Végétaliser la ville, ce n’est pas qu’une histoire d’arbres

La question des arbres est importante mais il est temps de dépasser leur comptage pour s’intéresser, plus largement, au sujet de la nature en ville. Les enjeux sont « techniques » : climatisation, gestion des eaux pluviales, absorption du carbone… mais ils sont aussi culturels, éducatifs, nourriciers… La ville est un écosystème vivant qui détermine nos conditions de vie. Un écosystème qui nécessite toute notre attention, dans toutes ses dimensions.  

En effet, le dérèglement climatique entraine des épisodes de canicule et de forte pluie qui vont être plus fréquents et plus intenses dans les années à venir. Nous devons nous y préparer en modifiant les règles actuellement en vigueur pour construire la ville. Un premier chantier est donc de réduire la température qui est de plusieurs degrés supérieure dans une zone bétonnée comparée à un parc arboré. Pour cela, il convient de planter des arbres mais il est également intéressant de végétaliser les toitures par exemple et de choisir des revêtements de couleur pâle pour les rues.  Un second chantier tout aussi important est de limiter les impacts des épisodes de forte pluie, en désimperméabilisant les sols et en installant des noues ou des jardins de pluie pour permettre à l’eau de s’infiltrer dans le sol et réduire ainsi le ruissellement et l’arrivée massive d’eau de pluie dans les stations de traitement. Un troisième chantier est de permettre à la biodiversité de se redresser, en organisant notamment des trames vertes (espaces végétalisés) et bleues (cours d’eau et zones humides) et noires (sans lumière).

La végétalisation de la ville suppose donc de repenser l’espace public qui a été construit ces dernières années pour les voitures, quasi exclusivement.

La rue en bas de chez moi a été refaite il y a quelques mois. Elle a été parfaitement bétonnée au profit des voitures… alors que, pourtant, peu de voitures passent dans cette rue :
-        Une chaussée bien plane avec des places de stationnement tout du long,
-        De nombreuses sorties de garage qui rendent le trottoir tout à fait inconfortable, tout en creux et bosses,
-        Pas une goutte d’eau ne peut traverser le béton et la pluie est captée dans le même réseau que les eaux usées domestiques, de même que pour l’eau de l’avenue toute proche qui se déverse à gros flux dans cette rue,
-        Pas un brin d’herbe ne peut pousser, pas d’arbre non plus,
-        Un goudron bien noir qui chauffera au soleil du prochain été.

En conséquence, les passants empruntent la chaussée lorsqu’ils parcourent la rue et se garent entre deux voitures stationnées si besoin. Mais la promenade n’est pas agréable et le sera encore moins l’été prochain. Aucun des objectifs évoqués plus haut n’a été pensé pour la « rénovation » de cette rue.

Nous avons besoin de repenser l’espace public, son usage, son organisation pour l’adapter au dérèglement climatique, y rendre possible et agréable la marche et le vélo, mais aussi permettre l’ouverture d’un jardin partagé ou de haies nourricières, d’un espace pour des repas de quartier, d’un sentier piéton, etc. Bref, il nous faut nous réapproprier l’espace public aujourd’hui réservé aux voitures pour préserver et améliorer nos conditions de vie dans la ville.

Lors d’une réunion publique, le maire actuel de Fontenay-Aux-Roses a évoqué sa fierté d’avoir défini un modèle de rue qui s’applique à toute la ville. Pour ma part j’appelle de mes vœux la possibilité d’avoir des rues qui marquent l’identité de chaque quartier et dont la diversité permette d’imaginer et d’expérimenter des usages au plus près des souhaits des habitants. Cela suppose de permettre aux habitants et aux services techniques de travailler ensemble, pour partager nos contraintes et souhaits réciproques, découvrir ensemble ce qui se fait ailleurs et dont on pourra s’inspirer, se saisir des enjeux liés au dérèglement climatique mais aussi de nos envies de faire société différemment… Et sans doute sera-t-on amenés à planter des arbres ! Tellement qu’il ne sera plus nécessaire de les compter.

