Réponse de Mr Vastel, maire de Fontenay à l’article sur l’abattage des arbres du 26 rue des Potiers

Je lis votre article intitulé « pourquoi l’abattage des arbres du 26 rue des Potiers a-t-il été fait sans concertation avec les riverains ? ». Il me parait très illustratif des symptômes récurrents de la démocratie locale auxquels sont confrontés les élus locaux et c’est pourquoi je prends la liberté de vous répondre.

Tout d’abord un rappel de la loi : l’abattage d’arbres ne constitue pas un événement de nature à organiser une concertation ou à demander une autorisation de la mairie, sauf arbre considéré comme remarquable et protégé dans le cadre du PLU, qui ne peut être réalisé sans raisons motivées et sans l’autorisation de la mairie.

Les arbres trentenaires ici concernés ne faisaient l’objet d’aucune protection particulière. Et ce bien que le PLU instauré par notre équipe ait fait le choix de protéger largement les arbres qui sont partie intégrante de notre patrimoine. 106 arbres remarquables sont désormais protégés, alors que seuls 9 arbres faisaient l’objet d’une protection dans le cadre du POS.

Vous affirmez que le projet de construction n’est pas connu. Pourtant il a été évoqué, en tant que partie intégrante du projet de rénovation des Paradis, lors de chaque réunion publique organisée à la maison de quartier, et le plus souvent en présence des riverains. 

(https://media.fontenay-aux-roses.fr/fileadmin/fontenay/MEDIA/Quartiers/Quartier_des_Paradis__le_renouveau/Presentation_reunion_publique_du_23_mai_2018.pdf)

Mieux, les riverains ont été reçus à deux reprises par la mairie, par les élus concernés dont je fais partie, en présence des services. Le cahier des charges ayant servi à l’appel d’offres pour sélectionner un cabinet d’architectes leur a été communiqué, et sur notre demande insistante, le bailleur a tenu le plus grand compte de leurs préoccupations. Notamment en termes de hauteur du bâtiment projeté sur la rue des Potiers, qui sera R+1 afin de permettre une transition douce vers les pavillons, alors même que le PLU et les bâtiments qui lui font face auraient autorisé une bien plus grande hauteur. Le traitement de façade leur a été soumis et est en cours de modification à la suite de la dernière réunion.

De nombreux riverains se seraient mobilisés pour les arbres. Pourtant, lors des deux réunions de concertation ils n’ont pas soulevé ce point comme prioritaire. (https://media.fontenay-aux-roses.fr/fileadmin/fontenay/MEDIA/Quartiers/Quartier_des_Paradis__le_renouveau/Presentation_reunion_publique_du_23_mai_2018.pdf ) Seuls deux d’entre eux, qui sont à l’origine de la pétition qui a rassemblé 300 signatures sur la base d’un intitulé particulièrement inductif ont fait de ce point un point de blocage, leur demande étant en fait de réduire de trois appartements supplémentaires la construction (déjà volontairement limitée) de logements sociaux par Hauts-de- Seine Habitat.

Les riverains ont d’ailleurs été reçus en septembre dernier par le Directeur général de Hauts-de-Seine Habitat à ma demande, pour évoquer ce projet. Le bailleur leur a, à cette occasion, indiqué qu’il ne pouvait aller plus loin en termes de concessions aux riverains. La suppression de ces trois appartements étant justifiée par les deux riverains au motif qu’ils considéraient comme inacceptables que ces trois arbres ne soient plus visibles de leurs fenêtres.

Ce projet a d’ailleurs été évoqué il y a quelques jours encore lors de la réunion du conseil de quartier, en présence des riverains, et a fait l’objet d’échanges assez vifs avec les habitants du quartier des Paradis présents, excédés par les propos tenus en réunion.

Je crains donc que votre article ne se fasse que l’écho d’un nombre réduit de personnes et soit fortement incomplet.

Il est cependant très illustratif des problèmes systématiquement rencontrés désormais par l’action municipale. Le fait que quelques personnes tiennent volontairement des propos sans rapport avec la réalité des faits, et considèrent comme insupportable tout accord négocié qui ne soit pas à 100% leurs positions initiales est un problème difficilement soluble. Par nature, toute négociation arrive à un compromis qui ne peut satisfaire complètement aucune des deux parties. Car la démocratie ne peut fonctionner sur la base du consensus qui est un but inaccessible mais ne peut avancer que par le compromis, seul gage de réalisme.

Le relai complaisant (ce qui n’est pas le cas de votre blog, et qui explique ma réponse aujourd’hui) et parfois non dénué d’arrières pensées politiques de certains blogs qui ont pour seul objectif de dépeindre l’action municipale et le maire en particulier sous un jour le plus déplaisant possible est un poison pour la démocratie. Car pour vivre et débattre, la démocratie a besoin de respect et d’une bienveillance minimale. Elle a besoin que nous considérions l’autre (y compris son adversaire politique) avant tout comme quelqu’un qui a le souhait d’œuvrer positivement, même lorsque ses opinions ou ses projets diffèrent des nôtres. La démocratie s’accommode mal des sarcasmes méprisants, des affirmations péremptoires et des sous-entendus injurieux qui peuplent certains blogs. Faut-il rappeler que l’équipe municipale n’est que le rassemblement de citoyens fontenaisiens ayant décidé de consacrer de leur temps et de leurs loisirs et de leur énergie à leur ville et à leurs concitoyens ?

