_loi_climat-complet

Faire évoluer les modes de consommation et l’alimentation

Les habitudes de consommation, voire de surconsommation, ont un impact important sur l’environnement. Un affichage climat, appelé “CO2-score“, va être mis en place, après expérimentations, afin d’informer les consommateurs sur l’impact carbone des produits et services.

La publicité en faveur des énergies fossiles sera interdite et des codes de bonne conduite seront signés avec les entreprises pour qu’elles s’engagent à faire évoluer leur publicité en prenant en compte les enjeux climatiques. Les pouvoirs des maires pour règlementer les espaces publicitaires seront renforcés.

Pour développer le vrac, un objectif de 20% de la surface de vente consacrée à partir de 2030 à la vente en vrac dans les grandes et moyennes surfaces est fixé. S’agissant du recyclage, les producteurs pourront mettre en place des dispositifs de consigne pour les emballages en verre à partir de 2025.

Sur les sujets de l’alimentation et des pratiques agricoles, les collectivités locales volontaires pourront expérimenter pendant deux ans un menu végétarien quotidien dans les cantines à partir de septembre 2021 et avant une éventuelle généralisation. D’ici 2025, la restauration collective privée (restaurant d’entreprise par exemple) aura l’obligation de proposer 50% de produits de qualité, dont 20% de bio. Dans la restauration collective publique (les cantines scolaires, les Ephad…), cette obligation est déjà fixée par la loi dite “EGAlim” de 2018 au 1er janvier 2022. Une trajectoire de réduction des émissions dues aux engrais agricoles azotés est prévue, avec le déclenchement d’une taxe à partir de 2024 si les objectifs ne sont pas tenus.

Modifier les modèles de production et de travail

Il s’agit d’accélérer le verdissement de l’économie et d’adapter la gouvernance de l’emploi à la transition écologique.

La stratégie nationale de la recherche va être alignée sur la stratégie nationale bas carbone. Les clauses environnementales des marchés publics sont durcies. En matière de dialogue social, la transition écologique figurera à l’avenir parmi les attributions générales des comités sociaux et économiques (CSE). Chaque thématique faisant l’objet d’une procédure d’information et de consultation du CSE devra prendre en compte les conséquences environnementales des activités de l’entreprise.

Pour protéger les écosystèmes, plusieurs dispositions du code minier sont modifiées. En outre, le gouvernement est habilité à réformer ce code en vue de développer un modèle extractif responsable.

Le développement de l’énergie décarbonée est accompagné : déclinaison de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en objectifs régionaux de développement des énergies renouvelables, extension de l’obligation d’installer des systèmes de production d’énergies renouvelables (photovoltaïque…) ou des toitures végétalisées sur les surfaces commerciales, …

Transformer les déplacements

Le projet de loi complète le mouvement engagé par la loi du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités par :

  • la création de zones à faibles émissions (ZFE) pour les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’ici fin 2024 ;
  • l’obligation pour les régions de proposer des tarifs attractifs sur les trains régionaux ;
  • l’interdiction des vols domestiques quand une alternative en train existe en moins de 2h30 et la compensation des émissions de 100% des vols intérieurs par les compagnies en 2024 afin d’encourager le recours au train plutôt qu’à l’avion ;
  • l’expérimentation de voies réservées à certaines catégories de véhicules (transports en commun, covoiturage, véhicules à très faibles émissions) ;
  • la possibilité pour les régions de créer une écotaxe routière (par une ordonnance)
  • la fin de la vente des véhicules les plus polluants (émettant plus de 123g CO2/km) en 2030.

Agir sur l’habitat et l’occupation de l’espace

La rénovation écologique des bâtiments est accélérée, avec des mesures pour éradiquer les “passoires” thermiques d’ici 2028. D’ici un an, les propriétaires ne pourront plus augmenter le loyer de ces logements classés F et G lors du renouvellement du bail ou de la remise en location. À partir de 2028, il sera interdit de mettre en location ces logements. Pour faciliter la rénovation énergétique des immeubles en copropriété, les syndics devront adopter un plan pluriannuel de travaux dédié à la rénovation énergétique et provisionner les dépenses correspondantes dans le fonds de travaux de la copropriété.