Dominique Dupuis

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Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas !

Poursuivre un objectif zéro déchet suppose de mettre en œuvre les 5R[1], Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler et Rendre à la terre. Se contenter comme aujourd’hui d’améliorer le traitement des déchets existants ne permet pas de répondre aux enjeux de pollutions liées aux déchets[2]ni à ceux de surexploitation des ressources[3]. La situation actuelle est une opportunité, tout autant qu’une nécessité, pour revoir entièrement notre manière de produire et de consommer. Pour cela, il nous faut élire des candidats qui sont prêts à impulser une politique ambitieuse, en rupture avec ce qui se fait actuellement.

La question des déchets est essentielle. Nous sommes aujourd’hui dans un système linéaire qui extrait des ressources de la terre, renouvelables ou non, les transforme et les disperse dans des produits, bâtiments, etc. qui finiront en déchets.

Le recyclage, même si on fait du mieux possible restera très insuffisant. Tous les matériaux ne sont pas recyclables et, par exemple, les composants des smartphones sont tellement petits et dispersés, qu’il est impossible de récupérer tous les métaux qui ont servis à sa fabrication. Par ailleurs, le recyclage détériore la qualité du produit et le nombre de cycles successifs est limité ; 7 à 10 fois pour le papier par exemple. Beaucoup de produits ne peuvent pas être recyclés pour le même usage. C’est le cas des bouteilles en plastique qui seront transformées en revêtements pour le sol, tuyaux, fibres textiles… Enfin le recyclage demande de l’énergie, pour transporter les déchets, parfois loin, et les traiter (faire fondre le verre par exemple).

Nous surexploitons les ressources naturelles renouvelables qui n’ont pas le temps de se renouveler et nous polluons ou détruisons de plus en plus rapidement les écosystèmes qui permettent leur régénération : plastique dans les rivières et les océans[4], artificialisation galopante des sols….

Ainsi, de plus en plus de métaux et matières premières diverses risquent de nous manquer dans les prochaines décennies. Notre planète ne nous permet pas de continuer à vivre comme nous le faisons aujourd’hui.

Vous l’avez compris, travailler la question des déchets ne doit pas se limiter au traitement des ordures ménagères comme le fait aujourd’hui le territoire Vallée Sud – Grand Paris. D’autres scénarios sont possibles pour créer une dynamique vers une économie circulaire en s’intéressant également à l’offre des acteurs économiques et à nos modes de consommation. Le rôle des collectivités est alors de créer les conditions de mobilisation des acteurs, entreprises, commerçants, associations, citoyens, pour construire une nouvelle trajectoire de développement du territoire.

Dans les programmes des candidats aux élections municipales de Fontenay, on trouve des propositions de repair café, de réduction de l’usage du plastique dans les cantines ou la promotion du réemploi. Pour avoir des effets réels, ces premiers pas doivent s’inscrire dans un projet plus large mais, sauf pour la liste « Un temps d‘avance pour Fontenay » qui affiche clairement un objectif de « gestion sobre de l’ensemble des ressources et biens consommés dans notre commune », je peine à les identifier au-delà des têtes de chapitre, Environnement, Ecologie, Développement Durable.

Si on veut savoir si les candidats ont une réelle ambition d’impulser une transition écologique pour notre ville, il est pourtant important de connaître d’une part quels objectifs soutiennent cette ambition et d’autre part, si et comment ils envisagent de mobiliser les acteurs pour co-construire des projets :
-        Vers un monde sobre, décarboné et respectueux du vivant.
-        Qui s’appuient sur de nouveaux modes de production, de consommation et de faire société et non pas sur des technologies magiques[5]
-        Qui ne se limitent pas à la gestion des services municipaux mais s’appuient sur eux pour impulser une politique ambitieuse,
-        Qui devront être coordonnés au niveau du Territoire Vallée Sud-Grand Paris notamment parce que les flux ne s’arrêtent pas aux limites des villes et que la mutualisation des investissements élargit notre pouvoir d’agir.