La chose est rendue plus complexe encore par la montée d’une sorte de prééminence de la légitimité individuelle par rapport à la légitimité collective. C’est d’ailleurs ce travers que pointe le philosophe Marcel Gauchet comme un des plus impactant dans la crise de confiance que traverse notre démocratie. Car ici, est-il besoin de rappeler que l’objectif de cette construction est de faciliter le relogement de 833 familles qui vivent dans des immeubles vétustes, inconfortables, et dont la présence d’amiante rend toute rénovation partielle extrêmement difficile.

Faut-il attendre l’effondrement d’un immeuble des Blagis pour considérer ce dossier comme prioritaire par rapport aux intérêts personnels de quelque uns ?

Ne doit-on pas considérer ici comme indécentes, les préoccupations de deux personnes alors même que des arbres seront replantés et que le jardin public sera agrandi par ce projet, longeant la rue des Potiers pour l’agrément de tous mais aussi des propriétaires qui, pour certains, font ici la fine bouche alors que la rénovation du quartier confortera la valeur de leur patrimoine ?

Je livre ces réflexions en réponse à votre texte. Je voudrais rappeler à certains qui exigent une démocratie instantanée permanente qui ne peut exister que dans l’hyper proximité, les dangers qui pèsent aujourd’hui sur l’échelon communal dans le cadre de la réforme territoriale qui recentralise notre pays comme jamais.

La perte chaque année de compétences supplémentaires pour nos villes se traduit inéluctablement par un éloignement décisionnel qui ne pourra que multiplier des situations, cette fois-ci bien réelles d’absence de toute concertation. Tout le contraire de la démarche de proximité entreprise par notre équipe depuis 5 ans, de la co-élaboration réalisée aux Blagis, des votes sur les options du centre-ville, ou de la concertation que j’annoncerai dans quelques jours au conseil municipal.

Bien à vous,

Laurent Vastel
Maire de Fontenay-aux-Roses
Conseiller départemental des Hauts-de-Seine

Pourquoi l’abattage des arbres du terrain du 26, rue des Potiers a-t-il été fait sans concertation avec les riverains ?

Le terrain du 26, rue des Potiers doit faire l’objet de la première étape du renouvellement urbain des Paradis, avec la démolition du bâtiment actuel et de la construction d’un bâtiment de 38 logements par Hauts de Seine Habitat.

Le projet de construction n’est actuellement pas connu. Beaucoup de riverains se sont mobilisés pour conserver les arbres. Ils ont fait circuler une pétition qui a recueilli plus de 300 signatures, bien au delà des habitants du quartier. Ils ont aussi posé une question au Conseil Municipal du 24 Septembre 2018. La réponse à cette question n’a pas fait l’objet d’une diffusion en vidéo sur le site de la ville. Ceux qui ont signé la pétition n’ont pas pu y avoir accès.

Pourquoi une réunion publique pour présenter le projet avec le bailleur social n’a pas pu être organisée avant l’abattage des arbres ? 

Il est écrit dans le Fontenay Mag de Novembre (page 19)  : « Démolition du 26, rue des Potiers.  Une large concertation et des lettres d’information ont tenu informé les habitants des évolutions prévues aux Paradis. Première étape : la démolition du bâtiment vide situé au 26, rue des Potiers par Hauts-de-Seine Habitat en vue de la reconstruction des 38 logements sociaux sur ce terrain. Les clôtures de chantier sont en cours d’installation et des panneaux seront disposés côté Potiers et Chénier pour informer sur le projet. Une phase travaux de démolition à l’intérieur est nécessaire avant que le bâtiment soit déconstruit entièrement, la démolition totale ne devrait donc être achevée que début janvier. »

Ce terrain disposait de magnifiques arbres, devant et derrière l’immeuble actuel.

Sur le terrain où il doit y avoir la construction, un seul arbre a été conservé. Les autres ont été abattus.

Actuellement, il n’y a aucun panneau explicatif sur le projet, comme l’indique le Fontenay Mag.

Pourquoi l’immeuble prévu aux Mouilleboeufs aura-t-il 62 logements (dont 20 sociaux) au lieu de 50 logements ?

Vue du futur immeuble, coté avenue Paul Langevin

La vente des logements a commencé il y a un an, début Février 2017. Il était constitué de logements allant du studio au 4 et 5 pièces. Actuellement, des 4 et 5 pièces n’ont pas été vendus et il n’y a pas suffisamment de promesses de vente pour lancer la construction.

=> Cet immeuble est entaché d’un handicap du fait de sa situation, entre l’avenue Jean Moulin et l’avenue Paul Langevin avec pour les logements qui donne avenue Paul Langevin, la vue sur la voie du RER B. De plus, il était prévu par la RATP, un doublement de la ligne du RER depuis la gare de Robinson, comme voie de garage, avec toutes les nuisances sonores occasionnées.

Le promoteur Bouygues Immobilier a déposé un permis modificatif (accordé le 11/12/2018) pour modifier la typologie des logements, sans des 4 et 5 pièces et ainsi de créer 62 logements au lieu de 50. Sur ces 62 logements, il y aura 20 logements sociaux. Est-ce qu’il seront en accession à la propriété ou est-ce qu’ils seront repris par un bailleur social et qui sera chargé de l’attribution des logements ?