LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES : Poème proposé par Claudia Pierrot : Désir d’ailleurs

Au-delà de la porte du voisin, de la rue, du quartier
Au-delà de la station de bus, de la brasserie, de l’épicier
Ailleurs

Une prairie en fleurs, un bord de lac, une vue de la baie
Un chemin de halage, une dune, l’orée d’une forêt
Lointain ailleurs

Un volcan en éruption, un désert, un champ de cactus
Une ligne de crête, une mer de glace, un parfum d’hibiscus
Inaccessible ailleurs

Claudia Pierrot

LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES : Poème proposé par Eric Wolinski : La ronde

En ces temps incertains où se propage le désir
Faut-il tous ses assauts subir ?
Et après une année de soupirs
On vous demande de vous en prémunir

Mais si le désir ne nous atteint pas
Un variant plein de tracas arrivera
Le premier d’entre eux est l’envie
La majorité l’attrapera sans préavis

Mais si l’envie ne nous atteint pas
Un variant sans égard nous charmera
Il a pour nom l’attirance
De s’en préserver sera une performance

Mais si l’attirance ne nous atteint pas
Un autre variant à l’horizon se profilera
Il se désigne sous le terme de besoin
Et contre lui, il faudra se cacher dans un coin

Mais si le besoin ne nous atteint pas
Un variant imprévu on attrapera
La nécessité sera ce souci
Là aussi, contre elle la lutte sera sans merci

Mais si la nécessité ne nous atteint pas
D’autres variants seront créés
Pour maintenir l’anxiété
Et à cela on se refusera

Soudain un doute vient troubler mon esprit
Vite il me faut un outil
Le dictionnaire et le wiki je vais examiner
Des mots ont été confondus, mêlés, enchevêtrés

C’est bien du désir dont je m’entretenais
Et pas du ……..

Eric Wolinski

LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES : Poème proposé Catherine Elcabache : Désir Fatal

Ô Fortune, est-ce un mal, que toujours désirer,
Cet objet, dont on peut, en pensées nous parer,
Illusoire ornement de nos sens affermis,
Qui ne tient le repos que pour seul ennemi ?
Tendre frisson du corps, pâmoison de la vue,
Ineffable transport de l’âme toute nue,
Tous ces ravissements nous privent de parler,
Autrement qu’en nos cœurs, qu’on sent si fort brûler !
Mais je veux m’infliger ces poisons redoutables,
Et goûter en silence aux tourments véritables,
Du Cœur ; sans que jamais, je n’en sois détournée,
Dieu, c’est ce pourquoi, il me semble, être née !
Victime de mes sens, je veux être immolée,
En ma languide chair, à l’ardeur dévoilée.
Je manderai Vénus, de l’Amour la déesse,
Ou bien Cupidon, dont on connaît l’adresse,
Le soin d’ouvrir mon flanc et de laisser fumer,
Le si fervent désir, d’un cœur digne d’aimer.
Ma flamme ainsi livrée, ne pourra plus se taire,
Infusant son bonheur, librement dans la chair ;
Assoupie par l’ivresse, et sans vouloir s’hâter,
Elle criera sa joie, en toute volupté.
Comme il est bon ainsi, de se faire idolâtre,
Et d’honorer son culte, au simple coin de l’âtre,
En supplique si douce à l’Amour éternel,
Dont les fruits tôt ou tard se montreront réels !
Douce voix du désir, heureuse destinée,
A l’être qui m’est cher, par sa force emmenée,
Je verrai mon étoile, des âmes la mieux née,
Pour elle mon désir, jaillira en saignée ;
Et sa fatale ardeur jusqu’à présent cachée,
Se portera en lui à jamais attachée.