A propos des technologies, aucune donnée aujourd’hui ne montre une capacité d’un découplage de la production de richesse (le fameux PIB) de la consommation de ressources et d’énergie. Pire, l’empreinte écologique des technologies numériques augmente très rapidement[6]. Soutenir la croissance économique telle qu’elle se construit aujourd’hui est donc en complète contradiction avec l’objectif de réduire notre empreinte carbone de moitié d’ici à 2030 (et de 80% d’ici 2050). Nous n’avons pas d’autres choix que d’innover pour développer de nouveaux modes de production et de consommation.

A propos de Vallée Sud – Grand Paris, le conseil territorial a, sur la mandature qui s’achève, signé une charte[7] qui est un obstacle à une politique coordonnée sur le territoire. Celle-ci prévoit en effet un principe du chacun chez soi, tout à fait préjudiciable à un fonctionnement utile et démocratique de cette institution[8]. S’il n’est pas question de souhaiter la mainmise du territoire sur les municipalités, considérer qu’une politique zéro déchet peut être menée sans débat au niveau du territoire ni coordination entre les communes alors que les compétences déchets, développement durable et développement économique sont détenues par le Territoire est une illusion complète. C’est aussi ce que disent les 27 associations de Vallée Sud – Grand Paris qui ont signé la lettre ouverte aux candidats pour demander la construction concertée d’un plan climat-air-énergie pour le territoire[9].

La question des déchets m’a emmenée loin de la gestion des ordures ménagères… parce que c’est un enjeu central et parce que les enjeux écologiques mais aussi sociaux, économiques et démocratiques sont reliés les uns aux autres dans un système qu’il nous faut transformer dans son ensemble.    

Dominique Dupuis

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[5] Voir cette illustration de l’humoriste Suisse, Thomas Wiesel, qui dit à la fin de ce spectacle : https://youtu.be/izuzy2phn_g, « on a l’impression que le monde de l’économie nous dit : hé, on vient de développer une 7e vitesse, c’est génial, on a une bonne nouvelle, maintenant le mur est connecté et on sait exactement à quel endroit on va le percuter »

[7] Charte de l’établissement public territorial T2

[8] Lors du dernier conseil territorial qui s’est tenu le 24 février il a été dit à propos des ateliers organisés début 2019 dans le cadre de la préparation du plan climat-air-énergie que « les habitants y ont été invités » via les associations dont les coordonnées ont été fournies par les maires des communes. Dans les faits, une seule association parmi les 27 signataires de la lettre ouverte a été invitée, au dernier atelier et via un courrier transmis juste avant sa tenue. Quel bel exemple de la volonté des maires actuels d’impliquer leurs concitoyens !

Des « Tiers-Lieux » pour soutenir des projets de Fontenaisiens ?

En lisant les programmes on se plait à rêver de Fontenay dans quelques années avec des lieux dynamiques et actifs permettant des rencontres, y compris intergénérationnelles, des espaces où se développent des coopérations inter-entreprises, où sont proposés des Repair’cafés et bien d’autres activités… Mais quelles seront les modalités de mise en place et de gestion de ces « Tiers Lieux » ?

Le vocabulaire utilisé par les candidats nous oriente en effet vers cette idée de Tiers Lieux, mot chapeau qui permet de rassembler sous une même et grande famille les espaces de co-working, les FabLab, les Repair’Cafés, les jardins partagés et autres habitats partagés ou entreprises ouvertes. La définition reprise ici indique également que le « Tiers Lieux » (écrit avec des majuscules) permet l’émergence de projets collectifs permettant de co-créer et conserver de la valeur sur les territoires[1].

