L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 4/14)

Chapitre 4ème : Dans lequel on trouve tout sur une place du marché

« Je cherche le maire de Roses-les-Trois-Fontaines »

Les policiers se regardent et paraissent ne pas comprendre. Le commandant répète en parlant plus fort.

« Je cherche le maire de Roses-les-Trois-Fontaines

– Mais ici vous êtes à Roses-les-Cinq-Fontaines » répond le Chef des policiers municipaux.

Le Commandement sort un papier d’une de ses poches, le lit attentivement et répond :

« C’est pareil, je recherche le maire hono, hono, honoraire de Roses-les-Trois-Fontaines et le maire de Roses-les-Cinq-Fontaines.

– Vous voulez peut-être dire l’ancien maire et le maire actuel ? » questionne le Chef.

« – Oui, peu importe. Il me faut les deux sur le champ ! »

Alors les trois policiers s’égaillent sur la place, l’un en direction du marché, un autre en direction des restaurants et cafés de la place, fermés actuellement. Le troisième policier fait mine de partir dans une autre direction, puis se ravise, revient sur ses pas pour questionner le commandant de gendarmerie qui les bras croisés va rester d’un mutisme absolu. Les badauds qui étaient autour de ce groupe et avaient entendu cette discussion s’égaillent à leur tour et propagent l’information de recherche à leur entourage.

On dirait tous des enfants à la recherche des œufs de Pâques.

Finalement un badaud revient en hurlant : « J’en tiens un, j’en tiens un ! » et un des policiers municipaux revient avec l’autre maire recherché en criant : « J’en ai un aussi. J’en ai un aussi ! ».

Les deux maires et ex-maires arrivent inquiets en face du Commandant de gendarmerie qui leur demande de prouver leurs identités.

A priori, ça colle d’autant plus que les policiers municipaux et les habitants de Roses-les-Cinq-Fontaines crient ; « Ce sont bien eux ! », mais rajoutent « Mais qu’ont-ils fait ? Pourquoi on les arrête ? ». Pas de réponse de la part du Commandant.

De façon très rapide et péremptoire, les deux hommes sont invités à monter dans l’hélicoptère. Le Commandant les suit et referme la porte en plexiglas. On arrive à les apercevoir à travers la bulle de plexiglas. Tout ce petit monde s’attache, met des casques audio. Le maire et l’ex-maire, penauds s’envolent en faisant quelques signes auprès de la population qui leur répond en langage des signes « Courage ». Personne ne comprend bien ce qui se passe et ce qui arrive. Le premier hélico rejoint le second qui était en vol stationnaire et les deux aéronefs s’éloignent rapidement.

Les Roseliens et les Roseliennes, quelles que soient leurs opinions, discutent entre eux et questionnent les policiers municipaux, qui ne savent rien de plus que les autres : une double arrestation avec des grands moyens. Ce rassemblement improbable finit par se disperser après une bonne demi-heure de discussion, d’hypothèses et autres suppositions…

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 3/14)

Chapitre 3 : Dans lequel les grands moyens arrivent à leur fin.

Le pilote de l’hélico qui s’est posé ralentit sa manette des gaz et le rotor principal tourne toujours mais avec moins de fracas et sans projeter autant d’air qu’auparavant.

La porte en plexiglas opposée au pilote finit par s’ouvrir et un gendarme gradé sort de l’hélico. C’est un commandant de gendarmerie. De grande taille, il réajuste son masque, sa vareuse, son képi qu’il enfonce sur son crane pour éviter qu’il s’envole, et reprend son souffle après ce vol à l’atterrissage dans ces conditions limites.

Les jambes bien campées sur le sol de la place devenu tarmac, il regarde autour de lui, et voit naturellement autour tous les gens ébahis par cette arrivée fracassante, mais ce n’est pas cela qui l’intéresse. Tout à coup, il se fixe sur le bâtiment de la mairie, et commence à se diriger vers elle d’un pas décidé. Il traverse la rue qui sépare la place du marché de la placette de la mairie. Elle est peu fréquentée en ce moment par les automobiles et les bus. Il fait un arrêt bref devant le bassin situé devant la mairie, hoche la tête puis reprend sa marche vers le perron du bâtiment municipal. Il monte les marches et tente d’ouvrir la porte.

Elle est fermée et un panneau indique de passer par le côté. Néanmoins, il tambourine ferme, et essaie à plusieurs reprises d’enfoncer cette porte. Des passants se rapprochent de lui pour lui dire que la mairie n’est pas forcément ouverte car il y a peu de mariages en ce moment. Tout à coup, une employée finit par ouvrir timidement la porte et les deux personnes discutent. Le commandant fait alors demi-tour et revient vers le centre de la place en cherchant quelque autorité à qui parler.

Trois policiers municipaux venant du marché couvert arrivent enfin à sa rencontre. Une petite discussion s’engage entre les quatre personnes. Les badauds les plus proches entendent alors les échanges de paroles malgré le bruissement de l’hélico.