Parallèlement, un objectif de division par deux du rythme d’artificialisation des sols sur les dix prochaines années par rapport à la décennie précédente, est inscrit dans la loi (incluant la définition de l’artificialisation). Cet objectif sera décliné dans les territoires. Un principe général d’interdiction de création de nouvelles surfaces commerciales qui entraîneraient une artificialisation des sols est posé.

Pour sanctuariser les zones naturelles protégées et sensibles, l’objectif de 30% d’aires protégées est fixé dans la loi. Des mesures visant à permettre aux collectivités locales d’adapter leurs territoires côtiers au recul du trait de côte seront prises par ordonnance.

Renforcer les sanctions en cas d’atteintes à l’environnement

Le projet de loi durcit les sanctions pénales en cas d’atteinte à l’environnement.
Un délit général de pollution de l’eau et de l’air est créé, avec notamment la qualification “d’écocide” lorsque les faits ayant conduit à des dégâts graves et durables à l’environnement sont commis de manière intentionnelle (jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 4.5 millions d’euros d’amende).

Les autres textes qui mettent en oeuvre les propositions de la CCC

Ce projet de loi complète les mesures budgétaires consacrées par le plan France Relance et par la loi de finances pour 2021 pour la transition écologique et les mesures sur la justice environnementale contenues dans la loi du 24 décembre 2020 (création de juridictions spécialisées et de conventions judiciaires d’intérêt public- CJIP). Il s’inscrit également aux côtés du projet de loi constitutionnelle intégrant à l’article 1er de la Constitution la préservation de l’environnement et des premières mesures réglementaires actées lors du Conseil écologique de juillet 2020 (comme l’interdiction de l’installation de chaudières au fioul).

La convention citoyenne pour le climat (CCC) s’est réunie une dernière fois et a  a donné la note très sévère de 2, 5 sur 10 au gouvernement. Pourquoi ?

La Convention a un site officiel : https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/

On peut télécharger le rapport final et les 150 propositions de la Convention.

On peut télécharger le rapport final de la CCC sur les réponses apportées par le projet de loi : https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/wp-content/uploads/2021/03/CCC-rapport_Session8_GR-1.pdf

Source : Info TV5 Monde du 3 Mars 2021 

Sandrine F : Cette note de 2,5 correspond au sentiment des citoyens, sur les mesures qui n’ont pas été prises, prises en partie ou amoindries.

Nous sommes à 3,3 sur 10 pour la prise en compte des propositions de la convention citoyenne pour le climat. Elle traduit bien sûr une déception, un manque de confiance mais aussi un manque de cohérence du gouvernement.

Nous avons surtout été très déçus par l’écocide. Faire de l’écocide un délit alors que nous voulions en faire un crime, cela a choqué et déçu beaucoup de personnes (ndlr, grave atteinte portée à l’environnement, entraînant des dommages majeurs à un ou plusieurs écosystèmes). Nous avions beaucoup travaillé sur ce sujet, qui est très important.

Le premier jour de la convention, nous avons rencontré la climatologue Mme Masson-Delmotte. Cela a été pour nous comme un électrochoc quand elle nous a fait l’état des lieux de la planète, du climat.

Pour ma part, je participais au groupe “Produire et travailler” : recyclage des déchets, bilan carbone, baisse du transport aérien… Nous avons proposé une réforme pour la gestion des emplois et des compétences avec des moyens pour favoriser des filières qui vont être dominantes dans les prochaines années, mais nous n’avons pas été entendus. J’ai été déçue comme beaucoup d’entre nous.

TV5MONDE : Est-ce que les recommandations de la convention vont être contraignantes pour le gouvernement ? Quelles vont être les prochaines étapes ?

Sandrine F : Maintenant c’est aux parlementaires de gérer le dossier, de débattre des lois fin mars. Notre travail est fini, c’était la dernière session. C’est vraiment dommage parce que nous avions beaucoup d’espoirs, nous étions portés, nous ne pensions pas que nos propositions seraient autant peu prises en considération.