Cette idée de projet collectif me parait centrale dans la proposition de lieux propices au développement de lien social et de dynamique associative, entrepreneuriale, économique, artistique… Prenons l’exemple du co-working. Il a toujours été possible de louer un bureau dans un espace partagé. On a alors un propriétaire qui met des espaces à disposition, avec un tarif au m2. Un Tiers-Lieux repose quant à lui sur un projet collectif et donc sur une « communauté » de personnes qui s’engage dans une aventure qui dépasse la seule location de m2. Et les projets sont différents d’un lieu à l’autre. Voyez sur le site de Sceaux Smart ou bien celui de CASACO, situé à Malakoff, on y parle de tribu, d’animation, d’événements, etc. A La Tréso, qui ouvrira en avril prochain à Malakoff, le projet est que des particuliers et des enfants croisent des artisans dans un lieu qui permet de fabriquer un objet, réaliser une recette de cuisine, participer à un atelier, boire un verre ou déjeuner, travailler, apprendre et échanger avec d’autres personnes. Les projets sont collectifs mais aussi multidimensionnels.

Sceaux Smart est une association, CASACO et La Tréso sont des coopératives. Elles travaillent en partenariat avec leur municipalité respective qui les soutient parce que, par leur projet, elles participent à la vie de la ville, à sa dynamique économique mais aussi associative ou sociale … Ces entreprises ont un modèle économique qui leur permet d’assurer leur pérennité. Les locaux sont ouverts sur un large espace horaire pour y accueillir des publics et des activités différentes selon les jours et les créneaux. Cela ne ressemble à rien de ce que nous avons aujourd’hui à Fontenay !

Je crois personnellement que les Tiers-Lieux répondent à des vrais besoins dans les villes et notamment des besoins de transition écologique, économique et sociale. Ils pourront se développer dans notre ville si les élus sont convaincus de leur intérêt et sont prêts à soutenir voire à solliciter des projets collectifs locaux. Cela suppose que des lieux soient disponibles et que des budgets soient prévus pour, selon les cas, investir dans l’aménagement des locaux, du matériel qui sera mutualisé ou encore pour accompagner l’amorçage du projet.

Un café associatif ? Une maison zéro déchet ? Un Fablab sur le modèle de La Tréso de Malakoff ? Une autre forme de lieu de coopération artistique et culturelle ? Un Tiers-Lieux de développement économique local pour la transition écologique (voir ce projet à Champigny) ?

Les candidats qui se présentent à nos suffrages sont-ils réellement prêts à soutenir des projets proposés par des Fontenaisiens ?

Dominique Dupuis

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NB : A propos des Repair’cafés, que certains souhaitent initier à Fontenay, l’association Fontenay Environnement et Transition en organise déjà un, un mois sur deux à la maison de quartier des Paradis. Un 2e lieu est envisagé et la fréquence sera augmentée si l’association a suffisamment de bénévoles pour le faire.


[1] https://movilab.org/wiki/D%C3%A9finition_des_Tiers_Lieux

Une coordination d’associations du Territoire Vallée Sud Grand Paris envoie une lettre ouverte aux habitants et aux candidats des communes du Territoire

A Vallée Sud – Grand Paris, le 10 février 2020

Mesdames et Messieurs les candidats aux élections municipales et territoriales[1],

Mesdames et Messieurs, habitants du Territoire Vallée Sud – Grand Paris,

Chacun peut le constater, l’impact des activités humaines sur nos conditions de vie se fait sentir un peu plus chaque année. Les records de chaleur sont battus en France (on a atteint 42,6°C à Paris le 25 juillet 2019), les périodes de grosse chaleur sont plus fréquentes et difficiles à vivre, notamment pour les personnes âgées ou fragiles. L’impact de la pollution de l’air sur la santé des enfants est désormais démontré[2]. Par ailleurs, la biodiversité souffre, comme en témoigne par exemple la diminution du nombre d’oiseaux dans nos villes.