Catherine Elcabache

LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES : Poème proposé par Eric Wolinski : Evasion

C’est la fin de l’hiver
Ah le désir de voyages
Alors emmenez-moi au bout de la terre
Et je vous enverrai des photos de la plage

Mais la plage à cette saison
Est abandonnée aux coquillages et crustacés
Je change de direction
Plutôt les univers glacés

Tiens, aujourd’hui la place Rouge est blanche
Et il neige sur le lac Majeur
Que choisir entre ces lieux enchanteurs
C’est certain, je partirai d’Orly un dimanche

Pourquoi ne pas retrouver les neiges du Kilimandjaro ?
Mais en ces temps je doute de tirer le bon numéro
Pourtant que cette montagne est belle
Et mon désir devient obsessionnel

Alors ma quête se poursuivra
Galway et les lacs du Connemara ?
Ou une petite rue de casbah au milieu de Casa ?
Les deux sont tentants et la musique me rappellera

Avec le printemps, le désir de voyages se clarifie
Ce sera sur la route de Memphis – Tennessee
Ou un endroit qui ressemble à la Louisiane
Et je volerai sur Pan American en aéroplane

Je survolerai Belle-Ile-en-Mer et Marie-Galante
Mais on me dit de votre santé prenez soin
Car il ne faut pas se déplacer si loin
Si le bal donné sur le pont de Nantes me tente

Je ne suis pas sûr de ma présence
Je préfèrerai me retrouver sur la route des vacances
Et voir les cathédrales comme uniques montagnes
Avec les dix kilomètres, l’actualité chez moi me raccompagne

Voilà qu’un second printemps me limite mes déplacements
Alors adieu mon désir de voyage pour l’instant
Et merci aux sources d’inspiration qui me déstressent
En particulier la chanson de Desireless

Voyage, voyage

Eric Wolinski

LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES : Poème proposé par Loïc Fiard : L’éternité illuminée !

On me posa la question : est-ce que le désir peut se transformer en amour ?
En réponse je racontai mon rêve qui me changea pour toujours

Un beau soir l’univers se brisa
Laissant l’obscurité régner l’au-delà
Dans le silence des ténèbres endormies
C’est du chaos que naissent les étoiles
Un garçon pour ce firmament mis les voiles
Désirant l’éclat le plus pur d’une lumière vive dont il était pris

C’était plus qu’une comète
Son aveugle voyante et sa vue dépassée
Souvent très seul, il savait qu’un beau jour l’éternité serait illuminée
Et se laissa guider par l’âme de la plume du poète

Le désir est un manque que rien ne peut combler
Faut-il rouvrir ce cœur, ce tombeau mal fermé ?
Ainsi l’inconnu l’invite et le tente
Désireux d’apercevoir ce visage en attente

Une nuit des plus sombres, il voyait briller au-dessus de la mer
Une beauté s’animait non imaginaire
Il n’a plus eu que sa présence idéale
Et savait qu’avec elle, il retrouverait foi en l’art de l’amour et l’être humain, il l’appela : Ophéboréale

LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES : Poème proposé par Paule : Illusions

Traversant le désert sous un soleil de plomb, l’explorateur comme un chanteur célèbre souhaite désespérément des perles de pluie venant d’un pays où il ne pleut pas.

L’enfant dénutri rêve de montagnes de crème, de gâteaux, de miel arrivant dans sa région où la famine sévit et tue des milliers d’enfants comme lui.

Se promener dans la forêt, respirer les arbres, admirer les fleurs, illusion de l’être condamné à l’isolement et à l’obscurité de sa cellule.

Pour celle qui vit sans arrêt dans la crainte, vivre comme l’oiseau qui vole haut, très haut, sans peur, sans appréhension en étant elle-même, à part entière.

Et la petite fille ayant grandi avec le sentiment d’être moins qu’un objet sans valeur, donc sans importance, si cette femme qui n’a jamais su être maman te demandais maintenant, que désires-tu ?

Pourrais-tu lui répondre simplement « TOI » ?

LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES : Poème proposé par Jean-Louis

Elle m’écrira
Elle m’écrira les odes de ses désirs,
Et je caresserai les contours de ses écritures.
Elle m’adressera ses recueils pour me les décrire,
Et je me laisserai glisser sous ses couvertures.
Elle m’ouvrira les guillemets de ses livres intimes,
Et je m’engouffrerai dans cette accolade.
Elle dénudera ses versets sublimes,
Et je m’éblouirai de ses tirades.
Excité par le nu intégral de ses jolies rimes,
Je m’enivrerai des parfums de sa virgule.
Agrippé aux courbes de ses parenthèses intimes,
Je vibrerai aux cris de ses majuscules.
Je devrais parcourir toute la pléiade de ses inédits,
Pour goûter à la vertu de ses entres lignes.
A l’endroit et à l’envers de ses mots interdits,
Je trouverai le code de ses petits signes.
Elle rougira quand sur le point d’exclamation,
Elle gémira quand dans la langueur de ses strophes.
J’assisterai à l’impudeur de ses ponctuations,
J’assisterai à la hauteur de ses apostrophes.
Dans son ardeur, ma tête a joui sur le papier,
Les profondeurs intimes de mes pensées secrètes.
Elle sera l’attribut de mes sujets,
Et je serai son complément d’objet direct.

LE PRINTEMPS DES POÈTES À FONTENAY-AUX-ROSES – Premiers résultats et Poèmes proposés par Rebecca

L’édition 2021 du Printemps des poètes, la 23ème du nom, est terminée ; enfin presque pour nous…

Nous vous avions donné jusqu’au 29 mars à minuit pour proposer vos poèmes. Nous en avons reçus 10, rédigés par 7 poètes. C’est modeste, mais encourageant. Nous ferons mieux l’an prochain, avec, je l’espère, une meilleure préparation et plus d’appuis institutionnels.

En parallèle, le jury travaille pour déterminer un ou deux lauréats, dont les noms devraient pouvoir être communiqués mi avril si tout se passe bien.

Je vous souhaite à tous de bonnes lectures et aux auteurs beaucoup d’inspiration pour continuer à écrire.

Michel Giraud

Poèmes proposés par Rebecca

 Prière du temps

 Balançant sa perche, Voici le génie des dons :

Balançant sa perche,
Voici le génie des dons :
– Ah, donne-moi encore …
– Quoi, des amis, de l’argent ?
– Non, j’ai l’amour des enfants,
le gîte et le couvert.
– Alors le pouvoir ou la gloire ?
– Non, j’ai l’âme secrète,
le vacarme trouble la pensée.
S’il te plaît, bon magicien :

Donne-moi, donne-moi
encore un peu de temps
pour l’odeur des roses
les bourgeons du printemps,
pour les pluies douces
et les merveilles du monde.
Ainsi fut donné l’envoi
et les bulles d’illusion
s’envolèrent, les étoiles
se firent souvenirs
et les souvenirs paroles.
Car déjà le souffleur divin
riait de nos désirs
riait de nos regrets
en montrant d’un geste
Le grand ciel infini.

Rouge

Hier le ciel en flamme
jouait avec la Seine
son grand show du weekend
dans ses guises de torero.
Le couchant si intense
arrachait à l’oubli
des milliers de cris :
Où était-ce ?
Agrigente, Dubrovnik
ou quelque citée perdue
sous l’aurore boréale ?
Tel un amant attendu
qui lasse les plus fidèles
il était revenu,
tout embrasé de désir
avec sa palette magique
que nul ne peut figer.
Et pourtant !
Des milliers d’écrans
brandis comme des trophées
partageaient l’instant.
Regarde, bouge,
Sois ivre !
C’est l’annonce du voyage,
L’irruption de la danse,
Les souliers rouges
Ensorcelés.

Intimité

Certains mots sont maudits
Et les poètes descendent vers eux
Par soubresauts et glissades
Il est des viols innocents
Et des fous pleins de tact
Etrangement les mêmes rimes
Eludent le petit crime
Certains désirs de nuit
Sonnent le glas,
Lent, monotone,
La mort obscène
Rode, convoite, fouille
L’hyène –
Avec un sourire navré
On s’excuse
Doit-on tout brûler ?
Qu’importe
Si l’hospitalité est possible