L’enjeu est tellement important et grave. Nous n’arriverons jamais aux 40 % et encore moins aux 55 % de la diminution des GES (gaz à effet de serre). Notre postulat de départ, c’était de baisser de 40 % les GES d’ici à 2030, mais nous n’y arriverons pas et cela est dramatique.

TV5MONDE : Pensez-vous que les choses peuvent changer, qu’il peut y avoir une prise de conscience ?

Sandrine F : Je pense sincèrement qu’il y a déjà une prise de conscience. Les jeunes avaient commencé à manifester avant l’apparition du Covid-19. Le gouvernement avait bien anticipé les choses, il avait besoin d’une caution verte avant les élections municipales. Il a créé le CCC juste après la crise des gilets jaunes, pour justifier son inaction par rapport au climat. Nous aimerions demander au gouvernement de se réveiller, ne serait-ce que de prendre conscience de l’enjeu.

TV5MONDE : Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Sandrine F : C’est l’une des expériences les plus enrichissantes que j’ai vécue. Au départ, je ne connaissais pas grand-chose au climat, je peux le dire, je n’étais pas une militante écolo. Aujourd’hui, je ne le suis pas non plus, mais j’ai de réelles convictions. J’ai appris énormément de choses. Je pense que refaire des conventions comme celle-ci serait une bonne chose pour éveiller les consciences. Je pense que les citoyens ne demandent que cela.

La Convention citoyenne pour le climat pense avoir été utile

Source La Croix du lundi 1 Mars 2021

Au terme de seize mois de travail, la Convention a tenu dimanche 28 février son ultime réunion. Cent vingt-neuf membres ont noté sévèrement le gouvernement, pour s’être insuffisamment emparé de son rapport, mais ils jugent bénéfique l’expérience démocratique.

« Le compte n’y est pas pour atteindre une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030. Mais notre message n’est pas conflictuel, c’est un message pour entraîner tous les Français. » Peu avant 13 heures, dimanche 28 février, Hubert est le dernier membre de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) à s’exprimer. Après seize mois d’auditions, de débats, de rédaction des 149 propositions, sonne l’heure des dernières paroles.

Les mots d’Hubert lors de cette ultime réunion résument l’état d’esprit des participants, partagés entre une déception par rapport aux annonces de l’exécutif et la conviction qu’un tournant historique a été pris avec cette première expérience de démocratie participative.

La matinée a été consacrée à une évaluation de la « prise en compte » des propositions par les autorités. Alors que le gouvernement comptabilise 75 mesures mises en œuvre et 71 en voie de l’être, dans le plan de relance et le budget, et une quarantaine dans le projet de loi climat et résilience, les membres de la CCC sont, logiquement, bien plus sévères. 129 participants (sur 150) ont évalué sur une échelle de 0 à 10 l’action gouvernementale dans cinq grands domaines.

La thématique « se loger » (dont la rénovation thermique obligatoire) a obtenu une moyenne de 3,4, et « consommer » (limiter le suremballage, etc.) de 4. Trois autres thématiques décrochent 3,7 : « produire et travailler » (favoriser le recyclage, etc.), « se nourrir » (réglementer les additifs, etc.) et « se déplacer » (limiter les effets nocifs du transport aérien, etc.).

Enfin, les propositions sur la gouvernance de la transition climatique (réforme de la Constitution, etc.) enregistrent un score de 4,1. La mesure qui vise à introduire la lutte contre le changement climatique dans le texte fondamental est l’une des rares à dépasser la moyenne (6,1).

Dans l’après-midi, les participants ont réalisé une évaluation plus globale. S’ils ne croient pas que les propositions reprises par le gouvernement permettront de se rapprocher de l’objectif de réduction de 40 % (2,5), ils estiment que la CCC a été utile (6) et que le recours à des conventions citoyennes sera à l’avenir de nature à améliorer la vie démocratique (7,7).

Un rapport conclusif était attendu dimanche soir, avec une ou plusieurs tribunes de participants. La balle est maintenant dans le camp des parlementaires. À l’Assemblée, la commission spéciale a commencé ses travaux le 16 février par des auditions. Après l’invitation du Haut Conseil pour le climat à « rectifier le tir », les députés ont la possibilité d’améliorer le texte par le dépôt d’amendements