Le caractère d’urgence de cette situation appelle des transformations et des actions concrètes pour une transition écologique afin de :
-    combattre le dérèglement climatique et œuvrer pour limiter son impact,
-    réduire la pollution de l’air, de l’eau et des sols,
-    réaliser des économies d’énergie et développer les énergies renouvelables,
-    protéger la biodiversité,
-    etc.

Ces actions doivent engager non seulement les collectivités et les entreprises, mais également les associations et chaque citoyen. Les moyens d’agir sont nombreux, particulièrement au niveau de notre Territoire : favoriser les mobilités actives (vélo, marche), stopper l’artificialisation des sols et renaturer des espaces nécessaires au rétablissement de continuités écologiques, encourager et faciliter la rénovation thermique des bâtiments, accompagner les projets citoyens pour modifier nos modes d’alimentation et de consommation, ou réduire nos déchets, etc.

La loi de 2016 impose de produire un Plan climat-air- énergie sur chaque Territoire pour répondre aux enjeux énoncés.

Cette démarche attendue pour fin 2018 n’est toujours pas finalisée sur notre Territoire Vallée Sud – Grand Paris, elle se conduit sans concertation avec les associations qui œuvrent pour la protection de l’environnement.

Aussi, nous appelons, conformément à la loi, les élus à co-construire avec les associations et l’ensemble des citoyens, un projet ambitieux et concret et à relever le défi.

A l’heure où se présentent devant nous de nouveaux candidats aux élections municipales et territoriales, nous leur demandons d’expliciter leurs engagements pour un Territoire viable et vivable, et proposons à chaque citoyen de les interpeller sur ces thèmes.

Contacts :

Pierre Salmeron

Président Sud Environnement

pierre.salmeron@gmail.com

06 82 41 32 48

Dominique Dupuis

Coprésidente Fontenay Environnement et Transition

dominique.dupuis@autremail.fr

06 14 90 38 15


[1]
   Les élections de mars 2020 vont permettre l’élection des conseillers municipaux pour chaque commune. Une partie d’entre eux siègeront également au territoire VSGP

[2] En mars 2019 UNICEF France a rendu public un diagnostic sur la pollution atmosphérique de nos villes et ses effets sur les enfants. Le rapport “Pour chaque enfant, un air pur ! Les effets de la pollution de l’air en ville sur les enfants” met en évidence l’urgence d’agir pour préserver la santé des enfants.

Le bio à la cantine c’est bien, mais quel bio ?

Il ne vous a pas échappé que le bio à la cantine a la faveur des candidats aux élections municipales. Il s’agit bien sûr d’améliorer le contenu de l’assiette des enfants et c’est important. La question qui vient tout de suite à ce sujet concerne le coût que cela représente. Une question qui peut en cacher d’autres.  

Le bio étant plus cher, il faut trouver des économies pour ne pas augmenter le coût de la cantine. Rechercher des économies d’échelle est le réflexe qui vient en premier. Cela signifie que le bio à la cantine sera obtenu en soutenant le modèle industriel actuel. Ce qui ne va pas du tout dans le sens d’une transition écologique pourtant indispensable. En effet, il faudra pour obtenir ces économies d’échelle :

  • Fabriquer les repas dans une véritable usine

=> 2600 repas par jour sont préparés à Fontenay aujourd’hui, combien demain si la        cuisine sert également Montrouge, Sceaux et Bourg-la-Reine ? 10 000 repas ?              davantage ?

  • Acheter des quantités très importantes auprès de grands exploitants agricoles « pour avoir des prix ».  Des exploitants que l’on ne trouve pas en Ile de France et les mieux-disant seront même vraisemblablement hors de France.

Des alternatives existent en s’appuyant notamment sur deux pistes :

  • Réduire le gaspillage alimentaire[1]  est un levier important qui passe par des actions de sensibilisation des enfants, un moyen intéressant pour faire évoluer les pratiques aussi hors de l’école.
  • Réduire la proportion de viande au profit de protéines végétales, ce qui permet en outre de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, de libérer des terres agricoles[2] et c’est bon pour notre santé[3].