Eric Wolinski

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 2/14)

Chapitre 2ème : Dans lequel une place publique est détournée de sa fonction originelle.

Ce n’est pas possible, celui qui descend semble vouloir atterrir. Ca y est les passants qui partaient reviennent sur la place. Des commerçants sortent de leur marché. Quelques rares promeneurs voulant bénéficier de leur heure de sortie se rapprochent également.

Chapeau le pilote de l’hélico ! il amorce sa descente en visant entre les arbres, dont les dernières feuilles s’envolent, et les réverbères en métal, eux moins aptes à se courber sous l’effet des rotors. Cet hélico se pose tandis que le second reste en vol stationnaire à une centaine de mètres au dessus de la place. Le bruit est assourdissant et l’air soufflé difficile à supporter. Par réflexe, les badauds qui sont de plus en plus nombreux se baissent, pour passer sous le brassage d’air du rotor principal, ce qui donne un air comique à la scène.Ceci d’autant plus que des chapeaux mal fixés sur des têtes s’envolent, ainsi que des foulards, même des masques et des menus accessoires légers.

Certains Roseliens et Roseliennes (c’est comme cela que l’on nomme les habitants de cette commune) sont courbés en deux, d’autres plient leurs jambes, d’autres mêmes posent un ou deux genoux sur le sol pas très sec. Finalement, tous sourient car vivre un tel événement est extraordinaire. Nombreux sont ceux qui filment la scène avec leur portable ou envoient des messages, tweets et autres à leurs connaissances.

L’ÉNIGME DU BASSIN (épisode 1/14)

Préambule :

4ème samedi matin du second confinement. Fin novembre 2020, place du marché à Roses-les-Cinq-Fontaines dans le neuf deux au sud de Paris vers 11h00

Chapitre 1er : Dans lequel un petit rien fait lever les yeux au ciel

Peu de monde ce samedi matin sur la place du marché. Les gens marchent vite, résignés en regardant par terre sans prêter attention aux autres. Ils portent tous un masque, et une majorité, un chapeau, un bonnet, une casquette. A cela se rajoute pour certains, des lunettes embuées à cause du masque. Il fait froid en ce samedi de fin novembre. Les jours sont courts et les nuages gris sont bas. Dés que quelqu’un éternue, tousse, tout le monde s’écarte, s’éloigne de l’opportun. Les paniers, cabas et autres sacs de ceux qui sortent du marché sont pleins. Peut-être la semaine prochaine, tout sera fermé ou ouvert. Ceux qui arrivent se dépêchent de rentrer dans le marché de peur de manquer. Alors que les commerçants disposent de tout y compris des premières victuailles destinées aux fêtes de fin d’année.

Tout à coup, on entend dans le ciel un bruit. Depuis quelques mois, les aéronefs se font rares… sauf le Rafale qui a dépassé le mur du son en septembre dernier en région parisienne… Le bruit se rapproche. Et on commence à percevoir un bruit d’hélicoptère plutôt qu’un avion.Ca y est, ce sont deux hélicoptères qui s’approchent du centre ville. Ils semblent même descendre.

Les passants, commencent à ralentir leur allure, et miracle, ils lèvent leurs yeux au ciel. Mais que font ces deux hélicoptères qui font du rase motte dans le ciel de Roses-les-Cinq-Fontaines.Ce sont des hélicoptères bleus de la gendarmerie. Il y en a un qui fait du vol stationnaire au dessus de la place du marché et l’autre qui commence à descendre.

Eric Wolinski

Coronavirus : Précisions sur les achats de 1ère nécessité

En ce qui concerne les “achats de 1ère nécessité” (2ème case à cocher), il faut mettre l’heure de départ mais :

  • compte-tenu des queues dans tous les magasins et de la distance pour s’y rendre pour beaucoup d’entre nous, une “heure entière” ne suffit pas et le “Kilomètre” n’est plus tenable
  • en outre, rien ne semble interdit pour une sortie en voiture (et plus sécure v/s virus qu’une sortie à pied dans les rues) quand on veut acheter des choses lourdes et volumineuses (packs d’eau, etc…) et aller dans un hyper qui propose autre chose que de l’alimentaire mais indispensables telles que des petits matériels électriques et informatiques (piles, ampoules, cartouche d’encre, papier, ….), voire du linge de maison ou des vêtements de première nécessité.

Les seniors (dont je fais partie), nous sommes déjà suffisamment stressés par le Covid19, qu’il ne faut pas en rajouter par la peur du gendarme, et de pas respecter des consignes qui ne sont pas forcément très claires dans toutes les têtes y compris celles de la maréchaussée … qui peut faire du zèle…

Le rayon de 1km ne concerne que les promenades seules ou en famille, les jogging solo, les ballades du chien, … et pour 1 heure seulement : 5ème case à cocher de l’imprimé

Eric Wolinski