Par ailleurs, côté approvisionnement, via la commande publique, il est possible de soutenir la transition agricole locale vers une agriculture avec moins, ou pas de pesticides et plus respectueuse des équilibres naturels. Ce que font les AMAP avec beaucoup moins de moyens que les collectivités. On joue là encore sur la diminution de nos émissions de gaz à effet de serre par réduction des transports.

On voit que le sujet du bio à la cantine peut nous entrainer vers d’autres sujets et pourrait être un premier pas vers une politique de transition alimentaire. On l’a un peu oublié mais nourrir sa population a été la préoccupation des villes pendant des siècles et il est important aujourd’hui de nous réapproprier le sujet pour créer les conditions d’un accès pour tous à une alimentation de qualité. De plus en plus de collectivités l’ont compris[4] et agissent pas à pas pour, selon les contextes :

  • Augmenter l’autonomie locale,
  • Développer des circuits courts,
  • Acheter du foncier,
  • Développer des activités de transformation locale,
  • Eduquer et sensibiliser : soutenir les projets des équipes pédagogiques, organiser des repas collectifs lors d’événements festifs, (ré)apprendre à cuisiner,
  • Etc.

Développer le bio à la cantine peut être la partie visible ou initiale d’une politique ambitieuse ou être juste du bio à la cantine.

Dominique Dupuis

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[2] Il faut entre 2 et 10 kg d’aliments végétaux pour produire 1 kg de viande. La France consacre ainsi 80 % de ses surfaces agricoles à l’alimentation animale. Voir scénario Afterres2050

Pourquoi je lis attentivement les programmes des candidats aux élections municipales ?

Même si l’effondrement actuellement à l’œuvre est encore relativement silencieux et peu visible dans notre vie quotidienne en banlieue parisienne, nous savons que le dérèglement climatique est une réalité et qu’il doit être pris au sérieux. Nous savons aussi que la pollution de l’air, de l’eau et des sols a des conséquences destructrices sur le vivant, sans lequel nous ne pouvons pas vivre. Savoir le péril ne doit pas nous paralyser mais bien nous pousser à agir. En effet, chaque année d’immobilisme a des conséquences importantes et dans 10 ans il sera trop tard pour rester dans une trajectoire soutenable. Encore faut-il savoir quoi faire et que les conditions de l’action soient réunies…

L’action municipale est essentielle pour nous engager collectivement
dans une transition écologique mais aussi sociale et démocratique.

A la lecture ou à l’écoute des candidats aux élections municipales, je cherche donc à savoir quelle perception ils ont de ces enjeux globaux et quelle est leur analyse des enjeux pour notre ville. Clairement, ils proposent tous des mesures vertes mais sont-elles les premiers pas sur un chemin qui sera long ou bien sont-elles posées là pour nous séduire ?

Le deuxième angle de lecture qui m’anime concerne la mobilisation citoyenne. Pour obtenir une mobilisation à la hauteur des défis qui sont devant nous, il faut que les élus soient convaincus qu’une véritable implication des citoyens dans la vie de la cité est essentielle. Je cherche donc les mesures proposées pour permettre et même solliciter cette implication des citoyens mais aussi des associations, des écoles, des commerçants, des entreprises…

Et puis, pour permettre une réelle transformation, on peut identifier trois conditions :

-        Au niveau des institutions : construire les conditions pour que de nouvelles pratiques puissent émerger et soient accessibles à tous

-        Au niveau des collectifs, associations ou autres qui se mobilisent sur ces sujets : concevoir et rendre disponibles de nouvelles pratiques

-        Au niveau individuel : désapprendre des pratiques et en adopter de nouvelles

Pour illustrer on peut prendre l’exemple du vélo. Au niveau institutionnel, il est nécessaire que des équipements soient déployés pour permettre la pratique du vélo en toute sécurité. Cela passe par une concertation réelle avec les riverains mais aussi de soutenir et de travailler avec une association comme FARàVélo. Cette association réalise en effet un travail formidable via des ballades, son atelier FARRépare, la préparation d’un plan vélo pour la ville, une école vélo ou encore un accompagnement vélotaf pour rendre possible le passage de la voiture au vélo. C’est l’ensemble de ces éléments, avec peut-être aussi une aide financière pour permettre à tous l’achat d’un vélo électrique, qui permet de créer les conditions d’un changement de pratiques par une large partie d’entre nous.

De nombreux sujets sont concernés : la mobilité, les loisirs, le logement, l’alimentation, la consommation, les déchets… Mon troisième angle de lecture est donc d’identifier ce que les candidats proposent pour construire les conditions d’une réelle transformation dans tous ces domaines, lorsqu’ils proposent quelque chose.

Dominique Dupuis

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Le 7 Avril, « faites » aussi Zéro Déchet sur le stand de FARWaste à partir de 15 Heures au Parc Sainte Barbe

Samedi prochain, 7 avril, la marie nous invite à venir faire de la propreté.

Un petit groupe de fontenaisiens a proposé de participer à cet événement pour parler Zéro Déchet.

Nous vous proposons de venir échanger à ce sujet sur notre stand à partir de 15h et lors de la projection/débat à 18h du film  »Aux déchets, citoyens ! » dans la salle Sainte-Barbe.

Le mouvement zéro déchet propose de réduire les déchets à la source en agissant chacun pour développer les « 4R » :
-        Refuser ce qui n’est pas vraiment utile, les emballages que l’on peut éviter, etc.
-        Réduire le gaspillage alimentaire, la fréquence d’achat des produits électroniques, etc.
-        Réutiliser en réparant ce qui peut l’être, en achetant des produits d’occasion, en louant, en donnant ou en vendant ce qui peut être utile à d’autres, etc.
-        Recycler les déchets

Auquel on peut ajouter
-        Rendre à la terre en compostant ses déchets de cuisine

La démarche est d’abord individuelle et concerne chacun d’entre nous dans son mode de consommation. Mais la démarche pour réduire ses déchets est l’occasion d’actions collectives. Le groupe permet en effet d’échanger les bonnes idées, les bonnes adresses … et ça facilite bien les choses. Et c’est aussi en groupe que l’on peut, par exemple, monter un repair café dans notre ville.

Alors sur notre stand nous avons choisi de vous présenter :
-        Un projet de repair café
(pour en savoir plus sur les repair cafés, vous pouvez consulter cet article du Monde ou le site français du mouvement international des repair cafés)
-        Un repérage à faire ensemble des adresses Zéro Déchet à Fontenay
-        Un quizz surprise

Mais vous pourrez aussi venir avec vos idées ! sur le stand ou lors du débat qui suivra la projection à 18h du film « Aux déchets, citoyens ! ».  Ce documentaire présente le défi zéro déchets qui a été organisé à Roubaix. C’est un film très intéressant qui évoque la diversité des démarches individuelles mais aussi le repair café et les ateliers qui sont nés de cette belle initiative roubaisienne.

Pour visionner la bande-annonce, c’est ici

A samedi !

Dominique Dupuis
farwaste@yahoo.com

Connaissez vous le mouvement des villes et territoires en transition?

Le mouvement des villes et territoires en transition. Peut-être avez-vous retenu ce nom du film Demain dans lequel un des fondateurs de ce mouvements, Rob Hopkins était interviewé.

Le mouvement de Transition est né en Grande-Bretagne en 2006 dans la petite ville de Totnes, et il y a aujourd’hui plus de 2 000 initiatives de Transition dans le monde, en 50 pays, dont plus de 150 en France, réunies dans le réseau International de la Transition.
Il s’agit d’inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier d’une ville, village…), à prendre conscience, d’une part, des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement du climat et, d’autre part, de la nécessité de s’y préparer concrètement. Il s’agit de mettre en place des solutions fondées sur une vision positive de l’avenir.

Le Réseau belge de la Transition propose une formation « lancer une initiative de transition, en ligne et en français ». Elle aura lieu une fois par semaine, le jeudi soir du 1er février au 29 mars.
J’ai suivi cette formation il y un peu plus d’un an, et l’ai trouvée très bien pour découvrir en détail les valeurs et méthodes principales du Mouvement de la Transition et travailler sur les dynamiques de groupe.
Si vous souhaitez en savoir plus sur le mouvement de la transition et sur cette formation, n’hésitez pas à me contacter je serai ravie d’échanger avec vous et de vous transmettre les liens pour vous inscrire à la formation.
Dominique Dupuis

Association CIVIFAR : Et si on organisait un stand un samedi matin sur la réduction des déchets ?

Nous proposons à ceux qui le souhaitent de constituer un groupe de projet pour organiser un événement un samedi matin à Fontenay sur la réduction des déchets.

Si vous êtes intéressé, merci de nous le dire via ce formulaire.

Une 1ère  réunion aura lieu jeudi 26 octobre à 20 heures 

Si vous n’êtes pas disponible vous pourrez être associé pour la suite.

Dominique Dupuis

Association CIVIFAR : http://www.civifar.fr/

Gros succès de la rencontre citoyenne, sous la forme d’un « Word Café » du 5 Octobre organisée par l’association CIVIFAR

Jeudi 5 octobre, le « World Café » proposé par CIVIFAR a rassemblé 24 personnes autour d’un projet, « Construire ensemble le Fontenay de nos rêves ! »

Bien sûr cela ne se fait pas en une soirée mais l’énergie qui a animé les présents est un bon début que nous aimerions transformer dans les semaines à venir.

Un « World Café » permet d’échanger en petits groupes de 4 ou 5 personnes, sur un temps limité avant de changer de table et de prolonger les discussions avec de nouvelles personnes. Le petit nombre permet à tous de s’exprimer et le changement de table permet de bénéficier de la diversité des idées des personnes présentes. Un temps de partage des belles idées exprimées permet à tous de bénéficier de l’ensemble des échanges.

Nous avions choisi 6 thèmes, proposés sur un poster :

Un compte-rendu plus complet sera fait de nos échanges.

Pour ma part j’ai retenu trois idées principales qui, me semble-t-il, mérite une suite :

-        Embellir les rues de Fontenay 

Et si on organisait des randonnées dans la ville pour identifier ce qui pourrait être fait pour, par exemple, améliorer les informations proposées aux piétons ? Et si on dessinait sur les trottoirs ou si on plantait des légumes ou des fleurs autour des arbres voire sur des bandes entre les arbres ? Ces plantations pourraient d’ailleurs être entretenues par les riverains. Nos rues seraient plus belles et s’y déplacer à pied serait une belle alternative aux déplacements en voiture !

-        Agir pour l’environnement 

De nombreuses idées ont été émises pour améliorer notre connaissance des enjeux mais aussi des bons gestes à observer, qu’il s’agisse de déchets, de biodiversité ou de consommation d’énergie… Organiser des conférences de sensibilisation information, faire des démonstrations de compost, organiser un « repair café », présenter les bons gestes pour réduire ses consommations d’électricité…

-        Faire la fête

La convivialité était présente sur toutes les tables, entre les participants mais aussi dans les idées émises. Et pourquoi pas un concours du plus beau vélo, une soirée « débranche-tout » ou une soupe cuisinée avec les légumes d’un jardin partagé et dégustée ensemble un soir de récolte ?

CIVIFAR sera présent au salon Mieux-être et écocitoyenneté, organisé par l’association FARBeez, qui se tient dimanche 15 octobre. Ce sera l’occasion de continuer à écouter vos idées et peut-être de partager avec vous un premier projet qui soit à la fois l’occasion d’agir pour l’environnement et d’organiser un événement convivial.

N’hésitez pas à venir nous y rencontrer !

Dominique DUPUIS